Sur le Marathon des Sables, il existe des journées qui redéfinissent une course.
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L’étape 4, longue de 100 kilomètres, en fait partie. C’est celle qui révèle les résistances profondes, qui expose les failles et qui consacre les coureurs capables de durer. Cette année encore, elle a tenu son rôle. Mais au-delà de la victoire de Mohamed El Morabity, c’est la performance de Ludovic Pommeret qui mérite une lecture attentive, tant elle raconte autre chose qu’une simple deuxième place.
Car terminer à 12 secondes du vainqueur après plus de huit heures d’effort dans le désert ne relève pas de l’anecdote. Cela dit quelque chose de précis sur le niveau de forme, sur la maîtrise de course, et sur la capacité à se hisser au cœur du duel.
Ludovic Pommeret a construit sa course construite dans le rythme et la maîtrise
Dès les premiers kilomètres, Ludovic Pommeret s’est positionné dans le bon tempo. Il ne s’est pas contenté de suivre, il a choisi d’accompagner la tête de course, de s’inscrire dans le rythme imposé par Mohamed El Morabity, sans jamais donner l’impression de subir. Cette posture, sur une étape aussi longue, n’est jamais anodine. Elle implique d’accepter un niveau d’engagement élevé très tôt, avec le risque permanent de le payer plus tard.
Pendant une grande partie de la journée, les deux hommes ont évolué ensemble, dans une forme de duel silencieux, où chacun observe, ajuste, et tente de conserver une lucidité malgré la fatigue et la chaleur. Ce type de confrontation, sans attaque franche mais sous tension constante, est caractéristique des courses d’ultra où la différence se fait moins sur un geste spectaculaire que sur l’accumulation de micro-décisions.
Le moment clé, entre gestion et opportunité
La course s’est jouée dans un détail, comme souvent. À l’approche d’un point de contrôle avancé, Ludovic Pommeret marque un temps d’arrêt, probablement pour se rafraîchir ou gérer son effort dans des conditions devenues plus difficiles. Dans le même instant, Mohamed El Morabity choisit d’accélérer.
Ce décalage, presque imperceptible à l’échelle de la course, devient décisif. Dans le désert, la moindre variation de rythme peut créer un écart difficile à combler, surtout lorsque les organismes sont déjà entamés. Pommeret repart, tente de revenir, mais la dynamique a changé. L’écart ne se creuse pas réellement, mais il ne se referme pas non plus.
Douze secondes qui disent beaucoup
À l’arrivée, la différence est infime. Douze secondes seulement séparent les deux hommes, après plus de huit heures de course. Ce chiffre, à lui seul, résume la densité de l’affrontement. Il souligne à quel point Ludovic Pommeret était proche de faire basculer cette étape, et rappelle qu’à ce niveau, la victoire peut se jouer sur des choix de gestion plus que sur une supériorité physique évidente.
Dans une épreuve où les écarts se comptent habituellement en minutes, voire en dizaines de minutes, une telle proximité est révélatrice. Elle place le Français dans une position particulière, celle d’un coureur capable de rivaliser directement avec le leader, même si le classement général reste, pour l’instant, hors de portée.
Une trajectoire qui s’affirme au fil des jours
Depuis le début de cette édition, la course de Ludovic Pommeret se construit progressivement. Après un départ prudent, marqué par quelques pertes de temps, il a su ajuster son rythme et retrouver sa place parmi les meilleurs. Cette montée en puissance trouve un écho particulier sur cette étape 4, où il ne se contente plus de gérer, mais où il s’invite pleinement dans la lutte pour la victoire d’étape.
Au classement général, il occupe désormais la troisième place, derrière les frères El Morabity. L’écart accumulé rend une victoire finale peu probable, sauf retournement majeur. Mais la logique de sa course ne se limite pas à ce classement. Elle s’inscrit dans une dynamique de progression et de résistance, qui prend tout son sens sur une épreuve aussi exigeante.
Ce que révèle cette étape, c’est que Ludovic Pommeret n’est pas simplement un outsider solide. Il est, à certains moments, au niveau du meilleur. Dans le contexte du Marathon des Sables, cela implique une maîtrise complète de nombreux paramètres : la gestion de l’effort, l’alimentation en autosuffisance, l’adaptation à la chaleur et la capacité à rester lucide dans des phases de fatigue avancée.
À 50 ans, cette performance prend une dimension particulière, sans qu’il soit nécessaire d’en faire un argument central. Elle témoigne surtout d’une expérience accumulée et d’une lecture fine de la course, qui permettent de compenser, voire de dépasser, les contraintes physiques inhérentes à ce type d’épreuve.
Une fin de course à gérer, mais encore ouverte dans les détails
Il reste deux étapes pour conclure ce Marathon des Sables. Elles sont plus courtes, mais elles interviennent dans un moment où la fatigue est maximale. Dans ce contexte, la priorité pour Ludovic Pommeret sera de conserver cette troisième place, tout en restant attentif aux évolutions possibles devant lui.
Car si la hiérarchie semble désormais installée, cette étape 4 a montré que les écarts ne sont pas infranchissables sur une journée. Et dans une course aussi longue, chaque détail peut encore peser.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que Ludovic Pommeret a changé de statut sur cette étape. Il n’est plus seulement celui qui suit. Il est celui qui, à un moment donné, a été capable de faire douter le leader.
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