Alors que le Marathon de Paris 2026 multiplie les initiatives autour de l’écologie, une nouvelle opération suscite des réactions. Cette fois, il ne s’agit pas des ravitaillements ou des bidons, mais des dossards.
À l’arrivée, les coureurs auront le choix : conserver leur dossard en souvenir… ou le déposer dans des bacs de recyclage mis en place avec Garnier, dans le cadre d’un partenariat avec le WWF France. L’objectif affiché est clair : donner une seconde vie à ces objets emblématiques de la course, tout en inscrivant l’événement dans une démarche plus responsable.
Sur le papier, l’initiative est simple, presque évidente. Mais replacée dans le contexte global du Marathon de Paris 2026, elle prend une autre dimension. Car elle intervient au moment où d’autres décisions, notamment sur l’hydratation, ont déjà suscité de nombreuses réactions.
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“Là on est dans le greenwashing poussé à l’extrême” : des réactions très critiques
C’est une phrase qui revient de manière récurrente dans les commentaires.
“Là on est dans le greenwashing poussé à l’extrême quand même !” écrit un internaute.
Au-delà de la formule, c’est une perception qui s’installe progressivement. Pour une partie des coureurs, le décalage entre le discours écologique et la réalité vécue sur le terrain devient difficile à ignorer.
D’autres commentaires expriment cette même idée, mais avec davantage de recul ou d’ironie :
“L’année prochaine, pour être écolo, plus de dossard 🤷♂️”
ou encore
“C’est beau l’escrologie 🤣”.
Ces réactions peuvent prêter à sourire, mais elles traduisent surtout une forme de lassitude face à ce qui est perçu comme une accumulation de messages environnementaux, parfois déconnectés de l’expérience concrète de la course.
Le dossard, un objet symbolique difficile à “recycler”
Dans ce débat, la question du dossard dépasse largement sa simple matérialité. Pour beaucoup de coureurs, il ne s’agit pas d’un objet quelconque, mais d’un souvenir tangible, souvent conservé pendant des années.
“Un souvenir de mes 42,195 km que je garde avec plaisir 😀” explique un participant.
“Cela fait 30 ans que je les garde.”
Ce rapport affectif est central. Le dossard matérialise l’effort, la préparation, parfois une première expérience ou un objectif personnel atteint. Dans ces conditions, proposer de le recycler peut apparaître, pour certains, comme une incompréhension de ce qu’il représente réellement.
Mais ce point, aussi important soit-il, n’est qu’une partie du problème.
Une critique qui dépasse largement le dossard
Très rapidement, les discussions glissent vers des enjeux plus larges.
“Un stand aussi pour recycler les milliers de litres d’eau que vous allez gaspiller sur la route ?”
Ce type de remarque met en lumière un élément essentiel : la question de l’échelle. Le Marathon de Paris, avec ses 50 000 participants, repose sur une logistique lourde, notamment en matière d’hydratation, de sécurité et d’organisation générale.
Dans ce contexte, le recyclage des dossards apparaît comme un geste utile, mais relativement marginal. Et c’est précisément ce contraste qui alimente le sentiment de décalage.
Une hiérarchie des priorités qui interroge
Ce que beaucoup de coureurs expriment, parfois sans le formuler directement, c’est une impression de déséquilibre.
Les initiatives les plus visibles, les plus faciles à comprendre et à valoriser, occupent une place importante dans la communication. À l’inverse, les enjeux plus complexes, plus structurels, restent moins lisibles pour le grand public.
Le parallèle avec le recyclage des bouteilles d’eau revient régulièrement : recycler est une bonne chose, mais cela ne règle pas le problème à la source. Appliqué au Marathon de Paris, ce raisonnement prend tout son sens. Le recyclage du dossard donne une valeur symbolique à l’action individuelle, mais il ne répond pas aux questions plus larges que posent l’organisation d’un événement de cette ampleur.
Entre démarche environnementale et perception de “greenwashing”
Il serait toutefois réducteur de considérer cette initiative comme inutile. Sensibiliser les coureurs, proposer des alternatives et encourager des pratiques plus responsables participent d’une évolution nécessaire.
Mais cette démarche devient plus difficile à accepter lorsqu’elle donne le sentiment de se substituer à des réflexions plus profondes, ou de masquer des sujets plus structurants.
C’est dans cet écart entre l’intention et la perception que naît, progressivement, l’accusation de “greenwashing”.
En résumé, recycler les dossards n’est pas le problème.
Sur le fond, l’idée est cohérente et s’inscrit dans une logique environnementale compréhensible.
Mais replacée dans le contexte global du Marathon de Paris 2026, elle agit surtout comme un révélateur. Ce qui est questionné ici, ce n’est pas le geste en lui-même, mais le contraste qu’il met en lumière avec des enjeux jugés beaucoup plus importants par une partie des coureurs.
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