Il faut croire que l’année ne peut pas se dérouler sans couac durant les championnats de France. Après le trail, c’est le championnat de France de marathon, qui s’est déroulé ce matin en Gironde,
Il a vu la victoire sans appel de Morhad Amdouni, victoire prévisible au regard de son palmarès et de sa domination de la discipline en France. Mais ce qui interroge les observateurs du monde de la course à pied, c’est la question de son dossard, tenu à la main, et du rôle de la FFA sur cette question.
La polémique du dossard de Amdouni
Le règlement à l’épreuve des faits
Voilà tout simplement ce que dit le règlement de la Fédération française d’athlétisme à propos du port du dossard : “Pour les compétitions sur route du 5km au Marathon, de Cross-country, le port du dossard fixé sur la poitrine est obligatoire
(fixé par 4 épingles ou par tout autre moyen).”
Toutefois, on a vu Amdouni franchir la ligne en tenant le dossard contre sa poitrine après l’avoir tenu à la main sur une grosse partie de la course. Si on applique au sens strict le règlement, sa victoire devrait être invalidée puisque l’on ne peut pas dire, à part avec un peu de mauvaise foi, que plaquer son dossard 20 mètres avant la ligne d’arrivée soit une façon de le fixer.
Et les commentaires vont bon train. Entre ceux qui demandent la disqualification immédiate, ceux qui comprennent que les aimants ne sont pas toujours un système fiable, et ceux qui vouent une passion à Amdouni en étant prêt à tout lui pardonner, les débats ne sont pas sereins.
L’interprétation du règlement
L’organisation de la course, quant à elle, n’y a pas vu de raison claire de priver le vainqueur de son titre et de sa performance. Il faut reconnaître, quand on regarde sur le sujet sans passion, qu’il n’y avait aucun doute sur le caractère accidentel du décroché de dossard, et que Amdouni n’est pas arrivé sur la course de façon irrégulière. Bien au contraire, il en était le favori avant le départ !
D’ailleurs, une prise de décision inverse, à savoir disqualifier le coureur pour une faute qui n’est pas de son ressort, aurait pu être considérée comme de l’acharnement. Morhad Amdouni est un coureur habitué des polémiques entre les suspicions de dopage il y a quelques années, son attitude avec les gobelets au marathon de Tokyo, et surtout sa récente condamnation pour violences et viols sur sa femme.
Une fois le départ lancé, Amdouni ne mérite pas d’être considéré différemment des autres sportifs. C’est avant la course qu’il aurait fallu se poser la question, pas une fois la ligne de départ franchie.
Pourquoi cette polémique sur le dossard
La lecture du règlement de la Fédération française d’athlétisme encadre très strictement le port du dossard, ainsi que les éléments le constituant. Et il était donc hors des clous aujourd’hui. Mais il y a la lettre, et l’esprit de la lettre. Aujourd’hui, on est dans un cas où la polémique à son encontre n’est pas nécessaire.
C’est plutôt vers la Fédération française d’athlétisme qu’il faudrait tourner les regards. Le règlement pourrait très bien clarifier la situation, afin de ne laisser aucun doute. Quand un coureur est accompagné pendant 42 km par des caméras, que chaque faits et gestes sont scrutés, il n’y a pas de doute à avoir sur la validité de la participation.
Le règlement devrait imposer ce que Amdouni a lui-même fait, à savoir plaquer son dossard sur soi au moment de franchir la ligne d’arrivée s’il s’est détaché en cours de route.
Enfin, les ceintures porte-dossards sont interdites pour les courses de type 5km, 10 km, semi ou marathon alors que les courses de type trail ou trail y ont le droit. Pourquoi ne pas lever cette interdiction et s’offrir une solution plus efficace ?
Les équipementiers mettent des fortune dans la R&D, les chaussures de courses valent un mois de course pour une famille entière, et l’on est encore à porter sur soi une feuille de papier maintenue par 4 épingles à nourrice ou des aimants publicitaires comme ceux de votre frigo. Vraiment, des efforts pourraient être faits.
Un règlement doit-il s’appliquer à la lettre ? Disons que pour certaines personnes, on aimerait. Mais ce n’est pas sportif, et pas dans l’esprit du règlement. Amdouni a donc légitimement gagné le marathon des 2 rives et devient bien le champion de France marathon pour cette année 2026.
Mais c’est encore une fois sur le même coureur que tombe la polémique tandis que chez les femmes, on est une fois de plus en admiration devant Anaïs Quemener, chouchou du public pour tant de raisons valables !





