Dans certains articles récents consacrés à l’entraînement trail, une idée semble présentée comme une sorte de découverte : en montée, il faudrait marcher plutôt que courir.
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Pour les traileurs expérimentés, la réaction est souvent la même : mais… qui ne le savait pas déjà ?
Parce que marcher en montée est une évidence dans le trail depuis des années
Dans le monde du trail, la marche active en montée n’a rien d’une révolution. Elle fait partie de la stratégie de course depuis longtemps, en particulier sur les formats longs ou très montagneux.
Sur les ultras ou les trails alpins, il est tout simplement impossible de courir partout. Les pentes deviennent trop raides, le terrain trop technique, et le coût énergétique trop important.
Les meilleurs coureurs l’ont compris depuis longtemps. Des athlètes comme Kilian Jornet ou François D’Haene alternent régulièrement course et marche dans les montées les plus exigeantes. Non pas parce qu’ils sont fatigués, mais parce que c’est souvent la manière la plus efficace de progresser.
Parce que courir en montée peut coûter plus d’énergie que cela ne fait gagner de temps
L’erreur classique chez de nombreux coureurs consiste à vouloir courir coûte que coûte dans les montées. Le problème est simple : plus la pente augmente, plus le rendement diminue.
À partir d’un certain degré d’inclinaison, courir devient très coûteux sur le plan énergétique alors que la vitesse n’augmente quasiment pas. La marche rapide permet au contraire de stabiliser l’effort et d’éviter de faire exploser la fréquence cardiaque.
En marchant vite, le coureur maintient une progression efficace tout en économisant de l’énergie pour les sections roulantes ou les descentes.
Parce que la marche est devenue une vraie technique de trail
Contrairement à ce que certains imaginent, marcher en montée n’est pas un simple ralentissement. C’est une technique à part entière, qui se travaille à l’entraînement.
Les traileurs expérimentés développent une marche active, avec une cadence élevée et un engagement important des muscles postérieurs. Les ischios et les fessiers sont particulièrement sollicités, tandis que l’utilisation des bâtons permet de répartir l’effort sur le haut du corps.
Cette technique devient particulièrement importante sur les longues ascensions, où la gestion du rythme et de l’énergie peut faire la différence entre une course maîtrisée et un effondrement en fin d’épreuve.
Parce que l’alternance marche-course est au cœur de la stratégie en ultra
Sur les courses longues, l’objectif n’est pas de courir le plus possible. L’objectif est d’aller le plus vite possible… sur l’ensemble du parcours.
Cela signifie accepter d’adapter son allure au terrain. Marcher dans certaines montées permet de préserver les jambes et de rester capable de relancer lorsque la pente diminue.
Beaucoup de traileurs expérimentés utilisent même cette alternance comme un véritable outil de gestion de course, en décidant à l’avance à partir de quel pourcentage de pente ils passent systématiquement à la marche.
Parce que ce qui est évident pour les traileurs ne l’est pas toujours pour le grand public
Si certains articles présentent aujourd’hui la marche en montée comme une méthode d’entraînement, c’est peut-être aussi parce que le trail attire de plus en plus de nouveaux pratiquants.
Pour ceux qui viennent de la route, l’idée de marcher pendant une course peut sembler contre-intuitive. Sur marathon ou semi-marathon, marcher est souvent perçu comme un signe de fatigue ou d’échec.
En trail, la logique est différente. Marcher fait partie du jeu. Et dans certaines montées, c’est même la stratégie la plus efficace.
En résumé, en le trail, courir partout n’est ni possible ni toujours souhaitable.
Les meilleurs coureurs alternent naturellement course et marche pour gérer leur effort et optimiser leur progression sur terrain montagneux.
Pour les traileurs expérimentés, cette stratégie est connue depuis longtemps. Si elle revient aujourd’hui dans certains articles d’entraînement comme une “découverte”, c’est sans doute surtout parce que le trail continue d’attirer de nouveaux pratiquants qui découvrent progressivement les spécificités de cette discipline.
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