Son nom a fait irruption sur la scène mondiale du trail en 2025. Chris Myers, un Américain discret, est l’un des rares à avoir battu Kilian Jornet sur un ultra. Sa 2ᵉ place à la Western States 100, devant le Catalan, n’était pas un coup d’éclat isolé, mais l’aboutissement d’un projet. En 2026, il veut aller encore plus loin. Direction Chamonix, avec un seul objectif : réussir son premier UTMB.
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Chris Myers, de Los Angeles à Chamonix, via Auburn
Rien ne prédestinait vraiment Chris Myers à devenir l’un des meilleurs ultratraileurs américains. Installé à Los Angeles, il courait déjà sur les sentiers, mais loin des altitudes propices à l’endurance. En 2024, il prend une décision radicale : déménager à Boulder pour vivre, s’entraîner et respirer l’altitude. Rapidement, il décroche son Golden Ticket au Black Canyon 100K et commence à attirer l’attention.
Sa première Western States ne fait pas encore sensation, mais les chiffres parlent : son chrono aurait suffi à monter sur le podium lors de nombreuses éditions précédentes. Il comprend alors qu’il peut viser plus haut. En 2025, il revient plus fort, mieux préparé, plus stratégique. Résultat : 2ᵉ, juste derrière Caleb Olson, et devant un certain Kilian Jornet.
Comment Chris Myers a battu Kilian Jornet : constance, sang-froid et transitions éclair
Pas de discours triomphal, pas de “buzz” sur les réseaux. Chris Myers n’a jamais cherché à faire de sa 2ᵉ place à la Western States un coup d’éclat médiatique. Et pourtant, devancer Kilian Jornet dans une telle configuration n’est pas anodin. Il l’a fait sans bruit, avec une stratégie limpide et un mental solide.
“Je savais que si je ne craquais pas, je serais sur le podium.”
Tout au long des 160 km de la Western States 2025, Myers a appliqué une recette qu’il peaufine depuis des mois : ne pas s’enflammer, ne pas exploser, mais être présent du début à la fin, sans trou d’air. Son approche ne repose pas sur des accélérations foudroyantes, mais sur une régularité chirurgicale, presque mathématique.
L’un des secrets de sa performance tient en un chiffre : 11 minutes d’arrêt total aux ravitos. Soit à peine plus de 30 secondes par station. Là où d’autres perdent de précieuses minutes, lui enchaîne, fluide et concentré. Il le reconnaît lui-même : Kilian a peut-être couru plus vite, mais ses propres transitions plus rapides ont fait la différence.
Surtout, Chris Myers a couru avec une forme de peur maîtrisée. Tout au long de la course, il admet avoir plus pensé à l’homme derrière lui (Kilian) qu’à celui devant (Caleb Olson). Ce n’est qu’après l’arrivée qu’il réalise qu’il avait peut-être les moyens de jouer la victoire… Mais son choix de garder de la marge lui a permis de ne jamais exploser.
“Je voulais garder ma place. Si je tentais un coup, je pouvais tout perdre.”
En somme, il a battu Kilian non pas en tentant le diable, mais en refusant de jouer à Icare. Une stratégie prudente, efficace, construite pour durer. Et qui lui donne aujourd’hui la légitimité de viser les plus hauts sommets du trail mondial. Dont l’UTMB.
UTMB : apprendre des erreurs de 2025
Juste après sa Western States, Myers s’était aligné sur le CCC lors de la semaine UTMB 2025. Mauvais timing. Fatigué, usé, il explose rapidement dans la course.
“J’ai compris que je voulais vivre une vraie expérience à Chamonix, en étant frais, prêt, affûté.”
En 2026, il change tout. L’UTMB devient un projet à part entière. Il prévoit un long séjour en Europe, des semaines de repérage, du temps en altitude. Il envisage même un stage en Italie chez son coach Robbie Britton. Il ne veut plus arriver rincé : il veut jouer sa carte à fond.
Une préparation pensée pour les Alpes et pour remporter l’UTMB 2026
Le programme est clair :
- Pacing sur le Black Canyon 50K, puis participation au 50K.
- Fuji 100 au Japon comme répétition grandeur nature, avec nuit, montagne, isolement.
- Entraînement spécifique : travail avec bâtons, renforcement musculaire pour les descentes, ski de fond l’hiver pour simuler le trail alpin.
“Je suis habitué à courir sans bâtons. Cette fois, je veux vraiment m’entraîner à les utiliser.”
Une ambition mesurée mais réelle
Chris Myers ne prétend pas gagner l’UTMB dès sa première tentative. Il sait que les Américains y peinent souvent, comme les Européens peinent à briller à la Western States. Mais il veut apprendre vite, s’imprégner, comprendre les codes du trail alpin.
“C’est tellement différent… Je m’attends à prendre une leçon. Mais j’ai envie d’y aller, de comprendre ce qu’il faut.”
En ligne de mire : une alternance Western States / UTMB
Dans sa tête, le plan est plus vaste : alterner Western States et UTMB une année sur deux. D’un côté, le mythe californien rapide, chaud, roulant, qu’il maîtrise. De l’autre, la mythologie alpine, technique, stratégique, qu’il veut apprivoiser.
L’Américain construit patiemment une carrière transcontinentale. Il a fait tomber Kilian sur son terrain. Sera-t-il capable de briller en Europe à son tour ? Réponse fin août 2026, sur la ligne d’arrivée de Chamonix.
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