Paul Clément : la surprise française en tête du Yukon Arctic Ultra 2026
Après plus de 35 heures de course en autonomie totale dans le Grand Nord canadien, un coureur français inconnu du grand public s’illustre en tête du Yukon Arctic Ultra 2026. Paul Clément, 36 ans, originaire de Clichy (Hauts-de-Seine), figure parmi les meneurs de cette épreuve extrême de 645 km pour 11 700 m de D+ – un format hors norme qui fait de cette course l’une des plus dures au monde. Au coude-à-coude avec son compatriote Guillaume Grima, il a atteint le checkpoint de Quiet Lake (km 150) après un effort quasi ininterrompu et occupe l’une des deux premières places provisoires, avec plus de 30 kilomètres d’avance sur ses plus proches poursuivants. Cette performance exceptionnelle fait de Paul Clément la surprise française de l’édition 2026, lui qui était jusqu’alors un traileur encore peu connu.
PUBLICITÉ – VOTRE ÉQUIPEMENT TRAIL EST AUSSI SUR AMAZON
chaussures de trail Salomon Speedcross

chaussures de trail Salomon Speedcross
Qui est le trailer français Paul Clément, portrait biographie
Paul Clément n’est pas un athlète professionnel, mais un passionné de trail au profil atypique. Âgé de 36 ans, il vit à Clichy en région parisienne – bien loin des massifs montagneux – et mène sa carrière sportive en parallèle d’une vie professionnelle classique. Ce coureur amateur s’est pourtant forgé en quelques années un solide palmarès dans l’ultra-trail, gravissant rapidement les échelons de la discipline. Après des débuts discrets, il s’est lancé dès 2024 sur des épreuves mythiques du circuit mondial, affichant une progression remarquable.
Clément se distingue par une approche méthodique de l’entraînement et une grande détermination. Conseillé par un coach (Jean-François Pinon) et suivi médicalement par un spécialiste du sport, il a construit sa condition physique avec sérieux. Son ascension dans le monde de l’ultra a été fulgurante : en l’espace de deux ans, il est passé du statut d’inconnu à celui de finisher de courses légendaires, au point de s’aligner aujourd’hui tout en haut du classement d’une épreuve polaire extrême. Cette capacité à jongler entre vie professionnelle et ultras témoigne d’une passion et d’une discipline exemplaires, propres aux meilleurs traileurs amateurs.
Palmarès de Paul Clément, ses résultats marquants : UTMB, Diagonale des Fous, Templiers…
Malgré son statut de nouveau venu sur le devant de la scène, Paul Clément affiche déjà quelques performances de choix dans des courses renommées :
- UTMB Mont-Blanc 2024 (171 km) : 109ᵉ / 1760 en 27h41’
- Grand Raid de La Réunion 2024 – Diagonale des Fous (175 km) : 47ᵉ / 2013 en 33h38’
- Grand Trail des Templiers 2025 (80 km) : 103ᵉ / 2414 en 9h09’
- 90 km du Mont-Blanc 2025 (90 km) : 117ᵉ / 689 en 15h50’
- Maxi-Race d’Annecy 2024 (93 km) : 41ᵉ / 838 en 11h49’
Ces résultats, auxquels s’ajoutent des participations à des courses variées (Sierre-Zinal 2024, Wildstrubel 50k 2025, Montagn’Hard 2024, etc.), illustrent la progression rapide de Paul Clément. En l’espace de deux saisons, il a accumulé de l’expérience sur des terrains très divers – sentiers techniques de La Réunion, haute altitude alpine, boue des Causses aveyronnaises – ce qui lui a forgé un solide bagage d’ultra-traileur. Son indice de performance UTMB® avoisine d’ailleurs les ~700 points, témoignage chiffré de son niveau déjà confirmé. Néanmoins, il restait jusqu’ici en retrait médiatiquement, aucun podium majeur à son actif. Le Yukon Arctic Ultra 2026 est donc l’occasion pour lui de révéler son potentiel au grand jour.
Un équipement taillé pour le grand froid sur la Yukon Arctic Ultra
S’élancer sur 645 km par –40 °C exige un matériel irréprochable. Paul Clément l’a bien compris : il a préparé avec soin chaque élément de son équipement pour le Yukon Arctic Ultra, misant sur la fiabilité et la légèreté. La veille du départ, il a d’ailleurs partagé une photo de son matériel fin prêt, étalé au sol : pulka (traîneau) rouge numérotée 611, duvet grand froid, vêtements techniques, raquettes, nourriture lyophilisée et barres énergétiques, etc. Tout est prêt et optimisé, car en milieu polaire, la moindre défaillance de matériel peut être fatale.
Clément a pu s’appuyer sur des partenariats techniques pour peaufiner son setup. La marque française Millet (basée à Annecy) l’équipe en textile et en matériel de montagne, un atout lorsque l’on doit repenser chaque vêtement pour le combiner chaleur, endurance et poids. Côté nutrition, il est soutenu par Baouw, spécialiste de l’alimentation sportive bio, dont les barres énergétiques et purées lui apportent les calories nécessaires à l’effort prolongé dans le froid. Pour les pieds, Paul fait confiance aux chaussures hivernales de Scarpa, adaptées à la neige et aux très basses températures (modèle doté de membrane Gore-Tex et semelle cramponnable, assurant adhérence et isolation). L’ensemble de son matériel de bivouac – duvet grand froid, matelas isolant, réchaud – vise à lui permettre de survivre en autonomie dans la nature glaciale du Yukon.
Un élément crucial de sa réussite actuelle est le poids réduit de sa pulka.

