Semi de Paris : l’écologie des ravitos finit dans le caniveau
Sur le Semi de Paris, on a supprimé les gobelets pour sauver la planète. Résultat : on a surtout vu des litres d’eau finir par terre. Ces images du ravitaillement du semi-marathon de Paris, vous les avez forcément vu passer sur les réseaux sociaux. Des coureurs, par dizaines, arrivent en même temps au niveau d’une zone de ravitaillement, tendent leur gourde et se la font remplir avec des douchettes. Ce que l’on a surtout vu, c’est un immense gâchis d’eau. Et quand une organisation met en avant une démarche écologique, ces images posent forcément question.
Le titre de cet article utilise volontairement les mots « images », « gaspillage » et « problématiques ».
Il ne s’agit pas d’une accusation factuelle visant l’organisateur du Semi-marathon de Paris, la société Amaury Sport Organisation (A.S.O), mais d’une analyse journalistique de vidéos largement diffusées publiquement sur les réseaux sociaux et commentées par de nombreux coureurs.
Le terme « gaspillage d’eau » renvoie ici à l’impression visuelle produite par certaines images de ravitaillement où de l’eau semble s’écouler au sol lors du passage massif des participants.
L’expression « problématiques pour A.S.O » renvoie à la question d’image et de perception publique que ces vidéos peuvent susciter dans un contexte où l’organisation met en avant une démarche environnementale.
Cet article s’inscrit donc dans un débat d’intérêt général sur l’organisation logistique et écologique des grands événements sportifs, sans intention de dénigrer l’organisateur ni les bénévoles mobilisés sur l’épreuve.
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Sur le papier, c’était beau
Revenons en arrière. Il y a quelques années, les tables du semi-marathon et marathon de Paris étaient remplies pendant des heures de gobelets et d’autres contenants plastique à usage unique. La présence d’eau au ravitaillement est indispensable, mais cela représente tout de même un sacré gâchis de plastique.
Que de grosses structures cherchent à évoluer (en réalité faire des économies), et s’orientent vers une démarche plus écolo, cela s’entend tout à fait. Et c’est pourquoi ASO a supprimé cette année les contenants plastique pour un système de robinets afin de remplir son verre, sa flasque, son Camel bag, ou directement sa bouche quand on vient sans rien.
Un problème à double étage
L’eau partout, sauf dans la flasque ?
L’intention est bonne, mais la mise en pratique faisait déjà lever un sourcil à tous ceux qui avaient déjà pratiqué le semi-marathon, ou ceux qui venaient pour se donner à fond, soit la très grande majorité des participants. Car remplir une flasque à un ravito, ça marche dans un trail, on accepte de perdre quelques secondes (parfois plus) mais dans un semi où le nerf de la guerre repose sur la vitesse et sa régularité, l’idée semble bancale.
Pour répondre à ces critiques, l’eau était fournie par des robinets haute pression, et des douchettes manuelles actionnées par une armée de bénévoles. On voit bien d’ailleurs sur les vidéos que le remplissage se fait vite, même si la flasque n’est jamais totalement pleine. Acceptons tout de même qu’aucune solution n’est parfaite, et que ce système de douchette puisse limiter la perte de temps au ravito.
Un ravitaillement écolo en carton ?
L’autre problème tient surtout dans la dimension greenwashing de toute cette organisation. Les gobelets, dans le message public, ont été supprimés pour des raisons écologiques. Soit. Mais que dire alors de ces quantités dingues de flotte déversées directement au sol à chaque poste de ravitaillement, et cela tout le long du passage des 50 000 participants. Le dispositif est censé éviter le gaspillage mais finit par faire couler de l’eau pour rien. Le remplissage est mal adapté au flux, à la flasque, au geste en course et au niveau de fatigue des participants. Que l’on arrose les coureurs à la volée, cela s’entend tout à fait, et c’est même nécessaire au regard de la montée en température pendant l’exercice. Mais toute cette eau perdue est un non-sens quand on vient parler écologie.
– aller au magasin bio avec un gros SUV,
– ou prendre l’avion plusieurs fois par an pour faire du trail et être en partenariat avec une néo-banque qui souhaite financer la transition écologique et énergétique,
– ou être militant écolo et dépenser des centaines de milliers d’euros en avion.
.. ça ne colle pas !

L’organisation s’est butée contre le mur du réel. Elle a voulu jouer sur deux tableaux : le visage écologique d’un côté, les économies de fonctionnement de l’autre. Et elle y a sûrement réalisé une belle économie au final. Mais ce choix donne surtout l’impression d’un dispositif pensé d’abord pour des raisons logistiques et économiques, plus que pour son efficacité écologique.
Pourquoi s’obstiner à se tromper ?
L’impact des bouteilles et verres plastique sur l’ensemble de l’organisation de la course est minime, car les 50 000 participants sont venus de toute la France, et cela représente le vrai coût carbone de cet évènement. Certes, le nombre de sacs poubelle a bien diminué cette année, mais pour se transformer en un gâchis directement parti au tout à l’égout. L’écologie, ce n’est pas déplacer le problème, c’est le résoudre. Et reconnaître ses limites.
Ce type d’événement ne pourra jamais être parfait, c’est une certitude. D’autres solutions que le gâchis déguisé en innovation écologique existent déjà, alors pourquoi attendre pour bien faire ?
Sources
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@nanarunsparis Sujet polémique : des points de ravitaillement sans gobelets ni bouteilles d’eau au #semideparis ♬ Powerful songs like action movie music – Tansa
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Cet article s’inscrit dans une réflexion d’intérêt général sur l’organisation des grands événements sportifs et leurs impacts environnementaux. Il repose sur l’observation de vidéos publiques diffusées sur les réseaux sociaux ainsi que sur les témoignages et réactions de participants. Les faits évoqués concernent le fonctionnement du ravitaillement lors du Semi-marathon de Paris et les débats qu’il suscite parmi les coureurs.
Ce contenu ne constitue en aucun cas une attaque personnelle ou un propos dénigrant à l’encontre de l’organisateur, la société Amaury Sport Organisation, ni de ses équipes ou bénévoles. L’objectif est d’analyser un dispositif logistique et les questions qu’il soulève dans la communauté des coureurs, notamment en matière d’écologie et de gestion de l’eau lors d’événements rassemblant plusieurs dizaines de milliers de participants.
Les éléments présentés relèvent d’un commentaire éditorial fondé sur des informations publiques et sur un débat légitime concernant l’organisation des manifestations sportives. Toute évolution ou précision apportée par l’organisateur pourra naturellement être prise en compte dans une mise à jour de l’article.






