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🎧 Habitué à prendre des dossards et à être sur une ligne de départ, à courir la tête dans le guidon à la recherche de la performance ou simplement à profiter de l’effort et du parcours, on finit par avoir l’impression que le balisage d’un sentier est une évidence et fait partie du décor.
On arrive sur une intersection, un petit drapeau rouge nous indique la bonne direction, et on fonce. Mais s’est-on déjà demandé ce qui se cache réellement derrière ces petits repères colorés ?
Ces derniers mois, j’ai décidé à plusieurs reprises de troquer mon dossard pour arpenter les sentiers d’une toute autre manière, en étant bénévole, parfois sur des ravitaillements, comme serre-file, mais aussi comme baliseur. Jai découvert l’envers du décor, et le moins que l’on puisse dire, c’est que tout le travail de l’ombre qui se fait en amont d’un trail est tout sauf reposant !
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Qu’est-ce que le balisage d’un trail ?
Sans balisage, pas de trail possible. À l’exception de quelques rares épreuves atypiques où la navigation se fait exclusivement à la montre GPS ou à la carte, la quasi-totalité des courses utilisent une signalétique claire et précise. Le balisage, c’est le fil d’Ariane du coureur, qui lui permet de s’orienter, de rester en sécurité et de courir en toute autonomie sur le parcours. Le principe est simple pour le participant : on s’inscrit, on se présente au départ, puis il n’y a plus qu’à suivre le fléchage et le marquage du sol jusqu’à la ligne d’arrivée pour parcourir la distance choisie.
Maîtriser la boussole moderne
Avant de se lancer dans le boulot d’un baliseur et d’enfoncer le premier fanion dans le sol, il faut déjà gérer les techniques basiques de la navigation et l’exercice ne s’improvise pas. Il faut être rigoureux en cartographie, capable de suivre une trace GPX sur sa montre GPS, mais aussi de jongler avec son téléphone et des fonds de carte plus détaillés. Sur le terrain, les hésitations peuvent être fréquentes : entre un vieux sentier de chasseur, une variante forestière et le bon tracé officiel, le moindre doute peut s’avérer compliqué pour la suite du parcours. La minutie est importante dans cette phase de préparation pour garantir l’intégrité du parcours, et le baliseur a entre ses mains la responsabilité de l’organisation pour le bon déroulé des courses le jour J.

Se glisser dans la tête du coureur – Anticiper et rassurer
Une fois sur place, tout l’art du balisage repose sur une compétence insoupçonnée. Il faut savoir se mettre dans la peau d’un coureur fatigué, essoufflé, parfois en pleine nuit ou sous la pluie. À quel endroit précis aura-t-il besoin d’être rassuré sur la direction à suivre ? En règle générale, on espace les balises de 200 à 300 mètres sur les grandes portions droites et évidentes, là ou le doute n’est pas possible, et on réduit cet intervalle dans les endroits moins évidents.
Aux intersections stratégiques, on multiplie les fanions pour attirer le regard sur le bon chemin à suivre et éviter que le coureur suive la mauvaise piste.
Lorsque le parcours croise des routes goudronnées, la vigilance est double. Il faut à la fois avertir les automobilistes qu’une épreuve traverse la voie, mais aussi de signaler aux coureurs qu’un danger potentiel peut arriver. Pour sécuriser ces zones sensibles, on renforce systématiquement le marquage au sol à l’aide d’une bombe de peinture biodégradable. Enfin, pour les portions qui se font de nuit, chaque petit fanion est couplé à des rubalises réfléchissantes accrochées aux branches des arbres, qui transforment les sentiers en guirlandes lumineuses guidées par les frontales.
Un véritable entraînement de titan
Sur le plan physique, baliser n’a rien d’une promenade de santé. Entre les lots de piquets à transporter dans son dos et à enfoncer dans une terre parfois dure ou rocailleuse, les rubalises réfléchissantes à fixer solidement à l’aide de serflex dans les branches, et les bombes de peinture à transporter dans le sac, le poids s’accumule très vite. C’est un bon entraînement de trail, avec les bras chargés de matériel en prime !
Pour couvrir un gros événement, le balisage s’organise en plusieurs équipes qui se partagent des portions d’environ 20 à 30 kilomètres. Chaque tronçon représente facilement une journée complète de marche et de travail de pose, sans compter les temps de trajet en voiture pour accéder aux différents points. Sur un trail proposant de multiples formats de course, et même avec certaines distances qui empruntent des portions communes, on arrive vite à plusieurs centaines de kilomètres à baliser. C’est l’équivalent de quatre journées de travail intense rien que pour baliser les chemins.
En résumé, participer au balisage et au débalisage d’un trail est un véritable travail de titan, fait bien souvent dans des conditions climatiques ou topographiques loin d’être évidentes.
Lorsque l’on court un trail avec un dossard, on ne se rend pas toujours compte de l’énorme investissement logistique et physique requis en amont, pendant et après la compétition. C’est pourtant grâce à ces bénévoles de l’ombre, passionnés et dévoués, que nous pouvons nous lancer l’esprit léger sur les sentiers.
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Auteur : Marta, est l’ultra sportive de l’équipe. Mère de 4 enfants, elle est déjà finisher de l’UTMB. Traileuse au sens puriste, elle évolue dans un univers montagneux.u-Trail est un média indépendant. Depuis 2012, nous parlons de trail librement, sans aucun sponsor.
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