Les crampons en trail au Québec : un luxe ou une nécessité ? L’hiver 2025-2026 remet la question au centre des discussions
Aujourd’hui je suis sorti pour une petite course. Dehors, j’enfile mes crampons et je reçois quelques regards de travers. Comme si j’exagérais, comme si c’était too much pour une simple sortie en sentier.
Je vois souvent la question passer sur les réseaux sociaux : est-ce que je dois vraiment apporter mes crampons pour courir en trail au Québec ? Aujourd’hui, avec l’hiver qu’on vit, je veux aborder la question de front.
L’hiver 2026 : un cocktail parfait pour la glace
L’hiver est arrivé en force au Québec cette année avec de gros froids et beaucoup de neige. Mais rendu aux Fêtes, la température s’est réchauffée, faisant fondre la neige le jour avant que tout regèle la nuit. La même situation s’est répétée début janvier : un redoux a frappé le sud de la province, mettant un fond d’eau partout, suivi le lendemain d’un retour des températures sous zéro.
Résultat ? Quand je sors de chez moi, c’est un risque de chute assuré. Une vraie patinoire. C’est la joie des grimpeurs sur glace, mais l’inverse total pour les coureurs. Ce début d’hiver qui annonce une magnifique saison pour les amateurs de grimpe rend les sentiers beaucoup plus dangereux pour ceux qui veulent juste aller courir.
Si les rues et les stationnements sont glacés, c’est la même réalité sur les sentiers. Un beau fond de glace recouvert d’un peu de neige qui cache les plaques les plus traîtresses.
Les crampons, obligatoires selon moi
Alors les crampons ? Selon moi, ils devraient être obligatoires. Point final. Ça mène à des sorties sur des sentiers extrêmement glissants et ça augmente énormément le risque de chute, de blessure et de détruire ta saison de course avant même qu’elle soit commencée.
J’entends déjà les excuses. J’aime pas courir avec des crampons. Je suis trop bon pour avoir besoin de crampons. J’ai jamais tombé sans crampons avant. Des excuses, c’est toujours facile à trouver. Mais la réalité, c’est que je n’ai pas encore rencontré de coureur ninja qui avait le pied si léger qu’il ne glissait pas sur la glace.
Une solution simple existe
Personnellement, j’enfile souvent des microcrampons. On les sent presque pas et on évite le risque de blessure sur les sentiers. C’est pas compliqué, c’est pas lourd, et ça peut littéralement sauver ta saison.
Oui, ça coûte quelques dizaines de dollars. Oui, il faut prendre deux secondes pour les enfiler. Mais entre ça et passer six semaines sur le divan avec une cheville foulée ou pire, le choix me semble assez évident.
L’hiver au Québec, c’est magnifique pour courir en sentier. Mais faut être réaliste : avec les cycles de gel-dégel qu’on connaît de plus en plus, les conditions peuvent devenir dangereuses rapidement. Les crampons, c’est pas une question de fierté ou de niveau. C’est juste du gros bon sens.
Alors la prochaine fois que quelqu’un te regarde de travers parce que tu enfiles tes crampons, rappelle-toi que c’est toi qui vas finir ta course debout. Pas lui.
Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier
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