La presse généraliste lui consacre désormais régulièrement des articles.
En quelques mois, Théo Détienne s’est installé au centre de l’actualité trail, au point de dépasser le public des seuls spécialistes. Il y a bien sûr un socle sportif, avec une victoire qui compte dans le calendrier français, celle du 90 km du Mont-Blanc, et un épisode marquant à l’UTMB 2025, où il a mené les premiers kilomètres avant un abandon très commenté. Mais l’engouement autour du personnage raconte autre chose : l’état du trail en France, ses attentes, et la manière dont la notoriété se fabrique désormais, entre performance, récit et réseaux.
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Analyse du succès médiatique de Théo Détienne
Théo Détienne perce dans les médias car il arrive au bon moment dans le trail français
Théo Détienne ne doit pas la hype qui l’entoure à ses performances sportives, somme toutes encore moyenne. On n’a pas là un Xavier Thévenard qui va remporter tous les formats de l’UTMB. On a un moustachu qui fait des beaux visuels et des belles vidéos sur Instagram, porté par “la marque des influenceurs”, Brooks.
Mais surtout, Théo Détienne arrive au bon moment, et même dans un moment très particulier du trail français. On est en 2026 : la discipline a atteint sa maturité. La pratique est massive, le matériel est partout, le niveau est dense, et les médias généralistes s’y intéressent plus qu’avant. Malgré ça, le trail peine à produire une figure masculine évidente, capable de durer et de faire rêver au-delà des initiés. Dans ce vide, le moindre profil “racontable” prend une place énorme.
Théo Détienne perce car il a une victoire qui parle à tout le monde, et un épisode UTMB qui nourrit le récit
La hype autour de Théo Détienne tient à un détail très concret : il a un résultat que tout le monde comprend. Le 90 km du Mont-Blanc, c’est un nom qui parle, une course identifiée, un décor qui fait vendre une histoire tout seul. Pour la presse généraliste, c’est parfait : une preuve simple, immédiate, sans explication technique.
Cette victoire ne prouve pas qu’il est déjà au niveau des monstres mondiaux de l’ultra. Elle prouve qu’il est “racontable”. Et en 2026, être racontable, c’est souvent le premier étage de la fusée.
L’UTMB fait le reste. Cette course transforme des coureurs en personnages, parfois même plus vite qu’elle ne transforme des favoris en vainqueurs. Quand un athlète se montre devant, même temporairement, il devient un sujet. Et quand ça se termine par un abandon, ça devient une histoire. Dans l’ultra, l’abandon n’efface pas tout : il peut amplifier. Il laisse une trace, crée une tension, et installe une promesse de suite.
Théo Détienne perce parce qu’il a choisi la voie “influence” plutôt que la voie “athlète encadré”
Dans le trail, il existe aujourd’hui deux chemins pour exister. Le chemin classique, c’est celui du coureur encadré : un staff, un plan, une progression, et des résultats construits sur plusieurs saisons. L’autre chemin, c’est celui de l’athlète-média : une narration permanente, des images, des vidéos, des stories, et une présence continue entre deux dossards. Théo Détienne a clairement choisi le second.
Son départ de New Balance est révélateur. Sur le papier, c’était une structure capable de l’installer dans une logique “pro performance”, avec une organisation et des relais qui auraient pu l’amener vers une trajectoire plus traditionnelle. Il a préféré couper et reprendre la main sur son image. Et derrière, il s’est entouré d’un agent d’influence, dans une logique beaucoup plus moderne : créer une marque personnelle, contrôler le récit, transformer chaque bloc d’entraînement et chaque course en contenu.
Ce choix ne dit pas qu’il ne veut pas être performant. Il dit surtout qu’il a compris l’époque. En 2026, un traileur peut devenir très visible sans attendre d’être le meilleur du monde. Il suffit d’être présent tous les jours, de produire des images qui accrochent, de raconter une histoire, d’assumer un ton, et de créer une relation directe avec le public. C’est exactement ce que font d’autres profils gérés dans les mêmes cercles : Clemquicourt, Mathieu Blanchard, Ludo Pommeret, et même des figures “satellites” comme la diététicienne Nouchka Simic, qui occupent les réseaux au quotidien.
Théo Détienne perce parce que le trail est entré dans une logique de “bankabilité”, et que Brooks sait jouer ce jeu
Dans le trail, on a longtemps fait semblant que seul le chrono comptait. Ce n’est plus vrai. Les marques ne cherchent pas uniquement un coureur fort. Elles cherchent un coureur qui “porte” quelque chose. Un visage. Un ton. Une communauté. Une capacité à faire parler, à faire adhérer, à faire cliquer.
Et c’est là que Brooks entre dans le tableau. La marque a une image très compatible avec ces codes de visibilité. Elle sait travailler des profils qui racontent, qui se montrent, qui deviennent des vecteurs. Du coup, l’athlète n’est plus seulement évalué sur son niveau. Il est évalué sur sa capacité à exister. C’est un fait. Pas un jugement moral.
Théo Détienne perce parce qu’il est “identifiable” : le public s’attache à une trajectoire, pas seulement à un classement
Le trail est un sport d’amateurs très investis. Des gens qui s’entraînent, qui se projettent, qui aiment comparer, qui aiment comprendre. Ils ne suivent pas seulement des performances. Ils suivent des trajectoires. Un athlète “identifiable”, c’est un athlète dont on comprend vite le style, le caractère, les intentions, les choix.
Ce type de profil crée de l’attachement, même quand le palmarès n’est pas encore celui d’un monstre mondial. Parce qu’il donne une impression de proximité. Parce qu’il met des mots, des images, un ton, là où d’autres restent discrets. Et dans une époque saturée de contenu, la discrétion se paye en invisibilité.
En résumé, la médiatisation de Théo Détienne, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour le trail ?
La question revient souvent, mais elle part parfois sur une fausse piste : juger moralement la personnalité, la com’, le style, le côté clivant. Ce n’est pas le sujet. Le vrai sujet, c’est le vide. La nature a horreur du vide, et le trail français aussi. Tant qu’aucune figure masculine ne s’impose durablement au sommet mondial, le sport va remplir l’espace autrement : avec des profils visibles, “bankables”, capables de fabriquer du récit et de parler au grand public.
Ce n’est ni bien ni mal. C’est une phase. Une transition. En attendant “la” star qui fera l’unanimité, comme Courtney Dauwalter a pu le faire chez les femmes, le trail a besoin de visages qui attirent l’attention, créent du débat et donnent envie de s’y intéresser. Théo Détienne joue ce rôle, volontairement ou non. Et c’est aussi pour ça qu’on parle autant de lui.
Sources
article d’Ouest-France signé Kévin Guisnel, publié le 4 février 2026, sur la trajectoire et la stratégie de communication de Théo Détienne ; éléments factuels de ton introduction concernant sa victoire sur le 90 km du Mont-Blanc et son scénario à l’UTMB 2025.





