Yukon Arctic Ultra 2026 — Derniers kilomètres : Paul Clément vers l’aboutissement
La Yukon Arctic Ultra 2026 entre dans sa phase finale.
Après plus de sept jours d’effort continu, ils ne sont plus que cinq coureurs à pied et un cycliste encore en course sur le format 600 km. La sélection s’est opérée progressivement, par accumulation de fatigue, de contraintes matérielles et de décisions difficiles.
En tête, Paul Clément a franchi le checkpoint de Quiet Lake au kilomètre 547, au terme d’une section particulièrement éprouvante. Dix-sept heures d’effort, soixante-cinq kilomètres parcourus et près de vingt centimètres de neige fraîche ont marqué cette traversée. À l’arrivée, une priorité : manger, récupérer, dormir avant d’aborder les cent derniers kilomètres.
Une fin de parcours sous contrainte
Les derniers jours ont été marqués par des conditions changeantes. Chutes de neige, humidité persistante, sections partiellement dégradées, températures fluctuantes : la progression est restée irrégulière, exigeant une adaptation permanente.
Dans ce contexte, atteindre Quiet Lake représentait une étape majeure. Ce point marque l’entrée dans la dernière ligne droite, mais aussi un moment critique pour l’organisme. La fatigue accumulée devient dominante. Les marges de récupération se réduisent. Chaque erreur de gestion peut se payer cher.
Paul Clément a choisi d’y marquer une pause de qualité afin de préserver ses capacités pour la fin du parcours.
Un peloton réduit à l’essentiel
Derrière lui, la course se poursuit entre quatre coureurs encore engagés à pied :
Jan Rohrberg,
Yasmin Stoderreger,
Maxime Bachelot,
Magdalena Paschke.
À ces cinq marcheurs s’ajoute encore un cycliste, Thomas Miller, seul représentant du format vélo toujours en course.
Ce groupe réduit reflète la dureté de l’épreuve. Sur tous les partants, seuls quelques profils parviennent à maintenir une organisation fonctionnelle jusqu’à ce stade.
Une arrivée qui se dessine dans les prochaines heures
À partir de Quiet Lake, il reste environ cent kilomètres à parcourir. Depuis le départ, Paul Clément évolue sur une moyenne comprise entre cinq et six kilomètres par heure, malgré des conditions souvent difficiles. À ce rythme, le temps de déplacement pur se situe entre dix-sept et vingt heures.
En tenant compte des pauses nécessaires pour s’alimenter, ajuster le matériel et récupérer brièvement, la fenêtre d’arrivée la plus réaliste se situe entre vingt et vingt-quatre heures après son départ de Quiet Lake. Cette estimation place une arrivée possible dans la soirée ou la nuit locales, soit dans la nuit prochaine ou en début de matinée en France.
À ce stade de la course, l’enjeu n’est plus d’optimiser chaque minute, mais de maintenir une progression régulière, sans rupture, afin de préserver l’équilibre construit depuis plusieurs jours.
Paul Clément face à la dernière gestion
Depuis l’abandon de Guillaume Grima, Paul Clément évolue en tête sans rival direct immédiat. Cette situation modifie la nature de sa course. L’enjeu est désormais centré sur la continuité et la stabilité.
Ses derniers messages montrent un coureur lucide, concentré sur les fondamentaux : alimentation, sommeil, récupération, relance progressive. Après plus de 175 heures de course, la priorité devient la préservation des ressources.
Le dernier tiers du parcours reste exigeant. La fatigue neuromusculaire, les microtraumatismes et la baisse de vigilance constituent les principaux facteurs de risque.
Cette édition 2026 aura été marquée par une intensité élevée dès les premiers jours, par des stratégies engagées, par un duel prolongé entre Clément et Grima, puis par une sélection progressive.
Les derniers cent kilomètres
Pour Paul Clément, les cent derniers kilomètres représentent désormais l’objectif central. Ils devront être abordés avec lucidité, sans précipitation, en maintenant les routines qui ont fait sa solidité depuis le départ.
A noter
Derrière, la lutte pour le podium reste ouverte. Rohrberg, Stoderreger et Bachelot évoluent dans un périmètre encore compatible avec des changements de classement, à condition de préserver leur capacité à avancer.
La Yukon Arctic Ultra touche à sa conclusion. Elle continue de se jouer dans le silence des forêts, sur des pistes enneigées, loin des regards, portée par quelques athlètes encore capables de durer.
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Auteur : Alban Grivel, des montagnes et des sciences





