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🎧 À deux jours du départ de la Diagonale des Fous 2026, un détail du parcours attire l’attention : dans le cirque de Mafate, les participants doivent emprunter un passage à gué pour franchir la rivière des Galets.
Cette traversée n’a rien d’un choix destiné à rendre la course plus spectaculaire. Elle répond à une demande de l’Office national des forêts, qui considère que deux passerelles présentes sur le secteur sont devenues trop dangereuses pour être empruntées dans le cadre de l’épreuve.
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Diagonale des Fous 2026 : deux passerelles trop vieillissantes pour laisser passer les coureurs
La Diagonale des Fous est déjà réputée pour ses sentiers vertigineux, ses descentes particulièrement techniques et ses 180 kilomètres à parcourir à travers les reliefs réunionnais. Mais pour l’édition 2026, les organisateurs doivent aussi composer avec un problème beaucoup plus concret : l’état des infrastructures situées sur le parcours.
Dans une enquête publiée le 11 octobre par Libération, Eric de Penanros, référent sentier à l’Office national des forêts (ONF), explique que ses services ont demandé à l’organisation d’éviter deux passerelles dangereuses dans le cirque de Mafate.
La solution retenue consiste à faire passer les participants en dessous de ces ouvrages, directement à gué dans la rivière des Galets.
Autrement dit, plutôt que d’emprunter les passerelles, les traileurs devront franchir le cours d’eau à pied.
Cette disposition illustre les contraintes auxquelles les organisateurs sont confrontés lorsqu’ils dessinent un parcours emprunté par plusieurs milliers de participants.
À ce stade, les informations publiées ne précisent toutefois ni la profondeur de l’eau, ni les modalités exactes de sécurisation de cette traversée.
Pourquoi l’ONF préfère faire passer les traileurs dans la rivière
À première vue, laisser des coureurs traverser une rivière plutôt qu’une passerelle pourrait paraître paradoxal. Pourtant, la sécurité d’un itinéraire de trail ne se juge pas seulement en fonction de son apparence ou des difficultés qu’il présente pour un randonneur ordinaire.
Sur la Diagonale des Fous, les participants enchaînent les kilomètres, parfois pendant deux nuits consécutives, avec une fatigue musculaire et nerveuse qui peut considérablement modifier leurs capacités de déplacement.
L’ONF rappelle d’ailleurs que certains passages parfaitement praticables en randonnée deviennent beaucoup plus délicats lorsqu’ils sont empruntés de nuit par des coureurs ayant déjà plus de 100 kilomètres dans les jambes.
C’est précisément cette différence qui explique la vigilance des autorités chargées de valider les sentiers.
Une passerelle dangereuyse peut soulever des questions de sécurité lorsqu’elle doit être empruntée par un flux important de sportifs. Pour autant, un passage à gué présente lui aussi des contraintes : pierres glissantes, appuis instables ou variations du niveau de l’eau.
Tout dépend donc des conditions du moment et des mesures mises en place pour encadrer les traversées.
Il serait prématuré d’en déduire que les coureurs vont devoir affronter une rivière profonde ou un courant particulièrement violent. Aucun élément de l’enquête ne permet de l’affirmer.
Une traversée à gué qui s’ajoute aux difficultés de Mafate
Le cirque de Mafate représente l’un des passages les plus emblématiques de la Diagonale des Fous. Accessible essentiellement par les sentiers ou par les airs, ce territoire impose déjà aux participants une progression particulièrement exigeante.
Le problème ne tient pas uniquement au dénivelé. Les traileurs doivent négocier des portions rocheuses, des racines, des descentes cassantes et de nombreux changements de rythme.
Dans ces conditions, une traversée de rivière constitue une difficulté supplémentaire à gérer, même lorsqu’elle est relativement courte.
Des chaussures mouillées peuvent notamment modifier les sensations d’appui et favoriser les frottements, tandis que des pierres immergées peuvent rendre la progression plus hésitante.
Pour les coureurs qui évolueront dans Mafate après plusieurs dizaines d’heures d’effort, l’enjeu sera surtout de conserver leur lucidité et de respecter les indications de sécurité.
Le passage à gué rappelle ainsi une particularité essentielle de la Diagonale des Fous : sur cette épreuve, la difficulté ne se résume jamais à la distance affichée sur la montre GPS.
Des éboulements compliquent encore davantage le parcours 2026
La question des passerelles n’est qu’une partie des difficultés auxquelles l’organisation doit faire face cette année.
Le tracé 2026 a déjà été profondément remanié, notamment avec l’abandon du passage historique par Cilaos au profit d’un itinéraire traversant Salazie.
Mais d’autres événements sont venus compliquer sa préparation.
Le cyclone Garance, qui a frappé La Réunion en février 2025, a endommagé plusieurs sentiers. C’est notamment le cas de la descente du Colorado, à proximité de Saint-Denis, pour laquelle l’ONF a proposé une alternative par la Vigie.
Plus récemment, plusieurs éboulements ont touché des secteurs empruntés ou envisagés par la course.
Le 7 octobre, un nouvel éboulement s’est notamment produit au niveau de la Brèche, sur un sentier conduisant vers Mafate. Des opérations de sécurisation et de purge de la falaise ont alors été engagées.
À quelques jours du départ, ces événements rappellent à quel point le tracé d’un ultra-trail de montagne reste dépendant de l’état réel des sentiers.
Le site officiel du Grand Raid prévient d’ailleurs que le parcours peut encore évoluer pour des raisons administratives, pratiques ou liées à l’état du terrain.
La Diagonale des Fous doit aussi protéger les espaces naturels traversés
Au-delà de la sécurité, les organisateurs doivent respecter des contraintes environnementales particulièrement strictes.
La course traverse des espaces naturels qui abritent plusieurs espèces endémiques de La Réunion. Certains secteurs font donc l’objet de restrictions spécifiques.
Au cap Anglais, par exemple, des zones abritant des orchidées endémiques doivent être protégées par des rubalises afin d’éviter que les participants ne piétinent la végétation.
Dans d’autres secteurs, les ravitaillements sont également adaptés. À la caverne Dufour et au coteau Kerveguen, seuls des ravitaillements en eau sont prévus, sans distribution d’aliments solides, afin de limiter la présence de déchets susceptibles d’attirer les rats, prédateurs de certains oiseaux protégés.
Ces mesures témoignent des arbitrages permanents entre les exigences sportives d’une course internationale et la préservation d’un environnement particulièrement fragile.
En résumé, la Diagonale des Fous se prépare jusque dans les derniers jours
Le départ de la 34e édition sera donné jeudi 15 octobre à 22 heures, depuis la Ravine Blanche, à Saint-Pierre. Les participants devront parcourir environ 180 kilomètres et affronter plus de 10 000 mètres de dénivelé positif pour rejoindre le stade de la Redoute, à Saint-Denis.
Mais derrière ces chiffres impressionnants se cache une autre réalité : les organisateurs doivent faire homologuer, sécuriser et parfois modifier des dizaines de kilomètres de sentiers pour permettre le passage des coureurs.
Entre les passerelles dangereuses, les éboulements, les dégâts laissés par les cyclones et les obligations environnementales, préparer la Diagonale des Fous relève aussi d’un immense travail d’adaptation.
La traversée à gué de la rivière des Galets en est une illustration particulièrement parlante. Sur la Diagonale, les obstacles ne sont pas seulement ceux que la montagne impose naturellement : ce sont aussi ceux que l’état des infrastructures oblige à contourner.
Reste une exigence essentielle à deux jours du départ : que chaque passage retenu soit adapté aux conditions réelles rencontrées par les coureurs, et pas seulement au tracé prévu sur le papier.
Source
- Laurent Decloitre, « Diagonale des fous à la Réunion : le casse-tête d’un tracé qui zigzague entre enjeux environnementaux et sportifs », Libération, 11 octobre 2026.
- Informations complémentaires : Grand Raid de La Réunion, programme et parcours officiels 2026.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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