Paris, un week-end, deux Québécois sur le podium. Ce n’est pas un hasard.
Le week-end dernier à l’écotrail de Paris, deux Québécois finissaient leurs courses respectives en tête du classement. Marianne Hogan remportait le 45 kilomètres du Salomon EcoTrail Paris, on en a parlé cette semaine. Mais ce qui est passé un peu sous le radar, c’est la performance de Charles Philibert-Thiboutot sur le 30 kilomètres. Victoire en 1 heure 44 minutes et 8 secondes, à une moyenne de 3 minutes 33 secondes par kilomètre. Dans sa première course de trail de sa vie.
Première. Course. De trail.
Charles Philibert-Thiboutot, un champion qui change de terrain
Pour comprendre ce que cette performance représente, il faut savoir qui est Charles Philibert-Thiboutot. Neuf fois champion canadien sur piste et sur route. Médaillé d’or au 1500 mètres des Jeux panaméricains de 2023. Recordman canadien du 10 kilomètres sur route avec un 28 minutes 6 secondes établi en mai dernier à Ottawa. Un athlète qui a passé sa carrière à courir en cercles sur une piste ou en ligne droite sur l’asphalte.
Le sentier, les pierres, la boue, les faux plats qui mentent, tout ça c’était nouveau pour lui à Paris. Et il a quand même gagné.
Il y a quelque chose d’éloquent là-dedans. Pas parce que le trail est facile, loin de là. Mais parce que ça confirme ce qu’on commence à voir de plus en plus : les meilleurs athlètes d’autres disciplines regardent le trail avec un intérêt sérieux. Ce n’est plus un sport parallèle qu’on pratique en marge. C’est une destination.
Le virage trail de CPT n’est d’ailleurs pas anodin. Il a récemment annoncé qu’il rejoignait l’équipe produit de Salomon en France, travaillant sur les chaussures de performance pour la route, le gravel et le trail. Un pied dans l’industrie, un autre dans la compétition. La transition est réfléchie, pas impulsive.
Le Québec s’exporte
Ce qui rend ce week-end particulier, c’est le portrait d’ensemble. Deux Québécois, deux distances différentes, deux victoires à Paris le même week-end. Marianne Hogan qui s’impose sur 45 kilomètres. Philibert-Thiboutot qui écrase le 30 kilomètres à sa première sortie en sentier. Pas deux coureurs anonymes. Deux athlètes avec des palmarès solides qui vont chercher des résultats sur la scène internationale.
On a écrit récemment que le Québec semblait créer des coureurs de trail, que quelque chose dans la culture sportive d’ici pousse les gens vers les sentiers. Ce week-end parisien ressemble à une autre pièce du même casse-tête. Le Québec ne fait pas que produire des traileurs pour ses propres courses. Il commence à en exporter qui gagnent ailleurs.
Ce n’est pas rien pour une province dont le trail était encore marginal il y a dix ans.
La suite à surveiller
Pour Philibert-Thiboutot, la question évidente c’est : où est-ce que ça s’en va ? Une victoire à la première sortie sur 30 kilomètres avec 380 mètres de dénivelé, ça laisse imaginer ce qui est possible sur des formats plus longs ou plus techniques. Il n’a probablement pas dit son dernier mot sur les sentiers.
Et si on additionne Hogan, Philibert-Thiboutot, Élisa Morin qui signe pro avec Brooks, Geneviève Asselin-Demers dans le top 5 à la Transgrancanaria, le Québec est en train de construire quelque chose sur la scène internationale du trail. Tranquillement, sans trop faire de bruit.
Mais les résultats commencent à parler fort.
Lire aussi
- « Il s’est jeté dans les bras de son coach » : Charles, le traileur perdu à Chamonix a été retrouvé après neuf jours
- Mathieu Blanchard termine quatrième du 21 km du Trail des Lumières de la Muzelle
- Marathon du Mont Blanc 2018 : liste des inscrits
- Un inconnu bat le record détenu par le traileur Jim Walmsley depuis 2021
- Le kenyan Kipsang est décédé lors d’une course en montagne ce week-end
Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier





