Thierry Corbarieu tient bon. Mais la chaleur change tout.
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Quatre jours. 346 kilomètres. Et une avance qui grossit malgré tout.
Quatre jours après le départ de la Laponie Arctic Ultra, l’athlète CIMALP a franchi le cap des 346 kilomètres à une vitesse globale de 4,2 km/h. Son tracker affiche 3 heures et 17 minutes de repos en quatre jours, soit seulement 3,4 % de temps d’arrêt. Mais Mathieu Blanchard a lui-même confirmé après sa victoire que son propre tracker indiquait qu’il n’avait pas dormi, alors qu’il avait bel et bien pris du repos. On peut donc supposer que Corbarieu a récupéré un peu plus que ce que les données affichent. Ce qui reste intense dans tous les cas. Parce que même si on double ce chiffre, on parle de six heures de sommeil en quatre jours de course dans le froid lapon. C’est le genre de détail qui donne une idée de ce que ces coureurs endurent réellement.
Ce qui rend sa performance encore plus frappante, c’est la comparaison avec le deuxième. Après 4 jours et 2 heures de course, ce dernier a parcouru 307 kilomètres à une vitesse similaire de 4,3 km/h en mouvement. Mais là où les deux coureurs se distinguent vraiment, c’est dans la gestion du repos. Le deuxième a accumulé 11 heures et 42 minutes d’arrêt, soit 13,4 % du temps total. Corbarieu, lui, tourne à 3,4 %. L’écart au sol est d’environ 40 kilomètres. Autrement dit, Corbarieu construit son avance en dormant moins, pas en courant plus vite. C’est une stratégie risquée sur 500 kilomètres. Mais pour l’instant, elle tient.
Une chaleur qui n’a rien à faire ici
Ce qui change tout depuis hier, c’est la météo.
Et pas dans le bon sens.
Les températures en Laponie ont grimpé au-dessus de 5 degrés Celsius, et les prévisions annoncent que ça va continuer les prochains jours. Il y a même un risque de pluie. Pour une course polaire conçue pour le grand froid, c’est une nouvelle problématique majeure. La neige molle qui ralentissait déjà les coureurs risque de se transformer en boue et en slush impraticable. L’équipement pensé pour le froid sec devient moins efficace quand tout commence à dégeler. Les pieds restent mouillés. La fatigue s’installe différemment.
C’est exactement ce genre de conditions qui avait mis fin à la course de Corbarieu au Yukon Arctic Ultra il y a un mois. La chaleur, la neige qui se ramollit, l’humidité qui s’infiltre partout. Il connaît ce piège. La question, c’est de savoir si son corps et son équipement sont mieux préparés pour y faire face cette fois-ci.
Ce qui reste à traverser
Il reste à Corbarieu environ 155 kilomètres avant la ligne d’arrivée. Sur papier, c’est presque une course en soi. Mais après quatre jours de privation de sommeil, dans une chaleur qui transforme le parcours sous les pieds, chaque kilomètre pèse beaucoup plus lourd que le précédent.
Son avance de 40 kilomètres lui donne une marge de manœuvre. Il pourrait théoriquement se permettre de dormir un peu plus, de laisser son corps récupérer avant l’effort final. Mais ce n’est pas le style qu’il a montré jusqu’ici. Corbarieu avance. Il ne s’arrête presque pas. Et il a visiblement décidé que cette course serait différente du Yukon.
Si les conditions se dégradent encore avec la pluie annoncée, la vraie question ne sera plus de savoir s’il va gagner. Ce sera de savoir si tout le monde va réussir à finir.
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Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier






