Les ultras-trail comme l’UTMB ou le Tor des Géants font rêver. Mais sans une préparation rigoureuse, ces rêves peuvent vite virer au cauchemar.
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Une illusion fréquente : sous-estimer le dénivelé d’un ultra-trail
On imagine souvent la ligne d’arrivée d’un ultra comme une délivrance proche, visible, presque atteignable. Mais entre le moment où l’on aperçoit Chamonix ou Courmayeur en contrebas et celui où l’on y pose enfin le pied, il peut se passer plus d’une heure de descente ininterrompue. Une descente qui détruit les cuisses, fracasse les pieds et laisse le mental au bord du chemin. Cette erreur est fréquente chez les coureurs qui découvrent l’ultra : ils n’ont pas encore mesuré ce que représente 10 000 m de D+, ni l’usure que le terrain alpin impose.
Respecter la montagne, c’est d’abord faire ses devoirs
Ceux qui enchaînent les ultras sans fondation solide paient souvent le prix fort. En trail longue distance, le corps encaisse bien plus qu’on ne l’imagine. Il ne s’agit pas simplement de finir un 100 km pour cocher une case sur Instagram. Il s’agit de le faire avec humilité, après avoir appris à grimper, à descendre, à gérer ses efforts, ses émotions, son matériel. Ce n’est pas en brûlant les étapes qu’on devient un traileur endurant. C’est en empilant les heures, les sorties longues, les stages d’altitude parfois, mais surtout en respectant le temps d’apprentissage que demande la montagne.
Le piège du toujours plus
Ce qui abîme aujourd’hui de nombreux coureurs, ce n’est pas l’ultra en soi. C’est la précipitation. Le culte du défi sans fondation. La recherche d’une médaille à tout prix. Or, courir un ultra, ce n’est pas juste courir longtemps. C’est encaisser, gérer, durer… parfois pendant 30 heures. Beaucoup veulent sauter les étapes : ils s’inscrivent à un 100 miles alors qu’ils n’ont jamais couru plus de 40 km en montagne. Le résultat ? Blessures, dégoût, ou dans le pire des cas, abandon qui entame la confiance pour longtemps.
Tous les traileurs expérimentés le disent : la préparation, c’est 80 % de la course. L’apprentissage, la patience, l’humilité, l’entraînement au dénivelé, la gestion du sommeil, de la nutrition… tout cela se construit. Ceux qui veulent aller trop vite vers les courses mythiques se brûlent les ailes. La montagne ne fait pas de cadeau, et chaque sommet conquis doit d’abord être mérité. En trail, la distance ne se négocie pas. Elle se respecte. Et ce respect passe par le travail invisible, les erreurs assumées, les leçons gravées dans les jambes.






