Yukon Arctic Ultra 2026 : jour 2 au Canada, la chaleur frappe plus fort que le froid
Neuf abandons déjà, dont le favori Corbarieu. Et il fait anormalement chaud.
À neuf abandons après deux jours de course, le Yukon Arctic Ultra 2026 est en train de montrer une nouvelle face : cette année, ce n’est pas le froid qui pose le plus grand problème. C’est la chaleur.
Le thermomètre devrait atteindre 0°C aujourd’hui sur la région. Pour une course réputée comme la plus froide au monde, c’est presque absurde. L’année dernière, Mathieu Blanchard avait du mal à respirer tellement qu’il faisait froid. Cette année, les coureurs affrontent une neige molle et lourde qui rend la progression beaucoup plus difficile qu’un froid intense.
Une neige qui complique tout
Il neige présentement sur la région du Yukon Arctic Ultra. À voir si cette neige douce va empirer une situation déjà difficile. Les conditions de température proches de zéro créent exactement le scénario redouté par plusieurs coureurs avant le départ : une neige molle, collante, qui s’accumule sur les raquettes et ralentit chaque pas.
C’est un paradoxe intéressant de la course en conditions extrêmes : parfois, le froid intense est plus gérable que les températures en transition. Le froid durcit la neige, rend la surface plus stable. La chaleur, elle, transforme le parcours en bourbier.
Thierry Corbarieu parmi les abandons
Le favori Thierry Corbarieu a été contraint de mettre fin à sa course, victime de ces conditions inhabituelles. La chaleur rendant la neige particulièrement molle, avancer devient un combat constant qui épuise les coureurs différemment qu’un froid extrême. Pour rappel, nous avions déjà fait un point détaillé sur les premiers abandons hier.
Guillaume Grima et Paul Clément reprennent la course après leur première pause

Guillaume Grima et Paul Clément ont tous deux pris leur première pause de six heures au troisième ravitaillement de Quiet Lake. Une décision qui semble avoir payé : les deux Français sont repartis en force depuis.
Une stratégie différente de celle qu’ils avaient adoptée au départ, où ils refusaient de se reposer. Le compromis semble gagnant : une pause conséquente mais limitée, puis repartir en force.
Maxime Bachelot, en troisième position, est à 138 kilomètres.
Il accuse un peu plus de retard sur les deux meneurs mais reste bien dans le coup.
Le peloton s’étire
Derrière les trois premiers, le peloton se commence à s’étirer significativement. Jan Rohrberg se trouve à 128 kilomètres, suivi de Yasmin Stoderegger à 119 kilomètres. La Allemande Magdalena Paschke est à 114 kilomètres, tandis que le Canadien Thomas Miller, seul sur le 600 km en fatbike, progresse à 107 kilomètres.
Les deux guides Jeremie Matrishon et Joe Bishop sont côte à côte à 153 kilomètres, guidant leur athlètes Ashutosh Prakash et Sébastien Mosconi qui sont respectivement à 100 et 97 kilomètres.
Plus en arrière, Sophie Whisson avec ses guides et Callum Jolliffe sont à 97 kilomètres, tandis que Peter Felten en fatbike est à 72 kilomètres.
Les autres distances
Sur le 350 km, l’Allemand Alexander Hoerniss maintient toujours sa première place et continue de progresser.
Sur le 235 km, Olivier Vriesendorp des Pays-Bas approche de Quiet Lake et domine toujours le parcours. Mais la catégorie se fait rare : il ne reste que deux coureurs. Le deuxième, Alex des Sains, aussi des Pays-Bas, est en arrêt depuis hier soir à Evelyn Creek. Son retard sur Vriesendorp s’accumule.
Ce qui s’en vient
Les trois Français en tête du 600 km ont encore plusieurs centaines de kilomètres devant eux. La gestion du sommeil et de l’énergie va devenir de plus en plus cruciale dans les prochains jours. Et si la neige continue de tomber avec des températures proches de zéro, les conditions pourraient se compliquer encore davantage.
On surveille de près si cette chaleur inhabituelle va créer d’autres abandons ou si les coureurs restants vont s’adapter à ces conditions très différentes de ce qu’on avait vu en 2025.
Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier
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