L’organisation du Grand Raid de La Réunion a annoncé que, dès l’édition 2026, la Diagonale des Fous ne passerait plus par Cilaos.
Le relais Zembrocal est également concerné. Cilaos, étape emblématique du parcours depuis de nombreuses années, disparaît ainsi du scénario d’une course qui s’est construite autour de lieux forts, presque sacrés pour les traileurs.
Et c’est précisément là que le basculement est historique. Retirer Cilaos, ce n’est pas déplacer un ravitaillement. C’est retirer un pilier. La Diagonale des Fous ne perd pas seulement un village : elle perd une séquence, une respiration, un chapitre fondateur. Et sans ce chapitre, elle ne sera plus la Diagonale telle qu’elle s’est inscrite dans la mémoire collective.
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Sept conséquences au retrait de Cilaos du parcours de la Diagonale des Fous
La rupture du récit fondateur
La Diagonale des Fous s’est construite sur une dramaturgie précise : la nuit, l’usure, l’arrivée à Cilaos, puis la plongée vers Mafate. Ce n’était pas un hasard géographique. C’était un enchaînement narratif. Cilaos incarnait ce moment charnière où le coureur se reconstruit avant d’attaquer l’un des passages les plus exigeants de l’île.
En supprimant ce point, on casse la progression symbolique de la course. La Diagonale change de rythme, change de respiration, change de structure. Ce n’est pas une évolution marginale : c’est une reconfiguration du récit.
Une transformation profonde de la gestion de course
Sportivement, Cilaos jouait un rôle psychologique central. Beaucoup de stratégies étaient construites autour de cette étape. On y arrivait pour se réalimenter, se reposer brièvement, se poser des questions essentielles.
Sans ce point fixe, la gestion devient plus tendue. Les repères changent. Le mental ne s’appuie plus sur le même horizon intermédiaire. La Diagonale ne sera pas nécessairement plus longue ou plus difficile en chiffres — cela dépendra du tracé final — mais elle sera différente dans sa manière de s’aborder.
Un déplacement massif de la logistique
Cilaos n’était pas qu’un symbole, c’était une infrastructure. Ravitaillements structurés, dispositif médical, flux de bénévoles, organisation des familles. Retirer cette base, c’est redistribuer l’ensemble du dispositif ailleurs.
Cela signifie repenser les accès, les secours, la circulation, les zones spectateurs. Ce type de modification ne relève pas du détail technique. Il transforme la physionomie opérationnelle de la course.
Une fracture dans l’expérience des proches
Pour les familles, Cilaos constituait un point de rassemblement. Beaucoup organisaient leur week-end autour de cette montée au cirque. Sa disparition modifie l’expérience collective.
Or l’ADN de la Diagonale repose aussi sur son public, sur cette proximité rare entre coureurs et habitants. Modifier un point aussi emblématique altère inévitablement l’atmosphère.
Un choc économique pour la commune
L’impact financier était réel. Pendant le Grand Raid, les hébergements affichaient complet, les restaurants travaillaient à plein régime, les commerces bénéficiaient d’un afflux massif.
Même si les retombées ne sont pas quantifiées ici, leur existence ne fait guère de doute. La suppression du passage modifie cet équilibre économique, et donc la relation entre la course et le territoire.
Un signal envoyé aux coureurs
Dans le trail moderne, la stabilité du parcours participe à la confiance. Lorsque des éléments fondateurs disparaissent, cela interroge la continuité du projet.
Les coureurs s’engagent financièrement, logistiquement, émotionnellement. Une Diagonale qui change profondément de visage n’est plus exactement celle à laquelle ils pensaient s’inscrire.
Une nouvelle ère pour le Grand Raid
Le départ déplacé de Saint-Philippe vers Saint-Pierre avait déjà marqué un tournant. Le retrait de Cilaos confirme une mutation plus large.
La Diagonale restera spectaculaire. Les cirques, Mafate, la nuit réunionnaise, la météo imprévisible continueront de faire sa grandeur. Mais l’identité d’une course se construit sur ses lieux fondateurs. Lorsqu’un de ces piliers disparaît, l’épreuve entre dans une nouvelle phase de son histoire.
En définitive, la Diagonale des Fous 2026 sera toujours un défi hors norme. Mais elle ne sera plus la Diagonale telle que nous l’avons connue.
En retirant Cilaos du parcours, on ne déplace pas seulement un point sur une carte. On redessine l’architecture symbolique de la course. Et c’est pour cette raison que, sans Cilaos, la Diagonale ne sera plus la Diagonale des Fous.
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