Jim Walmsley, l’un des coureurs les plus emblématiques de l’ultra-trail mondial, a remporté l’OCC 2025 à Chamonix — mais cette victoire aurait bien pu lui échapper.
Dans un long témoignage publié par Men’s Journal, il revient pour la première fois en détail sur cette journée où une simple erreur de stratégie a failli tout faire basculer. Prévu sur l’UTMB, blessé au genou, il s’était rabattu sur ce format plus court de 55 km avec 3 500 m de D+, mais rien ne s’est passé comme prévu.
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Jim Walmsley a remporté l’OCC… de justesse
Parce qu’il a mal anticipé les ravitaillements
Le point de bascule de sa course ? Le ravitaillement. Walmsley avait préparé six flasques de poudre énergétique, mais n’en a utilisé qu’une. En cause : un ravito manqué. « Nous n’avons jamais vu l’eau », explique-t-il. Sur un parcours aussi engagé, avec des cols alpins comme celui de Balme à plus de 2 000 m d’altitude, le moindre déficit en eau ou en glucides devient un piège, surtout quand la montée s’intensifie. Il s’est retrouvé en pleine déshydratation, obligé de bricoler sa nutrition à base de gels, sucre et caféine.
Parce qu’il n’a pas pu exécuter son plan de course
Dans les semaines précédentes, tout avait été méticuleusement préparé. Objectif : courir vite, fort, précis. Mais dès que l’alimentation a flanché, le plan de course est parti en vrille. Jim a dû s’adapter en live, repenser ses rythmes, puiser dans ses réserves, tout en surveillant les adversaires. Sur une épreuve aussi explosive que l’OCC, où la marge d’erreur est infime, cela aurait pu lui coûter la tête de course.
Parce que Cristian Minoggio lui a mis une pression énorme
Le coureur italien Cristian Minoggio, discret mais redoutable, a profité du moment de faiblesse de Walmsley pour prendre l’avantage dans les derniers kilomètres. Ce n’est qu’à quatre kilomètres de l’arrivée, une fois revenu sur les portions plus roulantes, que Jim a réussi à enclencher un dernier effort. Il a repris Minoggio à un mile de l’arrivée pour le battre de justesse en 5 h 00 min 35 s, avec seulement 20 secondes d’écart. Autrement dit : le moindre faux pas supplémentaire, et la course lui échappait.
Parce qu’il n’avait pas la fraîcheur mentale qu’on imagine
Derrière son apparente sérénité, Walmsley a reconnu que cette course avait mis sa concentration et son calme à rude épreuve. Malgré son expérience, les tensions liées au changement de programme (UTMB → OCC), la météo humide, les erreurs de logistique ont semé le doute. Dans ce tumulte, il dit avoir trouvé un certain apaisement dans le rythme de la course : « Un relâchement, une forme de calme », mais jamais une pleine maîtrise. Même pour lui, rester lucide devient une bataille.
Parce que l’OCC est bien plus stratégique qu’on le croit
Loin d’être une “petite course” de l’UTMB, l’OCC est un piège à champions. Montées cassantes, descentes piégeuses, altitude, météo souvent capricieuse… la moindre défaillance y coûte très cher. Walmsley le dit lui-même : « C’est un jeu d’échecs en altitude ». Chaque relance, chaque attaque devient un pari tactique. Et dans cette danse, il aurait pu sortir du rythme. À ce niveau, il ne suffit pas d’être le plus fort — il faut être parfait.
Parce qu’il revenait d’une blessure qui a tout changé
Initialement prévu sur l’UTMB, Walmsley a renoncé à cause d’un genou fragile. Ce retrait de dernière minute l’a forcé à revoir sa saison. L’OCC était donc à la fois une course de substitution et un test avant les Championnats du monde. Mais il n’était pas au pic de sa forme, et n’a pas pu encaisser la course comme à son habitude. Cette fragilité rend son erreur de ravitaillement encore plus critique.
Parce qu’il s’était mis une pression discrète mais réelle
Le contexte n’était pas anodin. Jim venait défendre sa couronne d’UTMB 2023, et devait prouver que malgré le forfait, il restait au sommet. Tout le monde l’attendait. Et lui aussi s’attendait beaucoup de lui-même. Gérer une “petite” course avec l’étiquette de champion n’a rien de facile, surtout quand tout dérape en plein milieu.
En résumé, ce que raconte Jim Walmsley, ce n’est pas une victoire triomphale. C’est un sauvetage en dernière minute, un exemple parfait de ce que le trail demande : adaptation, lucidité, résistance.
Il a gagné avec les nerfs, le mental, l’instinct. Mais il sait qu’il aurait pu perdre. Et il le raconte sans filtre — ce qui rend son récit encore plus fort.
Ecouter le résumé de cet article sur la victoire de Walmsley sur l’OCC 2025
Source
Analyse et synthèse uTrail, sans volonté de nuire, avec prudence journalistique.






