Elle commence souvent par une simple gêne dans la chaussure, presque anodine, puis s’installe progressivement jusqu’à transformer chaque foulée en contrainte. Chez les traileurs, la maladie de Haglund fait partie de ces blessures insidieuses qui ne frappent pas d’un coup, mais qui finissent pourtant par imposer l’arrêt.
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Maladie de Haglund, une douleur discrète qui s’installe sans alerter
Au départ, rien ne semble vraiment inquiétant. Une légère pression à l’arrière du talon, une sensation de frottement dans certaines chaussures, parfois un inconfort après une sortie un peu plus longue que d’habitude. Beaucoup de coureurs passent à côté de ces signaux, les assimilant à un problème d’équipement ou à une irritation passagère.
Et pourtant, ce ressenti qui revient systématiquement n’est jamais totalement anodin. Derrière cette gêne peut se cacher une réalité plus structurée : une modification de l’os du talon qui, au fil du temps, crée un conflit mécanique avec l’environnement direct du pied, notamment la chaussure et le tendon d’Achille.
C’est précisément ce phénomène que l’on appelle la maladie de Haglund.
Une mécanique invisible qui use le tendon à chaque foulée
Ce qui rend cette pathologie particulière, c’est qu’elle ne repose pas sur un traumatisme brutal, mais sur une accumulation de micro-contraintes. À chaque pas, à chaque impact, le talon vient buter contre un point de pression. Ce contact répété finit par irriter les tissus environnants, créant une inflammation progressive.
Dans un premier temps, la douleur reste localisée et tolérable. Puis elle commence à s’inviter pendant l’effort, avant de persister après la sortie. Ce glissement est souvent imperceptible sur le moment, mais il marque une étape importante dans l’évolution de la blessure.
Chez les traileurs, cette mécanique est amplifiée par la nature même de la discipline. Les longues descentes, les variations de terrain, les charges d’entraînement élevées et l’usage de chaussures parfois rigides accentuent les contraintes sur l’arrière du pied. Le talon devient alors une zone de tension permanente, soumise à des sollicitations répétées et difficiles à compenser.
Pourquoi le trail expose davantage à ce type de blessure
La course en nature ne sollicite pas le corps de la même manière que la route. Elle impose des adaptations constantes, des relances, des appuis instables, et surtout une alternance de montées et de descentes qui met à rude épreuve la chaîne postérieure.
Le tendon d’Achille, déjà fortement sollicité en course à pied classique, devient ici un élément central de l’effort. Lorsqu’il est associé à une contrainte mécanique persistante au niveau du talon, le risque de déséquilibre augmente.
Certains profils sont d’ailleurs plus exposés que d’autres, notamment les coureurs présentant une morphologie de pied particulière ou ceux qui enchaînent les volumes sans phase d’adaptation suffisante. Mais au-delà du profil, c’est souvent la combinaison de plusieurs facteurs — équipement, charge, terrain — qui crée les conditions favorables à l’apparition du problème.
Le piège classique : continuer à courir malgré les signaux
L’une des difficultés majeures avec la maladie de Haglund réside dans sa capacité à se faire passer pour une blessure bénigne. La douleur évoque souvent une tendinite classique, ce qui pousse de nombreux coureurs à adapter légèrement leur entraînement sans réellement traiter la cause.
On réduit un peu l’intensité, on change parfois de chaussures, on étire davantage… mais on continue à courir. Et c’est précisément cette continuité qui entretient le problème.
Car tant que le conflit mécanique persiste, la douleur ne disparaît pas. Elle peut se calmer temporairement, mais elle revient presque toujours, souvent plus intense, plus diffuse, et surtout plus limitante.
Agir tôt pour éviter des mois d’arrêt
Ce qui change tout dans la prise en charge, c’est la précocité de la réaction. Plus le problème est identifié tôt, plus les solutions restent simples et efficaces.
Adapter ses chaussures, réduire temporairement la charge d’entraînement, travailler la mobilité et la force du tendon, ou encore utiliser des corrections podologiques permettent souvent de stopper l’évolution de la pathologie.
Mais ces ajustements demandent une chose que les traileurs ont parfois du mal à accepter : lever le pied, au bon moment.
Quand la gêne devient une vraie blessure
Avec le temps, la situation peut évoluer vers un tableau plus complexe. L’inflammation s’installe durablement, le tendon d’Achille devient sensible, et une bursite peut apparaître à l’arrière du talon, rendant le simple fait de se chausser inconfortable.
À ce stade, la course à pied n’est plus seulement perturbée, elle devient difficile, voire impossible. Certains coureurs commencent à modifier leur foulée pour éviter la douleur, ce qui entraîne d’autres déséquilibres et augmente le risque de blessures secondaires.
Dans les cas les plus avancés, la douleur s’invite même dans les gestes du quotidien. Marcher, monter des escaliers ou rester debout longtemps devient inconfortable. Ce basculement marque souvent le moment où l’arrêt devient inévitable.
La chirurgie, une solution possible mais jamais anodine
Lorsque la douleur persiste malgré une prise en charge bien conduite, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Elle consiste généralement à corriger la déformation osseuse responsable du conflit, et parfois à traiter les tissus environnants.
Même si les résultats sont souvent satisfaisants, cette option implique une période d’arrêt prolongée et une reprise progressive de l’activité. Pour un traileur, cela représente bien plus qu’une simple parenthèse : c’est souvent une saison entière à reconstruire.
Ce que cette blessure dit du trail aujourd’hui
Au-delà du cas particulier de la maladie de Haglund, cette pathologie rappelle une réalité plus large. Le trail, malgré son image de liberté et de connexion à la nature, impose des contraintes mécaniques importantes au corps.
Et dans cette logique, les blessures ne sont pas toujours liées à un excès brutal, mais à une accumulation silencieuse de micro-stress que l’on finit par ignorer.
Savoir écouter ces signaux faibles, adapter sa pratique et accepter de ralentir ponctuellement fait partie intégrante de la progression. Parce qu’en trail, ce n’est pas seulement la capacité à avancer qui compte, mais aussi celle à durer.
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Cet article propose une analyse générale fondée sur des connaissances médicales et sportives liées à la course à pied et au trail. Il ne constitue pas un avis médical. En cas de douleur persistante, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin d’obtenir un diagnostic et une prise en charge adaptés à votre situation.






