L’UTMB 2026 s’engage pour une mobilité plus propre en promettant un avantage au tirage au sort pour les coureurs venant sans voiture. Mais derrière cette annonce, la communauté trail dénonce massivement une hypocrisie écologique et un greenwashing mal assumé.
Deux jours avant l’ouverture des pré-inscriptions, les organisateurs de l’UTMB ont dévoilé un dispositif inédit : un « bonus mobilité » de 30 % au tirage au sort pour les coureurs qui s’engagent à rejoindre Chamonix sans voiture. Présentée comme une mesure en faveur du climat, cette nouveauté suscite une levée de boucliers. Pour de nombreux traileurs, ce n’est pas de l’écologie, c’est de la communication.
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Une promesse verte… mais sélective
Sur le papier, le principe paraît simple : privilégier les coureurs venant en train ou en bus, pénaliser ceux utilisant une voiture individuelle. Un outil baptisé UTMB GO a même été lancé pour aider les inscrits à organiser leur trajet bas carbone. L’organisation affirme que ces déplacements représentent 86 % des émissions de l’événement.
Mais très vite, les commentaires en ligne ont mis le doigt sur les failles. Comme le résume un internaute : « Tu viens de Chine en avion et tu termines en train à Genève, c’est bon. Mais si tu viens de Bretagne en voiture avec ta famille, c’est non. Cherchez l’erreur. »

Dans les faits, un coureur transcontinental peut bénéficier du bonus s’il respecte les critères formels, tandis qu’un Français modeste venu en covoiturage avec ses proches sera exclu de l’avantage. Ce traitement inégal est jugé « absurde » voire « injuste » par une partie de la communauté.
La question qui fâche : et les Running Stones ?
Le point de rupture pour de nombreux traileurs concerne le cœur du système UTMB : les Running Stones. Pour avoir une chance d’être tiré au sort à Chamonix, il faut d’abord accumuler ces points sur des courses organisées partout dans le monde. Cela pousse des coureurs français à voyager en avion pour aller chercher des dossards qualificatifs aux quatre coins de la planète.
Un commentaire résume la contradiction : « Toute l’année tu peux prendre l’avion pour choper des Running Stones, mais fin août faut être plus vert que vert. »
Ce double standard agace. Beaucoup estiment que si l’UTMB voulait vraiment réduire son empreinte carbone, il commencerait par réformer son circuit mondial plutôt que de cibler uniquement l’événement final.


Une taxe carbone… qui ne touche pas tout le monde
Autre mesure annoncée : chaque participant devra s’acquitter d’une contribution carbone obligatoire, calculée selon son mode de transport. Elle sera censée financer des projets de compensation environnementale.
Mais là encore, les réactions sont virulentes. Le concept même de « compensation carbone » est largement contesté. « Planter des arbres en Inde ou financer de la séquestration, c’est du bullshit. Les compagnies aériennes elles-mêmes ont fini par l’admettre », commente un traileur.
D’autres dénoncent une « écologie punitive », accusant l’UTMB de faire payer les amateurs tandis que les élites sponsorisées, les influenceurs invités et les accompagnateurs en voiture ne sont que très partiellement concernés.
Une course de riches ?
Pour certains, ce bonus mobilité est la goutte de trop dans une logique devenue élitiste. Avec un dossard à plus de 300 euros, une taxe carbone supplémentaire, des justificatifs à produire, et des règles qui défavorisent les familles, l’UTMB semble s’éloigner de ses racines.
Un commentaire rageur résume l’ambiance : « L’UTMB devient une course pour bobo argentés. Fini pour les revenus moyens. Et si tu viens avec ta femme et tes enfants, bonne chance pour cocher toutes les cases. »
D’autres ironisent : « Bientôt faudra venir à poil, à vélo et manger que du quinoa bio… sauf si t’es sponsorisé par Coca ou Nike. »

L’écologie de façade, cible d’un rejet massif
Le terme « greenwashing » revient en boucle. Pour une majorité de commentaires, l’UTMB s’habille en vert pour se donner bonne conscience, mais ne remet jamais en cause son modèle économique ultra-mondialisé. Plusieurs propositions simples émergent pourtant : organiser l’UTMB une année sur deux, réduire le nombre de participants, supprimer des courses satellites, ou encourager des circuits régionaux.
Mais rien de cela ne semble à l’ordre du jour. À la place, l’organisation semble multiplier les contraintes bureaucratiques et les taxes additionnelles.
« On respire, on respire… », ironise un commentateur, quand un autre conclut : « C’est devenu une usine à gaz, il te faut un master en logistique pour t’inscrire. »
En résumé, loin de faire l’unanimité, le « bonus mobilité » de l’UTMB 2026 cristallise les tensions entre un trail devenu industrie, et une communauté attachée à la simplicité, à l’équité et à la liberté.
Le virage écologique, s’il est sincère, semble mal exécuté. Et s’il est opportuniste, il ne fera que renforcer la fracture entre l’événement mythique du Mont-Blanc et les traileurs qui ne s’y reconnaissent plus.
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