Kilian Jornet de retour UTMB : on lui pardonne TOUT, même ses contradictions écologiques ?
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Le retour de Kilian Jornet sur l’UTMB pour ce mois d’août 2026 fait grand bruit dans le monde du sport, et plus particulièrement du trail, depuis son annonce hier. Il y a d’un côté l’admiration pour le sportif au palmarès de légende, et d’un autre côté ses prises de position qui interrogent. Le grand public est dans une sorte d’ambivalence à propos de Jornet qui n’est pas toujours aisée à justifier. Et si finalement on regardait les événements avec le mauvais angle ?
C’est peut-être justement en prenant un peu de recul qu’on comprend d’où vient cette gêne.
La déception Kilian Jornet
L’UTMB, temple du runner CSP+
On ne peut pas nier qu’il y a quelque chose de décevant à voir que Kilian Jornet retourne sur l’UTMB.
L’UTMB, c’est l’illustration même de cette dérive du trail qui devient un sport de plus en plus accessible uniquement au CSP+. Le matériel, les dossards, les Running Stones, les nouvelles technologies incessantes comme cette Fenix 9 qui sera vraisemblablement annoncée lors de l’UTMB 2026, tout cela a transformé ce sport nature en un marché lucratif où les sportifs ont parfois le sentiment d’être fortement sollicités financièrement.
C’était vraisemblablement une évolution prévisible dans un monde capitaliste. Mais on a le droit aussi de le regretter comme l’a fait à plusieurs reprises Kilian Jornet.
Kilian Jornet, vraiment écolo ?
Il n’a d’ailleurs pas manqué, dans un mail privé devenu public au début 2024, de critiquer la politique de l’UTMB au travers de ce qu’il estimait être un manque d’engagement écologique, ou le naming avec Dacia.
Ça, ce sont les prises de position de Jornet. On est en droit de les partager ou non. Lui, il en a fait un de ses principaux canaux de communication. Tout ce que Jornet dit ou fait passe par le prisme de l’écologie, du respect de la nature, de son engagement vers un trail plus durable.
C’est bien pourquoi certains de ses choix peuvent paraître discutables. Son bilan carbone (11T en 2025), partagé chaque début d’année sur son compte officiel, est bien au-delà de ce que visent les recommandations internationales à long terme pour le commun des citoyens.
Mais après tout, cela, on veut bien lui pardonner. On veut bien pardonner à un athlète international que ses engagements sportifs lui fassent faire deux trajets transatlantiques dans l’année.
Ce qu’on lui pardonne, c’est de vouloir revenir à l’UTMB, enterrant la hache de guerre avec l’organisation, alors que cette dernière n’a en pratique pas profondément modifié son fonctionnement depuis la fameuse lettre de Jornet et Miller.
Un retour à l’UTMB pour le business ?
Que Jornet soit perfectible dans ses actes, c’est une chose. On est tous imparfaits, et on n’a pas la prétention de l’être. Que certains y voient une forme d’inconstance, c’est plus décevant. Il y a forcément des raisons derrière, comme la volonté de mettre en avant sa marque NNormal qui bénéficierait d’un triple coup de projecteur incroyable s’il venait à gagner les trois courses emblématiques qu’il a annoncées.
Mais cet engagement auprès de l’UTMB, même s’il affirme que l’UTMB a évolué, pourrait laisser des marques à long terme sur sa crédibilité en tant qu’homme engagé auprès de la nature. Les mesures écologiques comme le Bonus mobilité lors du tirage au sort continuent d’ailleurs à diviser une partie de la communauté.
Mais qu’est-ce que pèse sa crédibilité environnementale face à son aura de sportif ?
Le GOAT du trail, on lui pardonne tout ?
Qui, aujourd’hui, peut enchaîner sur un même été des courses au profil si différents que la Western States, Sierre-Zinal et enfin l’UTMB ? Ils ne sont pas nombreux, et Kilian Jornet fait évidemment partie de ceux-là.
Un enchaînement déjà légendaire

Sa présence sur les trois courses, c’est le pari qu’il fait dès ce mois de février pour l’été prochain. C’est un défi sportif très différent de Alpine Connections ou de State of Elevation. Et pourtant, cet enchaînement est faisable pour quiconque s’appelle Kilian Jornet. Il y a d’un côté la course de vitesse dans les canyons brûlants de la Western, il y a le dénivelé infernal de Sierre-Zinal, et il y a les cols alpins de l’UTMB.
Enfin la course de tous les champions ?
Mais si l’on est si enthousiaste au retour de Jornet, c’est surtout parce qu’il va permettre d’élever le plateau de ces trois courses, et en particulier l’UTMB, à un niveau peut-être jamais vu encore. Kilian avait délaissé les dossards ces dernières années au profit de ses engagements estivaux. Il reste sur son statut de GOAT, sur sa position de roi indétrônable. En remettant en jeu sa couronne, tout le monde va vouloir le faire tomber de son piédestal. La jeune génération veut se faire un nom sur son nom. On pense aussi à Mathieu Blanchard qui va vouloir prendre sa revanche sur le fameux UTMB 2022 !
Si, habituellement, l’UTMB réunit le gratin de la course à pied, tout en comptant toujours quelques noms d’absents, il y en aura beaucoup moins cette année, c’est sûr !

Là où on s’enthousiasme aussi tout particulièrement pour ce retour, c’est pour pouvoir suivre le retour à la compétition de Jornet. On ne parle pas là des trois courses, mais des quelques mois d’entraînement qui lui restent pour redevenir un compétiteur hors norme. Ces trois courses ne vont bien évidemment pas se préparer comme ces défis estivaux. Même s’il y avait établi des records de vitesse, ce n’est pas comparable à une course avec des compétiteurs.
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