L’esprit trail a triomphé au Hong Kong 100.
Au-delà de la performance, une leçon de sportivité. Ce week-end, l’Anta Guanjun Hong Kong 100 a offert une scène rare et profondément inspirante : les deux premières femmes de la course, Veronika Leng et Hau Ha, ont franchi ensemble la ligne d’arrivée après plus de dix heures d’effort, refusant de se départager. Une image forte, au sommet de l’une des épreuves les plus exigeantes d’Asie.
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Une victoire partagée sur le Hong Kong 100, symbole de l’ultra-trail
Avec ses 93 kilomètres et plus de cinq mille mètres de dénivelé, le Hong Kong 100 est tout sauf une promenade. Pourtant, c’est dans la complicité et le respect que la course féminine a trouvé son épilogue. La Slovaque Veronika Leng, installée à Hong Kong, avait presque quatorze minutes de retard à mi-course sur la Vietnamienne Hau Ha. Mais après un retour impressionnant, elle a rattrapé sa rivale dans les derniers kilomètres. Là où tant auraient sprinté pour la gagne, les deux femmes ont fait un autre choix : courir ensemble jusqu’au bout. Main dans la main, elles ont franchi la ligne en 10 heures, 43 minutes et 35 secondes. L’esprit trail dans ce qu’il a de plus pur.
Hau Ha, la récidiviste du partage
Ce n’est pas la première fois qu’Hau Ha choisit la solidarité à la place du duel. En 2024, elle avait déjà partagé la victoire du Malaysia 100 Ultra Trail avec la Chinoise Lin Chen. Chez elle, la performance semble toujours laisser de la place à l’humain. Un exemple rare dans un monde où le chrono dicte trop souvent les comportements. Cette nouvelle victoire ex-aequo l’inscrit un peu plus comme une figure atypique et attachante du circuit asiatique.
Le geste de Veronika Leng et Hau Ha a ému. Mais il interroge aussi sur la nature de l’esprit-trail.
Pour certains, franchir la ligne ensemble est la plus belle des images : celle d’un sport d’effort, de respect, de partage. Pour d’autres, c’est une forme de renoncement à la logique compétitive, voire une négation du sport lui-même. Car faut-il rappeler qu’en trail, comme dans toute course chronométrée, il y a un classement, des règles, un vainqueur. Alors peut-on célébrer deux gagnantes si l’on refuse de jouer le jeu jusqu’au bout ?
Derrière cette question, c’est toute l’ambiguïté du trail qui ressurgit. Cette discipline oscille en permanence entre deux pôles : la recherche de performance et le goût de l’aventure partagée. Certains y viennent pour le podium, d’autres pour les paysages, le silence, la nature, la camaraderie. La vérité, souvent, se situe entre les deux.
Le trail est-il encore un sport ?
Le trail running a explosé ces dernières années, et avec lui, des profils très différents. Des élites affûtées, encadrées, sponsorisées, qui jouent la gagne. Et des amateurs passionnés, pour qui la compétition est presque accessoire. Ce grand écart crée parfois des tensions sur la définition même de ce qu’est “courir en montagne”.
Pour les puristes de la compétition, un sprint final fait partie de la beauté du sport : il sublime l’effort, tranche entre deux niveaux. Pour les partisans de l’esprit trail, le respect de l’autre, l’entraide et l’humilité passent avant le chrono. Ce débat n’est pas nouveau, mais il est relancé à chaque arrivée commune, à chaque victoire partagée.
Refuser de trancher. Refuser de choisir entre la gagne et la grâce. Entre le podium et le partage. Peut-être que l’essence du trail réside justement dans cette tension, dans cette liberté de choisir son propre rapport à la course. Veronika Leng et Hau Ha ont choisi la leur. Et qu’on l’approuve ou non, leur image restera. Car il faut une force certaine pour refuser la tentation de la gloire solitaire.
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