Du 3 au 13 avril 2026, le Sahara marocain ne sera pas seulement un décor. Il redeviendra un juge. Pour sa 40e édition, le Marathon des Sables s’apprête à vivre un anniversaire hors normes. Et au milieu d’un plateau élite exceptionnel, un nom retient particulièrement l’attention des traileurs : Ludovic Pommeret.
Champion reconnu sur les ultras les plus exigeants de la planète, le Français s’attaque cette fois à un terrain radicalement différent. Moins de sentiers alpins, plus de dunes. Moins de fraîcheur d’altitude, davantage de chaleur et de gestion en autosuffisance. Une nouvelle équation à résoudre.
Le Marathon des Sables 2026 va vivre une 40e édition historique
Créée en 1986 avec 23 pionniers, l’épreuve est devenue l’un des rendez-vous mythiques de l’ultra-endurance mondiale. En 40 ans, plus de 40 000 participants ont foulé le sable marocain, transformant cette course en symbole de dépassement.
L’édition 2026 marque un cap symbolique. Plus de 1 500 coureurs sont inscrits, représentant 62 nationalités, avec une liste d’attente inédite. L’étape longue atteindra pour la première fois la distance symbolique de 100 kilomètres, pour un total d’environ 270 kilomètres répartis en 6 étapes, en autosuffisance alimentaire.
Ici, pas de ravitaillements classiques ni de confort moderne. Chaque concurrent porte son matériel et sa nourriture. Chaque soir, le bivouac itinérant devient un refuge sommaire sous tente berbère. Le désert impose son rythme, sa chaleur, son vent et ses silences.
Ludovic Pommeret favori du Marathon des Sables 2026
Ludovic Pommeret n’arrive pas en terrain inconnu lorsqu’il s’agit d’effort long et de gestion mentale. Vainqueur de l’UTMB, lauréat de la Diagonale des Fous et recordman de la Hardrock 100, il fait partie des rares coureurs capables d’imposer un rythme élevé sur des formats supérieurs à 100 miles.
Mais le Marathon des Sables n’est pas un ultra de montagne. Il ne récompense pas seulement la puissance ou la capacité à encaisser du dénivelé. Il exige une science précise de l’effort fractionné sur plusieurs jours, une adaptation permanente aux températures et une gestion fine du poids du sac.
Pour un coureur habitué aux grands rendez-vous alpins, le défi est double. Il s’agit d’apprivoiser le sable, qui casse la foulée et sollicite différemment la chaîne musculaire, tout en maîtrisant la récupération entre les étapes. Le désert ne pardonne pas les excès d’orgueil.
La présence de Ludovic Pommeret au départ du marathon des sables n’est pas anodine.
Elle symbolise un pont entre deux cultures de l’ultra. Celle des montagnes techniques et celle des étendues désertiques. Elle témoigne aussi de la capacité des champions français à sortir de leur zone de confort.
S’imposer face aux spécialistes marocains serait un exploit historique. Mais au-delà du résultat brut, l’intérêt réside dans la confrontation des styles. Gestion alpine contre science du désert. Expérience des 100 miles contre maîtrise des étapes successives.
Pour les traileurs, cette 40e édition offre une lecture passionnante de l’endurance moderne. Le Marathon des Sables n’est plus seulement une aventure mythique. Il devient un terrain d’affrontement entre les meilleurs spécialistes mondiaux.
En avril, le sable parlera. Et Ludovic Pommeret saura s’il peut, lui aussi, inscrire son nom dans la légende du désert.
Un plateau élite inédit face à l’hégémonie marocaine
Sportivement, l’édition 2026 s’annonce comme l’une des plus relevées de l’histoire de la course. Depuis près de 30 ans, les coureurs marocains dominent l’épreuve. Aucun Occidental ne s’est imposé depuis le Russe Andrei Derksen en 1996.
Les frères Rachid et Mohamed El Morabity seront encore au départ, forts d’un palmarès impressionnant. Face à eux, une génération internationale ambitieuse, issue du trail mondial, viendra tenter de bousculer cet ordre établi.
Chez les hommes, le Sud-Africain Ryan Sandes sera également présent. Vainqueur de la Western States 100 et de la Transgrancanaria, il connaît la chaleur et les formats exigeants. La confrontation promet d’être tactique, stratégique et progressive.
Chez les femmes, la double tenante du titre Maryline Nakache, l’Américaine Magdalena Boulet ou encore la lauréate du Marathon de Boston Desiree Linden viendront densifier la compétition. L’Italienne Francesca Canepa, victorieuse de l’UTMB en 2018, apportera son expérience des courses longues et exigeantes.
Le niveau global témoigne d’une évolution : le Marathon des Sables attire désormais des spécialistes des plus grandes courses mondiales, et non plus seulement des aventuriers.
En résumé, pour les traileurs, le Marathon des Sables fascine parce qu’il change les repères. L’absence de dénivelé majeur peut tromper. La difficulté ne se mesure pas seulement en mètres positifs, mais en gestion thermique, en stratégie d’allure et en résistance psychologique.
L’étape de 100 kilomètres constituera l’épreuve de vérité. C’est souvent là que le classement se dessine et que les ambitions se heurtent à la réalité. Sur ce type de format, l’expérience de Pommeret pourrait peser. Il sait gérer les longues heures d’effort, accepter les passages à vide et relancer lorsque d’autres s’effondrent.
Mais le sable impose une autre mécanique. Chaque appui s’enfonce, chaque relance coûte davantage d’énergie. L’économie de course devient centrale. Le moindre excès se paie dès le lendemain.
Au-delà des élites, l’édition anniversaire met aussi en lumière des projets solidaires. Parmi les participants, un jeune garçon de 12 ans atteint d’une maladie rare prendra le départ en joëlette avec son équipe. Le Marathon des Sables cultive cette dimension humaine qui dépasse le simple classement.
La participation féminine continue de progresser. Des dispositifs spécifiques sont proposés pour garantir confort et intimité, tout en préservant la mixité qui fait l’ADN de l’épreuve. Le désert devient un espace d’égalité face à l’effort.
Source
- communiqué de presse
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