Alain Cayeux devant la justice : un influenceur jugé… pour des pratiques répandues dans le trail
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Alain Cayeux : le coach sans diplôme sera jugé pour travail dissimulé. Mais derrière son cas, c’est toute la zone grise des activités payantes en montagne qui refait surface.
Alain Cayeux : un influenceur surexposé face à la justice pour des pratiques généralisées
Mais ce que l’affaire révèle en creux, c’est une hypocrisie largement partagée.
Ce que fait Alain Cayeux, d’innombrables influenceurs du monde outdoor le font aussi, parfois avec bien plus d’audience, de moyens… et sans plus de cadre légal. Combien d’athlètes élites ou d’ambassadeurs proposent aujourd’hui des stages, des retraites ou des semaines d’entraînement sans jamais mentionner de brevet d’État, ni déclaration d’activité ? À bien des égards, il apparaît comme le premier visé pour une pratique qui semble largement répandue, sans pour autant faire l’objet de contrôles équivalents.
Une zone grise dans le sport que personne ne veut réguler
Chez uTrail, ce sujet n’est pas nouveau. Depuis des années, nous alertons sur la confusion entre coach, entraîneur, accompagnateur, influenceur, ambassadeur. La frontière est floue, les formations sont inégales, et la réglementation peine à suivre l’explosion du coaching de loisir sur Instagram. À l’heure où chaque athlète, chaque coureur populaire peut vendre ses conseils, ses plans, son accompagnement, la question du cadre légal devient centrale… mais personne ne semble vouloir l’ouvrir franchement.
Alain Cayeux n’est donc pas un cas isolé.
Il ne s’agit pas ici de réclamer plus de normes, ni de jeter l’opprobre sur les athlètes élites ou les influenceurs du monde outdoor.
Beaucoup partagent leur passion avec sincérité, transmettent leur expérience avec bienveillance, et jouent un rôle positif dans la démocratisation de la pratique. Le but n’est pas de tout encadrer ou de brider les initiatives individuelles, mais de poser une question de fond : comment garantir la sécurité, la transparence et l’équité dans un univers où la frontière entre loisir, accompagnement et activité commerciale devient floue ? L’affaire Cayeux repose cette question sans y répondre — et c’est précisément pour cela qu’elle mérite d’être débattue avec nuance
Alain Cayeux, sa surexposition sur les réseaux sociaux attire la foudre
Ses bains nus dans les lacs, ses feux sur la plage, ses voyages en Syrie ou en Afghanistan : tout est documenté sur ses réseaux. Il n’a jamais rien caché. Mais cette transparence radicale, alliée à une esthétique parfois perçue comme naïve ou extrême, lui a valu de nombreux détracteurs. Une page parodique, moqueuse, dont certains contenus ont été perçus par l’intéressé comme diffamatoires ou malveillants, a même vu le jour. Et depuis sa garde à vue début janvier, l’acharnement numérique s’est emballé. Alain Cayeux dit vivre une « vague de harcèlement et de diffamation », au point de refuser aujourd’hui toute déclaration publique.
Mais là encore, il faut prendre du recul. Ce n’est pas parce qu’un homme dérange qu’il faut l’abattre. Ce n’est pas parce qu’il ne rentre pas dans toutes les cases du conformisme qu’il doit devenir le bouc émissaire d’un écosystème entier.
En résumé, la justice doit faire son travail.
Mais dans cette affaire, Alain Cayeux semble surtout cristalliser les contradictions d’un monde outdoor qui a laissé faire, trop longtemps. Un monde où des athlètes élites vendent des plans sans diplôme. Où des influenceurs organisent des séjours en montagne sans formation en sécurité. Où la ligne entre partage d’expérience et activité commerciale reste volontairement floue.
Le 19 mars, Alain Cayeux ne sera pas jugé pour ses idées, ni pour son mode de vie. Mais il portera malgré lui, sur ses épaules, toute l’ambiguïté d’un système où la popularité est devenue une monnaie… et où l’absence de cadre n’a jamais empêché le business.
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Il s’inscrit dans une démarche d’intérêt général portant sur la régulation du coaching et des activités sportives encadrées en pleine nature, notamment dans le milieu du trail et de l’outdoor.
L’auteur de cet article ne connaît pas personnellement Alain Cayeux, ne lui a jamais parlé, et n’a jamais été en contact direct avec lui. À ce jour, l’intéressé n’a jamais fait la promotion de ses stages, coachings ou activités sur les supports de uTrail, ni n’a collaboré de quelque manière que ce soit avec notre média.
Nous rappelons que toute personne est présumée innocente tant qu’elle n’a pas été jugée. Cet article ne remet en aucun cas en cause le travail de la justice, ni la légitimité des poursuites engagées. Il propose une analyse contextualisée d’un fait d’actualité, dans le respect de la loi et du débat public.





