Yukon Arctic Ultra 2026 : la chaleur et la neige font plus de victimes que le froid.
Quinze centimètres de neige supplémentaire hier ont fait encore plus de victimes.
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À mi-parcours du troisième jour, le Yukon Arctic Ultra 2026 continue de faire le ménage dans le peloton.
Onze abandons sont maintenant confirmés, tous causés par des conditions météo atypiques qui transforment cette édition en quelque chose de très différent de ce qu’on a vu par le passé.
La combinaison de températures proches de zéro et de quinze centimètres de neige fraîche tombée hier crée exactement le scénario redouté : une neige molle, lourde, qui ralentit chaque pas et épuise les coureurs différemment qu’un froid extrême.
Bonne nouvelle pour aujourd’hui : pas de neige prévue. Mais le mal est fait.
Guillaume Grima et Paul Clément : une bataille de stratégies en tête
Guillaume Grima et Paul Clément sont repartis en tête après une pause au quatrième ravitaillement de Lapie Lake. Grima s’est reposé quatre heures, Clément cinq heures. Une heure de différence qui pourrait être significative. Ils sont les seuls pour l’instant a avoir atteint ce ravito.
Est-ce que Grima se repose moins volontairement pour s’assurer de garder son avance psychologique sur Clément ?
Les deux Français jouent une partie d’échecs où chaque pause, chaque décision de repartir peut faire la différence sur les centaines de kilomètres qu’il leur reste à parcourir.
Pour l’instant, la stratégie de Grima semble fonctionner. Il maintient sa première place et contrôle le rythme de la course.
Maxime Bachelot à 35 kilomètres, seul dans son approche
Derrière les deux meneurs, à 35 kilomètres de distance, Maxime Bachelot tente une stratégie différente. Il a pris une courte pause cette nuit entre les ravitaillements plutôt qu’aux points de contrôle officiels, et repart sans doute avec l’espoir de rattraper la distance qui le sépare des deux premiers.
La première journée, Maxime suivait bien les meneurs. Mais rapidement, l’écart s’est creusé avec les deux premiers. Maintenant, il se retrouve dans une position intermédiaire : devant le reste des coureurs, taloné de près par l’autrichienne Yasmin Stoderegger, mais avec 35 kilomètres de retard sur Grima et Clément.
Est-ce que sa stratégie de pauses plus courtes et flexibles va payer ? Ou est-ce que les deux Français en tête sont simplement dans un rythme qu’il ne peut pas suivre ? Les prochains jours nous le diront.
Le 235 km n’a plus qu’un seul coureur
Sur le 235 km, la situation est devenue dramatique. Olivier Vriesendorp des Pays-Bas est maintenant le seul coureur restant dans la catégorie. Tous les autres ont abandonné.
Vriesendorp court désormais seul contre lui-même et contre les éléments. Plus de compétition, plus de bataille pour la première place. Juste la volonté de terminer ce qu’il a commencé dans des conditions qui ont eu raison de tous ses adversaires.
C’est un rappel brutal de la difficulté de cette édition. Même sur la distance la plus courte, les abandons s’accumulent.
Le 350 km tient bon
Sur le 350 km, l’Allemand Alexander Hoerniss maintient toujours sa première place. Cette distance semble mieux résister aux abandons que le 235 km, mais les conditions restent difficiles pour tous.
Des conditions qu’on n’avait pas prévues
L’ironie de cette édition, c’est que tout le monde s’attendait à un froid extrême. On parlait des moins 40, des moins 50 potentiels. On se préparait pour une bataille contre le froid.
Et finalement, c’est la chaleur et la neige fraîche qui posent le plus de problèmes. Des températures proches de zéro qui ramollissent la neige. Quinze centimètres de neige supplémentaire hier qui alourdissent chaque pas. Des conditions qui épuisent différemment, peut-être même plus sournoisement qu’un froid intense.
Le froid, on peut le gérer avec l’équipement et la technique. La neige molle et lourde, elle, il faut juste la subir et continuer à avancer malgré tout.
L’organisation mobilisée
Face à ces conditions difficiles, l’organisation a envoyé des équipes en motoneige hier matin pour aider à compacter la neige fraîche. Un travail presque terminé selon le dernier message de Robert Pollhammer, le propriétaire de l’événement.
« La neige fraîche comme ça rend vraiment difficile de tirer une pulka ou de rouler en fatbike, surtout sur une surface déjà molle », explique-t-il.
Point positif dans tout ça : aucune urgence médicale. Toutes les blessures sont liées à la tension sur le corps, mais pas de gelures.
L’organisation espère maintenant que la neige cesse de tomber pour permettre aux coureurs restants de continuer dans des conditions au moins stables, sinon idéales.
Ce qui s’en vient
Les coureurs restants ont encore plusieurs jours devant eux. Grima et Clément doivent gérer leur duel en tête tout en économisant leur énergie pour la suite. Bachelot doit décider s’il pousse pour rattraper ou s’il accepte sa troisième place et court sa propre course. Et Vriesendorp doit simplement survivre jusqu’à la ligne d’arrivée.
Pas de neige prévue aujourd’hui, mais les quinze centimètres d’hier sont toujours là, attendant les coureurs sur les sections qui n’ont pas encore été tassées. Le Yukon Arctic Ultra 2026 continue d’écrire son histoire, une histoire très différente de ce qu’on imaginait avant le départ.
Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier
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