En ce début de mois de janvier, une grande partie de la France est placée en vigilance orange neige et verglas, avec des routes bloquées, des transports scolaires suspendus et des accidents en série liés aux chaussées glacées. Sur les sentiers aussi, les conditions sont devenues piégeuses.
Pour les traileurs et coureurs hivernaux, la tentation de maintenir les sorties reste forte, mais le contexte impose plus que jamais de la lucidité. Courir en hiver est possible, même par grand froid, à condition d’adapter ses choix, son matériel et son comportement. Voici les repères essentiels pour continuer à courir sans transformer une sortie en risque inutile
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Trail : 5 astuces pour courir quand il y a du verglas
Choisir intelligemment son terrain de jeu, optez pour les sentiers abrités et ensoleillés
Quand les températures chutent et que les sentiers se figent, le premier réflexe est de bien choisir son terrain. Si la neige tombe et que le vent souffle, mieux vaut opter pour un chemin forestier bordé d’arbres serrés. La végétation vous protégera des bourrasques et réduira l’exposition au froid. En cas de crainte du verglas, ciblez les versants sud. Mieux exposés au soleil, ils dégèlent plus vite et offrent un sol plus stable. Si vous recherchez un maximum de confort, évitez les petits singles en sous-bois, souvent piégeux. Tournez-vous plutôt vers les prairies et les zones ouvertes, plus rapidement asséchées par la lumière.
Partir au bon moment de la journée, mieux vaut courir entre 11 h et 15 h
Le deuxième point clé, trop souvent négligé, est l’horaire. Le matin et la fin d’après-midi sont les périodes les plus à risque : les températures sont basses, le givre est présent, les surfaces sont dures et glissantes. C’est autour de midi que les conditions sont généralement les meilleures. Un peu de soleil, même timide, suffit à rendre la neige plus souple et à faire disparaître les plaques de glace. Si vous avez la liberté de choisir votre moment, partez entre onze heures et quinze heures. Cela réduit nettement le risque de chute et augmente le plaisir de courir.
Apprendre à reconnaître les zones verglacées, ne posez jamais le pied sur du clair
Repérer le verglas est aussi une compétence à développer. En hiver, votre regard doit devenir un outil de lecture du sol. Apprenez à faire la différence entre le blanc et le clair. Le blanc, c’est la neige tassée, souvent accrocheuse, sans grand danger. Le clair, c’est la glace, traître et invisible. On pourrait croire que la distinction est facile, mais en pleine course, avec la fatigue et les contrastes de lumière, l’erreur est fréquente. Prenez l’habitude de lever légèrement les yeux pour anticiper, et adaptez instantanément votre foulée. Cela fait la différence entre une glissade et une sortie maîtrisée.
S’équiper avec un textile adapté au froid, superposition et protection des extrémités
Côté équipement, rien ne doit être laissé au hasard. Le textile technique est votre allié numéro un. Il faut penser en couches : une première respirante pour évacuer la transpiration, une deuxième isolante pour conserver la chaleur, et une troisième protectrice contre le vent et la pluie. N’oubliez pas les extrémités. Tout le monde connaît l’importance de bien couvrir ses mains, sa tête et ses pieds, mais peu pensent aux chevilles. Pourtant, le petit espace entre la chaussette et le bas du collant est souvent exposé. Et c’est exactement là que le froid s’infiltre. Pensez à des chaussettes montantes ou à une coupe bien ajustée qui empêche l’air de passer.
Multiplier les sorties pour s’habituer, le corps s’adapte à l’hiver par l’expérience
S’habituer à courir dans ces conditions demande aussi de l’entraînement. Ce n’est pas en restant au chaud qu’on apprivoise la neige. Plus vous vous confrontez au froid, plus vous apprenez à le gérer. Commencez par des sorties courtes, augmentez progressivement. Testez vos vêtements, votre rythme, vos ressentis. Écoutez votre corps. Le froid, le vent, le sol instable : tout cela devient plus facile avec le temps. Il n’existe pas de secret, seulement de l’expérience.
Adapter ses chaussures aux conditions, crampons, accroche et membrane
La question du choix des chaussures revient souvent. En hiver, vous devez penser accroche. Les modèles avec crampons profonds sont à privilégier. Certaines marques ont même développé des semelles spécifiques pour l’hiver, avec des composés plus souples qui gardent de l’adhérence malgré le gel. Si cela ne suffit pas, il existe des systèmes de crampons amovibles à fixer sous la chaussure. En trail blanc ou sur neige dure, c’est une solution radicale et efficace. L’imperméabilité est aussi un critère à prendre en compte. Une chaussure avec membrane Gore-Tex ou équivalente permet de garder les pieds au sec, à condition de ne pas sacrifier la respirabilité. Sinon, gare à la transpiration qui se transforme en glace.
Ne pas négliger l’hydratation et la nutrition, boire et manger même sans sensation de soif
Boire en hiver peut sembler superflu. Pourtant, le froid ne supprime pas les besoins en hydratation. Le corps se déshydrate sans qu’on le ressente aussi vivement qu’en été. Avant de partir, buvez normalement. Pendant la sortie, pensez à protéger votre flasque : gardez-la au chaud dans une poche intérieure pour éviter qu’elle ne gèle. Côté nutrition, méfiez-vous des barres énergétiques qui durcissent : certains produits deviennent littéralement immangeables. Testez-les à l’avance, privilégiez les formats souples et facilement digestes même par -5°C.
Penser à la sécurité et à la visibilité, l’hiver ne pardonne pas l’imprévoyance
Enfin, un point de sécurité trop souvent mis de côté : la visibilité. Les journées sont plus courtes, la lumière baisse rapidement. Votre équipement doit être réfléchissant. Veste, gants, collant : chaque détail compte. Si vous courez en fin d’après-midi, la frontale est obligatoire, même pour une sortie d’une heure. Pensez aussi à prévenir quelqu’un de votre parcours, surtout si vous partez seul. En cas de chute ou d’hypothermie, chaque minute compte.
En résumé, courir l’hiver n’est pas une folie, c’est un art.
Avec les bons réflexes, les bons vêtements et un peu d’expérience, le froid devient un allié. On y gagne en mental, en technique, en plaisir. C’est là, dans le silence des sentiers gelés, que se forgent les traileurs les plus solides.
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