Secours en montagne : la fin de la gratuité semble inévitable
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Chaque année, la montagne attire plus de monde. Plus de skieurs, plus d’alpinistes, plus de randonneurs. Et forcément, plus d’accidents.
Le prix des secours en montagne : aujourd’hui, une intervention de secours coûte en moyenne près de 11 000 €.
Et la question revient avec insistance : faut-il continuer à faire payer la collectivité ou demander une participation aux pratiquants ? C’est le débat relancé par la Cour des comptes. Dans un rapport présenté au Sénat, elle propose clairement de mettre fin, au moins partiellement, à la gratuité des secours en montagne d’ici 2028.
Le système des secours en montagne est sous pression
En dix ans, le nombre d’interventions a explosé.
Le principal poste de dépense, ce sont les hélicoptères. 85 % des secours sont héliportés. Les heures de vol ont augmenté. La maintenance d’appareils vieillissants coûte de plus en plus cher. Résultat : +141 % pour les moyens aériens depuis 2012. Sur le terrain, l’efficacité est saluée. En Savoie, un appareil peut décoller en 6 minutes après l’alerte. Les secouristes français sont reconnus pour leur expertise. Mais pour la Cour, le système manque de rationalité.
Trois forces, un casse-tête
Aujourd’hui, le secours en montagne repose sur trois piliers : les pelotons de gendarmerie de haute montagne, les CRS Montagne et les groupes montagne des sapeurs-pompiers. Cette organisation est historique. Elle est aussi politique. Chaque corps défend son territoire, son savoir-faire, son identité. Mais la coexistence crée parfois des doublons, des zones grises, des tensions.
Sur le terrain, les réactions sont plus prudentes. Les responsables de la police nationale et de la sécurité civile rappellent que la montagne est un environnement extrême. Lors de catastrophes majeures, comme celle de la Bérarde en 2024, la complémentarité des forces a été déterminante. Pour eux, l’excellence opérationnelle a un prix.
Faut-il faire payer les secourus ?
C’est le point le plus sensible. En France, le secours à personne est historiquement gratuit. En montagne, seule exception : les pistes de ski, où l’intervention des pisteurs est facturée. La Cour estime qu’il n’est plus possible de maintenir un statu quo. Plusieurs modèles existent en Europe. En Suisse ou en Autriche, le secours est facturé, et les pratiquants s’assurent. En Italie, le modèle est intermédiaire : si la victime est indemne, elle paie. Mais attention : les exemples étrangers montrent que la facturation ne réduit pas forcément le nombre d’accidents. La fréquentation continue d’augmenter partout dans l’arc alpin. Autre levier évoqué : la prévention. Aujourd’hui, les campagnes nationales dédiées à la sécurité en montagne disposent d’un budget dérisoire comparé à la sécurité routière. Moins de 100 000 € par an, pour des milliers de blessés et plus de 200 morts.
Un débat qui dépasse la montagne, celui d’un choix de société
Derrière la question financière, c’est un choix de société. La montagne est-elle un espace de liberté assumée, avec ses risques, ou un terrain où la responsabilité individuelle doit être davantage engagée ? Facturer pourrait responsabiliser certains. Mais cela pourrait aussi freiner l’appel aux secours par peur de la facture. En situation critique, ce serait un risque majeur. Le gouvernement devra trancher. Avant 2028, selon les recommandations. Entre maîtrise des dépenses publiques, pression touristique et maintien d’un modèle solidaire, l’équation est délicate. Une chose est sûre : à plus de 10 000 € l’intervention en moyenne, le secours en montagne n’est plus un sujet anecdotique. C’est devenu un vrai enjeu budgétaire, politique et symbolique.
Sources
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