Kilian Jornet n’est pas qu’un coureur de l’extrême.
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Alpes, au-delà des limites
Il est aussi devenu, au fil des années, un véritable modèle pour le monde de l’entreprise. Capable d’enchaîner les sommets en autonomie, de survivre à une chute dans une crevasse sur l’Everest ou de réaliser en un mois un projet digne d’une vie, il incarne une forme d’équilibre rare entre ambition, résilience et humilité. C’est sans doute pour cela qu’il attire aujourd’hui l’attention de la presse économique américaine. Mais alors, que peuvent réellement apprendre les chefs d’entreprise d’un traileur ?
Kilian Jornet face au danger : gérer le risque : rester rationnel sous pression
Lorsqu’on chute de plus de cinquante mètres dans une crevasse sur les pentes de l’Everest, il est facile de paniquer. Pas Jornet. Il parle d’un temps qui ralentit, d’un cerveau qui se détache de l’émotion pour analyser la situation. « L’adrénaline monte, mais tu dois rester lucide. »
Cette capacité à prendre des décisions sous pression, sans jamais céder à l’urgence, est aussi celle qu’on exige d’un dirigeant. Anticiper, simuler les pires scénarios, s’assurer d’avoir les outils pour y faire face. C’est du risk management grandeur nature.
L’humilité selon Kilian Jornet : garder les pieds sur terre, même au sommet
Jornet l’avoue : « Quand on gagne tout, on se croit super fort. Puis on se surestime. » Pour lui, la victoire est un écueil autant qu’une réussite. Il s’efforce donc de rester humble, de garder une forme d’humilité active.
Côté business, c’est une compétence rare. Beaucoup de startups ou d’entreprises en croissance s’effondrent parce qu’elles se pensent invincibles. L’humilité de Kilian devient alors une stratégie : rester prudent, même quand tout va bien.
Quand Kilian Jornet renonce au sommet : accepter l’échec sans renier le projet
En 2023, sur l’Everest, il renonce au sommet. Une avalanche l’emporte dans une crevasse. Il survit. Et redescend. Sans même chercher à regrimper. Pour lui, le projet reste réussi : « Je crois que le « comment » est plus important que le « quoi ». »
En entreprise, ce regard change tout. Plutôt que de courir après l’objectif à tout prix, il valorise le chemin, les apprentissages, les expériences. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le process-driven mindset.
« States of Elevation », le projet fou de Jornet : l’énergie du projet personnel
States of Elevation. C’est son dernier défi. Trente et un jours, soixante-douze sommets de plus de quatorze mille pieds, trois mille deux cents kilomètres à vélo entre chaque ascension, et plus de quatre cent mille pieds de dénivelé cumulé. Le tout en autonomie.
Pas de sponsor omniprésent. Pas de discours marketing. Juste lui, sa vision, et un besoin profond de se confronter à ses propres limites. Beaucoup de dirigeants disent vouloir retrouver ce genre de projet : quelque chose qui a du sens, qui reconnecte avec leurs valeurs profondes.
Kilian Jornet et l’esprit d’équipe : savoir s’entourer intelligemment
Kilian a créé NNormal, sa propre marque. Mais il ne fait pas semblant : « Je suis bon sur les matériaux, pas sur le commercial. Il faut s’entourer de gens plus compétents que soi. »
En tant qu’entrepreneur, il incarne l’antithèse du CEO omniscient. Il reconnaît ses limites, il sait déléguer, il joue collectif. C’est là une des clés de la longévité dans les milieux très exigeants.
Entre peur et euphorie, trouver l’équilibre
« En montagne, les deux pires ennemis sont la peur et l’euphorie. » Cette phrase résume à elle seule une forme de sagesse. Trop de peur, on se bloque. Trop d’euphorie, on prend de mauvaises décisions.
Dans la vie d’une entreprise, c’est pareil. Les crises comme les périodes fastes peuvent faire perdre pied. La stabilité mentale est une qualité de leadership.
Une philosophie du mouvement lent et maîtrisé
Chez Jornet, rien ne se fait dans la précipitation. Même les projets les plus radicaux partent d’une réflexion lente, posée, itérative. Il parle de « bouger une pierre chaque jour ».
C’est une leçon pour les entrepreneurs dans un monde obsédé par la croissance rapide. Prendre le temps, construire solide, accepter que la transformation prenne du temps.
En résumé, Kilian Jornet inspire parce qu’il incarne un autre rapport au succès, à la difficulté, au travail.
Il montre que l’on peut être extrême sans être déconnecté, exigeant sans être brutal, ambitieux sans être arrogant.
Et c’est sans doute ce qui séduit autant de chefs d’entreprise : il leur rappelle qu’on peut réussir sans renier l’essentiel.
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