Marathon de Paris
C’est officiel : il n’y aura plus de bouteilles d’eau en plastique au marathon de Paris 2025. À l’initiative de la mairie de Paris et dans le prolongement des engagements environnementaux post-JO, cette nouvelle règle s’appliquera dès l’édition du 13 avril prochain. Objectif : interdire le plastique à usage unique sur toutes les courses organisées dans la capitale. Une mesure saluée sur le plan écologique, mais largement contestée côté coureurs.
Marathon de Paris, une organisation contrainte par la Ville de Paris
Lors d’une conférence de presse tenue à la Tour Eiffel, Pierre Rabadan, adjoint à la maire en charge du sport, a été clair :
« Vous ne pourrez plus organiser une course à Paris si vous utilisez des bouteilles en plastique. »
La consigne s’appliquera à tous… sauf à l’élite, qui bénéficiera d’une exception pour raisons de performance et de sécurité sanitaire, comme lors des Jeux olympiques.
En pratique, cela signifie que :
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Les bouteilles seront remplacées par des gobelets en carton, souvent pré-remplis.
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Les coureurs seront incités à venir avec leur propre flasque, soft cup ou sac d’hydratation.
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Des points d’eau seront installés pour permettre le remplissage, avec l’aide des bénévoles.
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Les distances entre ravitaillements seront réduites pour limiter les risques de déshydratation.
Une décision incomprise par les participants
L’intention écologique ne suffit pas à calmer les critiques. Boire en courant dans un gobelet instable ? S’arrêter pour remplir sa gourde ? Courir un marathon avec un sac ? Pour beaucoup, la décision est tout simplement inadaptée au format et à l’exigence d’une course sur route.
« Boire dans un gobelet à 12 ou 20 km/h, c’est mission impossible », déplore un coureur.
« On va tous ressembler à des traileurs sur bitume », ironise un autre.
Le risque est clair : pour ne pas perdre de temps, certains pourraient sauter des ravitos, au risque de se déshydrater. D’autres devront adapter leur matériel, voire leur stratégie de course. Cela crée une rupture forte avec l’expérience traditionnelle du marathon, fluide et sans équipement contraignant.
Plus de gobelets, plus de déchets ?
Autre contradiction pointée du doigt : l’impact écologique réel.
Plus de ravitaillements = plus de gobelets. Et si ceux-ci sont en carton, ils restent à usage unique, souvent doublés d’un film plastique interne. Lors du semi-marathon de Paris, cette solution avait déjà montré ses limites : le sol était jonché de gobelets détrempés sur plusieurs kilomètres.
“600 000 gobelets pour 50 000 coureurs ? Où est l’écologie là-dedans ?”
Une accumulation de frustrations
Cette annonce s’ajoute à d’autres sources de grogne. Le tee-shirt finisher, jugé trop générique, a déçu. Et la médaille, habituellement dévoilée en amont, reste invisible cette année, alimentant les soupçons d’une éventuelle suppression.
Dans les commentaires, une même phrase revient souvent :
« C’est mon premier et mon dernier marathon de Paris. »
Une mauvaise communication qui coûte cher
Avec un dossard dépassant les 160 euros, de nombreux coureurs estiment que le rapport qualité-prix n’y est plus. Les prestations diminuent, les contraintes augmentent, et la communication officielle reste floue.
Paris tente d’imposer un modèle plus responsable… mais semble oublier que ce sont les coureurs qui font vivre l’événement. Et que leur engagement mérite mieux que du carton mouillé et des demi-mesures.
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Cet article exprime une analyse critique à visée informative, fondée sur des faits publics et des réactions vérifiables. Il ne remet pas en cause les personnes, mais les décisions liées à l’organisation du marathon de Paris. En cas d’évolution ou de précision apportée par les organisateurs, nous mettrons à jour ce contenu en conséquence.
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