Ce n’est pas une mince affaire, finir en quatrième position dans l’une des compétitions les plus prestigieuses du circuit international de trail.
En effet, c’est précisément ce que Geneviève Asselin-Demers a réalisé sur le parcours de 81 kilomètres de la Transgrancanaria, aux îles Canaries, avec un temps de 9 heures et 59 minutes et plus de 4 300 mètres de dénivelé positif à son actif.
Une course pensée, pas subie.
Ce qui ressort du compte rendu de la Québécoise, c’est avant tout la lucidité avec laquelle elle a abordé la course. Adoptant une approche délibérément conservatrice, optant pour une stratégie patiente et ne prenant l’initiative qu’une fois le sommet du Roque Nublo derrière elle. Elle est consciente qu’elle se classe cinquième à Tejeda, au 35e kilomètre. Les sensations sont présentes. Elle choisit d’avancer le plan plus tôt que prévu. L’écart se renforce.
Ce n’est pas la course d’une athlète qui se laisse emporter par l’adrénaline du départ. C’est la course de quelqu’un qui sait exactement ce qu’elle fait et pourquoi.
Les conditions, pour leur part, n’étaient pas un cadeau. Pluie sur 25 kilomètres, temps froid, terrain boueux, vents violents. Une descente de Cruz de Tejeda a été entravée par une chute, les shorts ont été tachés pendant quatre heures. Cependant, ce que beaucoup ignoraient initialement, c’est qu’Asselin-Demers avait déjà subi une blessure au genou lors de l’un de ses derniers entraînements sur l’île, quelques jours avant la compétition. Elle s’est élancée malgré cette douleur, consciente que celle-ci se ferait sentir lors des descentes, un terrain qui lui est habituellement favorable. Elle a serré les dents, modifié son allure et mis tout ce qu’elle avait jusqu’à la ligne d’arrivée, grappillant encore quelques places lors du dernier segment.
Quatrième place au finish, au pied du podium sur une course de calibre mondial.
Une saison 2025 qui parlait déjà fort pour Geneviève Asselin-Demers
Ce résultat ne sort pas de nulle part. La saison 2025 d’Asselin-Demers avait déjà montré qu’elle jouait dans la cour des grandes. Troisième au Desert RATS Trail Running Festival 110K, quatrième au Swiss Canyon Ultra Trail 111K, cinquième au Québec Méga-Trail 135K. Et surtout, une sélection pour représenter le Canada sur le 80 kilomètres Long Trail aux Championnats du monde de trail et de montagne en Espagne. Ce n’est pas le type de palmarès qu’on bâtit par hasard.
Ce que ce top 5 représente pour le Québec et pour Geneviève Asselin-Demers
La Transgrancanaria, c’est la troisième course de la World Trail Majors Series, derrière le Hong Kong 100 et le Black Canyon Ultra en Arizona. On ne se retrouve pas dans le top 5 de ce genre d’événement en se présentant à moitié préparé. Le plateau féminin était international, le parcours exigeant, et les conditions cette année particulièrement éprouvantes.
Geneviève n’était d’ailleurs pas la seule Canadienne à se distinguer ce week-end. La néo-brunswickoise Kelsey Hogan terminait sixième sur les 126 kilomètres, et l’Ontarienne Stephanie Case septième sur la même distance, elle qui avait signé une victoire remarquée à l’Ultra-Trail Snowdonia en 2025 après un retour post-partum impressionnant.
Le Canada, et le Québec en particulier, commence à peser dans les grandes courses internationales de trail. Geneviève le prouve une fois de plus à Gran Canaria.
La saison 2026 vient à peine de commencer.
Et de son propre aveu, elle a déjà faim pour la suite.
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Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier





