Garmin n’a pas présenté de nouvelle montre dédiée au diabète. La marque n’a pas annoncé de partenariat médical, ni promis de remplacer les dispositifs de mesure du glucose existants. Pourtant, un brevet déposé début février 2026 suffit à relancer le débat. Dans ce document technique, Garmin décrit une méthode permettant d’estimer l’hémoglobine glyquée, le fameux HbA1c, à l’aide d’un capteur optique déjà présent dans ses montres. Le sujet est sensible, car le HbA1c est un marqueur central dans le suivi du diabète. Il reflète l’équilibre glycémique moyen sur plusieurs semaines et sert de référence lors des bilans médicaux. Imaginer qu’une montre puisse suivre une tendance comparable, même de manière indicative, ouvre des perspectives qui dépassent largement le cadre du sport. Avant toute chose, il convient de clarifier le contexte.
Ce que prévoit réellement la technologie décrite par Garmin
Le brevet s’appuie sur le capteur PPG, pour photopléthysmographie, déjà utilisé pour mesurer la fréquence cardiaque et l’oxygénation sanguine. Ce système envoie de la lumière dans les tissus du poignet et analyse la lumière réfléchie afin d’en déduire certaines caractéristiques physiologiques. Garmin envisage d’exploiter plusieurs longueurs d’onde pour distinguer différentes formes d’hémoglobine, dont l’hémoglobine glyquée. Il ne s’agirait pas d’afficher un taux de glucose instantané comparable à celui fourni par un capteur sous-cutané. Le principe décrit repose sur l’analyse de variations relatives et sur l’identification de tendances dans le temps. Autrement dit, la montre ne donnerait pas un chiffre médical précis, mais pourrait signaler une évolution cohérente avec une amélioration ou une dégradation de l’équilibre glycémique. Cette distinction est essentielle, car elle conditionne la portée réelle de l’innovation.
En quoi cela pourrait aider les personnes diabétiques
Le suivi du diabète repose aujourd’hui sur des mesures quotidiennes de glucose et sur des contrôles périodiques du HbA1c par analyse sanguine. Entre deux bilans, il n’existe pas toujours d’indicateur global synthétique facilement accessible. Si une montre était capable de détecter des tendances compatibles avec l’évolution du HbA1c, elle pourrait offrir un repère supplémentaire. Un tel outil ne remplacerait ni les capteurs de glucose ni les examens médicaux. En revanche, il pourrait permettre d’observer des variations progressives liées au mode de vie, à l’activité physique, au stress ou à la qualité du sommeil. Pour une personne diabétique active, le fait de relier ces paramètres à une tendance métabolique globale constituerait un complément d’information potentiellement utile. L’intérêt résiderait dans la continuité. La montre est portée au quotidien. Elle collecte déjà des données sur l’activité, la récupération, la fréquence cardiaque. Intégrer un indicateur métabolique, même approximatif, permettrait de contextualiser ces informations dans une perspective plus large de santé.
Un outil de sensibilisation plutôt qu’un instrument de diagnostic
La prudence reste cependant indispensable. La mesure optique au poignet est soumise à des contraintes techniques importantes. Les signaux lumineux sont influencés par la température, la perfusion sanguine, les mouvements ou encore la pigmentation de la peau. La fiabilité d’une estimation indirecte du HbA1c devra être démontrée si la technologie devait un jour être commercialisée. Dans ce contexte, la valeur d’un tel système ne résiderait pas dans la précision absolue, mais dans la détection d’évolutions inhabituelles. Une dérive progressive pourrait inciter l’utilisateur à effectuer un contrôle médical ou à adapter son hygiène de vie en concertation avec un professionnel de santé. La montre deviendrait alors un outil d’alerte et de sensibilisation, non un dispositif thérapeutique.
Une convergence entre innovation sportive et santé publique
Il est probable que la recherche initiale soit motivée par la compréhension du métabolisme énergétique chez les sportifs. Pourtant, l’histoire des technologies portables montre que les usages dépassent rapidement leur cible d’origine. La fréquence cardiaque au poignet était conçue pour les coureurs ; elle est aujourd’hui utilisée comme indicateur de santé cardiovasculaire grand public. Le suivi du sommeil, d’abord pensé pour optimiser la récupération, s’est imposé comme outil de prévention du stress et de la fatigue chronique. Le suivi du HbA1c pourrait s’inscrire dans cette même dynamique. Dans un contexte de progression du diabète de type 2 et d’attention croissante portée à la santé métabolique, une solution non invasive intégrée à un objet du quotidien susciterait un intérêt bien au-delà des seuls sportifs.
En résumé, Garmin n’a pas vraiment lancé de montre pour diabétiques.
La marque n’a pas présenté de solution médicale certifiée. Elle a déposé un brevet qui explore la possibilité d’estimer des tendances liées au HbA1c grâce à un capteur optique. Si cette technologie aboutissait, elle pourrait offrir aux personnes diabétiques un outil complémentaire de suivi des évolutions métaboliques, intégré dans un appareil déjà porté chaque jour. Elle ne remplacerait pas les dispositifs médicaux existants, mais pourrait enrichir la compréhension globale de l’équilibre glycémique. Derrière un document technique se dessine ainsi une perspective plus large : celle d’une montre connectée qui ne se contente plus de mesurer l’effort, mais qui s’intéresse de plus près à la santé métabolique.
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