Dans une campagne internationale, le traileur et skieur catalan s’engage contre les entreprises pétrolières qui financent les sports d’hiver.
Fini les demi-mesures. Kilian Jornet passe à l’action. Dans une story publiée ce lundi sur Instagram, il relaie une pétition internationale qui vise à interdire le sponsoring des compétitions de ski par les géants du pétrole et du gaz. Le message est fort : le ski ne peut pas continuer à se vendre à ceux qui détruisent les conditions de sa propre survie.
La campagne s’appelle “Ski Fossil Free”. Elle vise directement le Comité International Olympique (CIO) et la Fédération Internationale de Ski (FIS). Objectif : les forcer à enquêter sur les conséquences climatiques, sanitaires et éthiques de ces partenariats douteux. 20 000 signatures sont attendues avant juin 2026. Et Kilian appelle toute la communauté outdoor à signer.
ACHETER LE NOUVEAU LIVRE DE KILIAN JORNET
Alpes, au-delà des limites
ENI, Equinor : les noms qui dérangent
Derrière cette prise de position, il y a des cibles bien précises. ENI, multinationale italienne du pétrole, est partenaire officiel des Jeux Olympiques d’hiver de 2026. Son logo sera omniprésent à Milan et Cortina. Equinor, entreprise norvégienne, a parrainé les derniers Championnats du monde de ski à Trondheim. Plusieurs équipes nationales, dont des équipes juniors, sont également financées par des groupes fossiles.
Ces entreprises continuent, en 2026, d’investir massivement dans de nouveaux projets d’extraction. Elles ignorent délibérément les rapports scientifiques sur le climat, tout en se refaisant une image à coups de sponsoring sportif. Pour les signataires de la pétition, le ski est devenu complice malgré lui.
Kilian Jornet, voix forte d’un sport en crise
Avec cette campagne, Kilian Jornet ajoute une nouvelle pierre à son engagement environnemental. Déjà fondateur de sa propre fondation dédiée à la protection des montagnes, il prend ici une position publique sans ambiguïté contre l’industrie fossile, en s’attaquant à l’un de ses bastions : la montagne utilisée comme vitrine publicitaire.
Et il n’est pas seul. La pétition rassemble des dizaines de signataires de haut niveau. On y retrouve Emelie Forsberg, à la fois skieuse et traileuse, Alex Hall, champion olympique de freestyle, Markus Eder, figure incontournable du freeride, Gus Schumacher, récent vainqueur en Coupe du monde de ski de fond, Cody Townsend, connu pour son projet The Fifty, ou encore Mike Douglas, surnommé “le parrain” du freeski. Parmi eux, Fien Van Zwieten résume avec justesse le sens de leur engagement :
« Le ski existe parce qu’il y a de la neige. Et ces entreprises contribuent à faire disparaître la neige. Si on aime ce sport, on doit arrêter de faire sa pub à ceux qui le détruisent. »
Ce que demande la pétition relayée par Kilian Jornet
Ce que demande la pétition relayée par Kilian Jornet, ce n’est pas une révolution irréaliste, mais une démarche de bon sens. Les athlètes réclament que la FIS et le CIO publient un rapport d’enquête public avant l’hiver 2026-2027, afin de répondre à des questions essentielles : est-il éthique d’accepter de l’argent en provenance d’entreprises pétrolières ? Quel est l’impact environnemental réel de ces partenariats ? Quelles conséquences sanitaires peut-on attribuer à la promotion de ces produits ? Et surtout, quel rôle joue ce type de sponsoring dans la perception qu’a le public du changement climatique et de ceux qui le provoquent ?
Derrière cette démarche, il y a une volonté claire de confronter le monde du ski à ses propres contradictions. Peut-on encore se targuer de défendre l’environnement tout en déroulant le tapis rouge à ceux qui participent à sa destruction ? Peut-on sérieusement parler de sport durable lorsque des marques comme ENI ou Equinor s’affichent fièrement sur les dossards ?
Une bataille décisive pour les sports outdoor
Le ski est en train de vivre ce que le trail vivra bientôt, si rien ne change. En montagne, les saisons raccourcissent, les sols se dérobent, les ressources en eau s’épuisent. Accepter l’argent de ceux qui aggravent cette crise, c’est vendre l’avenir contre une visibilité à court terme.
Kilian Jornet veut forcer les grandes instances à se regarder dans le miroir. Et à choisir leur camp.
Ce combat ne concerne pas que les skieurs professionnels. Il touche toute la communauté outdoor, tous ceux qui courent, grimpent, skient ou bivouaquent. Il nous rappelle que nos sports sont directement menacés, et qu’on ne peut plus détourner le regard.
La pétition Ski Fossil Free est ouverte à toutes et tous. Il faut renseigner son nom, son email, son pays, et accepter que sa signature figure dans la lettre qui sera envoyée au CIO et à la FIS. Le but est clair : faire masse, faire pression, faire changer les règles.
🔗 Signer la pétition (lien à insérer sur ton site ou story Instagram)






