Mathieu Blanchard domine la Laponie : ce que cette victoire révèle vraiment
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Le Français Mathieu Blanchard prouve que le froid reste son royaume
Mathieu Blanchard a remporté la Laponie Arctic Ultra 185 km en 1 jour, 13 heures et 56 minutes. Une victoire nette, contrôlée, presque routinière pour quelqu’un de son calibre. Mais au-delà du résultat, cette course nous dit quelque chose d’important sur ce coureur et sur ce qui l’attend.
Le retour dans son élément
Après plusieurs DNF récents – la Barkley il y a quelques semaines, d’autres courses où il n’a pas performé comme attendu – certains auraient pu se demander si Blanchard était toujours au sommet. La Laponie répond clairement : oui, mais seulement dans son monde à lui.
Le froid, la neige, l’autonomie, les longues distances polaires. C’est là qu’il domine. Champion du Yukon Arctic Ultra 2025, vainqueur de la Laponie 2026. Le pattern est clair : donnez-lui du froid et de la distance, et il devient presque imbattable.
Malgré les DNF récents sur d’autres formats, Blanchard nous rappelle que le milieu polaire, c’est son monde. Les courses alpines techniques ne sont pas son terrain de prédilection. Mais dans le Grand Nord, il n’a pas d’égal.
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L’Alaska dans le viseur
Blanchard planifie probablement déjà sa prochaine course arctique. Comme il l’a mentionné plus tôt, l’Alaska semble être la destination logique. C’est le terrain de jeu ultime pour les coureurs polaires. Plus long, plus isolé, plus difficile encore que le Yukon.
S’il veut cimenter son statut comme le meilleur coureur arctique de sa génération, l’Alaska est le passage obligé. Et avec cette victoire en Laponie où il a démontré sa capacité à maintenir un rythme soutenu sans repos, il prouve qu’il a le moteur pour y aller.
Mais l’UTMB, c’est une autre histoire
La vraie question maintenant : va-t-on le voir performer autant à l’UTMB avec Kilian Jornet de retour sur la ligne de départ ?
Probablement pas. Et ce n’est pas une critique. Blanchard a trouvé son créneau. Les courses polaires, l’autonomie, le froid extrême. Ce n’est pas le même profil que les courses alpines techniques avec des ravitaillements fréquents et des sections courues à haute intensité.
Kilian Jornet domine l’UTMB parce que c’est son terrain. Blanchard domine le Yukon et la Laponie parce que ce sont les siens. Ce sont deux types de coureurs différents, avec des forces différentes, excellant dans des environnements totalement opposés.
Est-ce que Blanchard pourrait terminer l’UTMB ? Certainement. Est-ce qu’il va battre Jornet si celui-ci est en forme ? Probablement pas. Mais est-ce que Jornet pourrait battre Blanchard sur 600 kilomètres dans le froid du Yukon ? Probablement pas non plus. Chacun son royaume.
Une victoire qui confirme
Comme l’a noté l’organisation à l’arrivée : « Pour un athlète comme Matthieu, les arrivées ressemblent rarement à des fins. Plus souvent, ce sont des virgules avant la prochaine idée, le prochain horizon, le prochain défi. »
Blanchard était calme, efficace, concentré à l’arrivée. Pas de célébration excessive. Juste la satisfaction du travail bien fait. Et probablement déjà en train de penser à l’Alaska et aux défis qui l’attendent dans les mois à venir.
En résumé, Mathieu Blanchard ne sera peut-être jamais le champion de l’UTMB. Mais il est en train de devenir quelque chose de plus rare et de plus impressionnant : le meilleur coureur arctique de sa génération.
Le Yukon, la Laponie, et bientôt l’Alaska. Des courses que peu osent même tenter. Des conditions que la plupart des ultrarunners ne supporteraient pas. Des distances qui brisent les corps et les esprits.
C’est là que Blanchard règne. Et cette victoire en Laponie le confirme une fois de plus.
Et qui sait, peut être nous surprendra t’il à l’UTMB
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Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier




