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đ§ UTMB 2026 : amputĂ© tibial, Julien Veysseyre finisher en 44 h 16
Julien Veysseyre est allĂ© au bout de lâUTMB 2026. AmputĂ© de la jambe droite sous le genou depuis un accident survenu Ă lâĂąge de 18 ans, le Français a franchi la ligne dâarrivĂ©e Ă Chamonix aprĂšs 44 h 16 dâeffort. Une performance annoncĂ©e comme une premiĂšre pour un athlĂšte amputĂ© tibial sur lâĂ©preuve reine de lâUTMB Mont-Blanc.
Il fallait dĂ©jĂ parcourir environ 174 kilomĂštres et avaler prĂšs de 10 000 mĂštres de dĂ©nivelĂ© positif autour du massif du Mont-Blanc. Pour Julien Veysseyre, la difficultĂ© sâest doublĂ©e de la gestion dâune prothĂšse pendant prĂšs de deux jours de course.
Ă lâarrivĂ©e, il termine 1475e au classement gĂ©nĂ©ral et 236e de sa catĂ©gorie, en 44 h 16.



Julien Veysseyre devient le premier amputĂ© tibial finisher de lâUTMB
Lâhistoire sportive de Julien Veysseyre commence bien avant Chamonix.
Victime dâun accident du travail Ă 18 ans, il est amputĂ© de la jambe droite sous le genou. Le sport prend progressivement une place majeure dans sa reconstruction avant de lâamener vers les disciplines dâendurance.
En 2023, il devient notamment champion du monde de para cross-triathlon, une discipline mĂȘlant natation, VTT et trail. Il se tourne ensuite plus franchement vers la course en montagne et lâultra-endurance.
Son objectif devient alors particuliĂšrement ambitieux : terminer lâUTMB.
Son UTMB a pourtant failli sâarrĂȘter trĂšs tĂŽt
La performance prend une autre dimension lorsquâon regarde le dĂ©roulement de sa course.
Julien Veysseyre raconte avoir effectué les trente premiers kilomÚtres avec Thibaut Baronian, qui faisait partie de ses guides. DÚs Courmayeur, pourtant, ses sensations sont mauvaises : jambes lourdes et absence de bonnes sensations.
Les difficultés deviennent beaucoup plus sérieuses autour du 60e kilomÚtre.
Une douleur apparaĂźt au niveau du releveur de sa jambe valide. Ă cela sâajoute une gĂȘne dans la prothĂšse. Ă ce moment-lĂ , Julien Veysseyre explique avoir sĂ©rieusement envisagĂ© lâabandon.
Un changement dâemboĂźture pour continuer
Son équipe cherche alors une solution permettant de poursuivre.
DiffĂ©rents ajustements sont rĂ©alisĂ©s et Julien dispose de plusieurs configurations pour sa prothĂšse. Un changement dâemboĂźture permet notamment de rĂ©duire la pression exercĂ©e sur la zone douloureuse.
La douleur reste présente, mais il parvient à repartir.
Il poursuit ensuite sa progression avec une Ă©quipe de cinq guides qui se relaient Ă ses cĂŽtĂ©s tout au long de lâUTMB : Thibaut Baronian, Alice Denuc, Dorian Treboux, David Faure et Patrick Leick. Son frĂšre, Baptiste Veysseyre, fait Ă©galement partie du dispositif en qualitĂ© de remplaçant. Leur rĂŽle dĂ©passe le simple accompagnement : ils doivent notamment transporter une prothĂšse de rechange et sâadapter en permanence aux difficultĂ©s rencontrĂ©es par Julien sur le terrain.
DerriÚre les 44 heures, plusieurs années de préparation
Cette arrivĂ©e nâest pas le rĂ©sultat dâun dĂ©fi improvisĂ©.
Julien Veysseyre avait dĂ©jĂ participĂ© Ă la CCC en 2025, sur une distance dâenviron 100 kilomĂštres. Cette expĂ©rience lui avait notamment permis de travailler la gestion de son effort et du matĂ©riel sur une longue Ă©preuve en montagne.
Sa saison 2026 avait ensuite Ă©tĂ© construite comme une montĂ©e progressive vers lâUTMB.
Fin avril, il boucle notamment le 50 km du Grand Raid Ventoux en 7 h 04, avant de participer au Marathon-eXperience puis au Marathon du Mont-Blanc.
Fin mars 2026, il avait également quitté ses fonctions dans les ressources humaines pour se consacrer pleinement à sa préparation sportive et à son activité de conférencier.
Une performance qui montre aussi toute la violence physique de lâultra-trail
Au-delĂ de la dimension symbolique liĂ©e au handicap, son rĂ©cit rappelle surtout ce que reprĂ©sente concrĂštement un UTMB aprĂšs quarante heures dâeffort.
Ă lâarrivĂ©e, Julien Veysseyre dĂ©crit un corps extrĂȘmement Ă©prouvĂ©, au point de ne presque plus parvenir Ă avancer normalement. MalgrĂ© les douleurs accumulĂ©es, le mouvement continue pourtant kilomĂštre aprĂšs kilomĂštre.
Câest probablement lĂ que sa performance rejoint celle de tous les finishers de trĂšs longue distance : lâultra-trail finit par devenir une gestion permanente de la fatigue, de la douleur, du matĂ©riel et de la capacitĂ© Ă continuer lorsque la course ne ressemble plus vraiment Ă ce qui avait Ă©tĂ© imaginĂ© au dĂ©part.
Pour lui, cette dimension a Ă©tĂ© encore renforcĂ©e par la nĂ©cessitĂ© dâadapter sa prothĂšse pendant lâĂ©preuve.
LâarrivĂ©e Ă Chamonix comme aboutissement
AprĂšs plusieurs annĂ©es de prĂ©paration, Julien Veysseyre a finalement rejoint la ligne dâarrivĂ©e de Chamonix dans une ambiance quâil dit ne pas avoir anticipĂ©e.
Tout au long du parcours, il raconte avoir entendu de nombreux spectateurs l’encourager et appeler son prĂ©nom.
Ă lâarrivĂ©e, le sentiment dominant est celui du soulagement : celui de voir aboutir un projet construit pendant deux Ă trois ans et dont la rĂ©ussite est longtemps restĂ©e incertaine.
Son UTMB 2026 restera donc moins comme une simple histoire de chrono que comme une dĂ©monstration trĂšs concrĂšte de ce que demande lâultra-trail : 174 kilomĂštres, environ 10 000 mĂštres de dĂ©nivelĂ© positif, plusieurs dizaines dâheures dehors et, dans son cas, la nĂ©cessitĂ© de trouver en pleine course des solutions techniques pour simplement pouvoir continuer Ă avancer.
Et au bout : 44 h 16 et une arrivĂ©e Ă Chamonix qui entre dans lâhistoire de lâUTMB.
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