Elles ont enchaîné les podiums, marqué les esprits, incarné la résilience. Mais depuis quelque temps, leur absence se fait remarquer. Moins présentes sur les grands rendez-vous, blessées, en retrait volontaire ou contraintes, elles interrogent : que deviennent ces figures du trail qui semblaient indéboulonnables ?
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Quand les corps fatiguent pour les élites du trail, que reste-t-il ?
Claire Bannwarth : le coup d’arrêt brutal
Elle devait prendre le départ de la Montane Winter Spine Race 2026. Elle ne l’a pas fait. Non pas par choix ou stratégie, mais parce que son corps ne suit plus. Blessée depuis fin 2024, Claire Bannwarth accumule les galères physiques et morales : tendinite tibiale, rechutes, traitements, déprime, perte d’emploi. Une chute aussi vertigineuse que son ascension avait été impressionnante.
Et aujourd’hui, même si elle parle de revenir sur des courses comme la Diagonale des Fous ou le 360° The Challenge, c’est sans ambition de performance. Sa saison 2026 est déjà pensée comme une pause. Mais dans ce sport, les pauses peuvent coûter cher.
Courtney Dauwalter : le premier vrai coup de frein
L’icône américaine a marqué l’histoire du trail avec ses triplés (UTMB, Hardrock, Western States), ses sourires et ses courses dantesques. Mais en 2025, la machine s’est grippée : abandon en milieu de saison, contre-performance à l’UTMB, premières incertitudes sérieuses à 40 ans.
Courtney n’a rien perdu de son aura, mais le doute est permis. Peut-on continuer à dominer quand le corps commence à ralentir ?
François D’Haene : la fracture invisible
Lui aussi a tout gagné. UTMB, Diagonale, Hardrock, Tor des Géants. Mais depuis sa fracture à la cheville fin 2022, François n’est plus le même. Il a certes signé une belle victoire au Tor 2024, mais l’UTMB 2025 s’est terminé pour lui avant l’aube. Son corps envoie des signaux. Et à 41 ans, les signaux sont souvent des ultimatums.
Casquette Verte : le forcing perpétuel
Toujours présent, toujours drôle, toujours obsessionnel. Mais en 2024, Casquette Verte a enchaîné blessures et désillusions. Revenu tardivement sur la Diag’ puis le Kullamannen, il a couru avec une fracture. Son programme 2026 est dense, son moral intact. Mais les doutes planent : combien de temps un corps peut-il encaisser ce rythme ?
Le moment où tout bascule pour ces élites du trail
Blessure, âge, mental ? Il y a toujours un instant, imperceptible sur le moment, où un athlète passe de « en pleine possession de ses moyens » à « en train de décrocher ». Et ce moment ne prévient pas. Il s’impose, souvent après une blessure, parfois après un burn-out silencieux. L’ultra-trail, plus que tout autre sport, confronte les corps à l’usure lente et aux décisions impossibles.
Peut-on revenir ?
Oui, parfois. Mais rarement au même niveau. Le corps d’avant n’est plus celui d’après. Le tendon cicatrise, mais l’allure ne revient pas. Le mental est là, mais les appuis ne suivent plus. Alors il faut faire autrement : moins de volume, moins de dossards, plus de lucidité. Et parfois, accepter de ne pas revenir.
Claire, Courtney, François, Casquette… Tous ont encore de beaux jours devant eux. Mais plus aucun n’est invincible. Et c’est peut-être là qu’ils deviendront les plus inspirants.





