En Savoie, il fallait bien que quelqu’un ose aller au bout du concept. Alors que les ultras multiplient les arches spectaculaires, les ravitaillements garnis et les sacs finisher bien remplis, un nouvel événement prend le contrepied total : supprimer absolument tout… sauf le prix.
À l’origine du projet, Paul Radinard, organisateur savoyard qui revendique un “retour à l’essentiel”. Son ultra, prévu l’été prochain, annonce 100 kilomètres et un dénivelé “authentique”. Pour le reste, chacun devra compter sur lui-même.
Un nouveau trail sans balisage assumé
“La montagne n’a jamais mis de rubalise”
Aucun balisage ne sera installé sur le terrain et aucune trace GPX ne sera fournie. Les participants recevront une carte générale du massif et une recommandation simple : faire confiance à leur sens de l’orientation.
Paul Radinard défend une vision presque philosophique de l’effort. Selon lui, les flèches et les fanions ont transformé l’aventure en parcours assisté. Supprimer ces repères serait une manière de redonner au trail sa dimension sauvage, celle où l’on doute, où l’on choisit, où l’on assume.
Une autonomie totale
Dans cette logique, aucun ravitaillement ne sera proposé sur le parcours. Pas de soupe chaude, pas de quartiers d’orange, pas de boisson énergétique. Les coureurs devront gérer leur alimentation et leur hydratation du départ à l’arrivée.
L’organisateur parle d’“ultra cohérent”. Pour lui, courir longtemps implique d’être autonome. Seul élément toléré : les ruisseaux du massif, à condition qu’ils soient encore en eau le jour de la course.
Zéro souvenir matériel
À l’arrivée, les finishers ne recevront ni médaille, ni tee-shirt, ni photo officielle. Il n’y aura pas non plus de classement public. Chaque participant sera invité à “se positionner personnellement dans son propre récit”.
Le message est clair : la performance ne se mesure pas en minutes, mais en ressenti.
Une option premium
Pour les plus attachés à une trace tangible, une option payante permettra d’obtenir un certificat numérique confirmant la participation. Un document minimaliste, envoyé par mail, sans autre mention qu’un sobre “Vous étiez là”. Le prix : 77 euros en sus.
352 euros, un prix revendiqué
“Vous payez un concept”
Le montant de 352 euros a surpris, surtout pour un événement revendiquant une logistique réduite. Paul Radinard assume. Selon lui, le tarif correspond à l’accès à un territoire rare, aux autorisations administratives et à la “valeur immatérielle” de l’expérience.
Il insiste sur le fait que l’absence de ravitaillement ou de textile ne signifie pas absence d’organisation. “La simplicité demande du travail”, affirme-t-il.
Malgré les interrogations, l’épreuve a affiché complet en quelques minutes. Sur les réseaux sociaux, certains saluent un retour courageux à l’essence du trail, d’autres y voient le symbole d’un sport où l’on paie désormais très cher pour avoir… moins.
Déjà, une édition encore plus radicale serait envisagée. Elle pourrait supprimer la ligne d’arrivée, laissant aux participants la liberté de décider eux-mêmes du moment où leur aventure se termine.
En Savoie, le minimalisme est devenu premium. Reste à savoir si l’essence du trail se trouve dans ce que l’on enlève… ou dans ce que l’on est prêt à payer.
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Cet article est une fiction satirique. Il détourne volontairement les codes du communiqué de course pour pointer, avec humour, certaines dérives perçues dans l’univers du trail : inflation des prix, discours marketing sur le “retour aux valeurs”, minimalisme vendu comme premium, etc.
Le personnage et l’épreuve mentionnés sont imaginaires. Toute ressemblance avec des événements ou des personnes existantes serait purement fortuite.
L’objectif est d’alimenter la réflexion et le débat sur l’évolution du trail, sans attaquer ni viser directement un organisateur, une course ou une région en particulier.