Paul a relevé le pari audacieux de partir le plus léger possible : son traîneau chargé ne pèse qu’environ 22 kg, quand d’autres concurrents tirent 28 à 30 kg de matériel. Cette différence de ~8 kg représente un avantage énorme dans la neige molle du parcours : chaque kilo en moins évite de s’enfoncer davantage et économise de l’énergie sur des dizaines d’heures. Cet allègement est le fruit d’un travail préparatoire méticuleux et de choix stratégiques assumés (prendre le strict minimum de rechange, optimiser la nourriture, éliminer tout superflu) qui portent visiblement leurs fruits. Voyager léger sur une telle distance est un pari risqué – il ne faut rien oublier d’indispensable – mais Paul Clément démontre qu’un équipement bien pensé peut faire la différence en termes de performance.
Stratégie de course : régularité, repos minimal et adaptation
Si Paul Clément figure en tête de course, c’est autant grâce à son mental et sa constance qu’à sa condition physique. Dès le départ, le trio de tête mené par Guillaume Grima, avec Paul Clément et Maxime Bachelot, a adopté un rythme soutenu d’environ 5 km/h, tout en réduisant les arrêts au strict nécessaire. Ensemble, ils ont décidé de ne pas faire de véritable pause sommeil dans les premières 35 heures, hormis des arrêts très brefs d’environ une heure aux postes de ravitaillement pour se réapprovisionner. « Leur stratégie semble claire : ne pas prendre de pause », rapportait-on après 19 heures de course. Cette dynamique leur a permis de creuser un écart conséquent, au prix d’une fatigue qu’il faudra gérer.
Paul Clément a choisi de suivre cette stratégie ambitieuse, tout en misant sur une gestion fine de son allure et de son effort.

Il évite soigneusement tout emballement : son rythme reste homogène, sans variations brutales, ce qui prévient les coups de pompe et limite le besoin de longs repos. Malgré la durée de l’effort, il parvient à maintenir un fonctionnement régulier là où d’autres s’arrêtent davantage, preuve d’une excellente tolérance à l’effort prolongé et à la privation de sommeil. Cette capacité à enchaîner plus de 35 heures de course avec un sommeil minimal est un facteur déterminant de sa présence en tête.
Bien sûr, une telle stratégie comporte des risques. Sur plus de 600 km, sacrifier le sommeil trop tôt peut entraîner ralentissements, erreurs ou perte de lucidité. Paul en est conscient et devra probablement s’octroyer des pauses plus longues aux checkpoints suivants pour tenir jusqu’au bout. L’enjeu sera de trouver le bon dosage : dormir juste ce qu’il faut pour récupérer sans briser la dynamique acquise.
Parallèlement, Paul fait preuve d’une grande adaptabilité aux conditions. Le terrain et la météo évoluent sans cesse dans le Yukon. La neige abondante au départ l’a contraint à chausser les raquettes, qu’il a ensuite retirées lorsque le sol est devenu plus porteur après Brooks Brook. Et contrairement aux années précédentes, les températures relativement douces (–5 à –10 °C) obligent à gérer la transpiration et les changements de vêtements avec vigilance pour éviter les coups de froid. Hydratation, alimentation, soin des pieds (changer souvent de chaussettes pour éviter les gelures) font partie intégrante de sa gestion d’effort dans cet environnement extrême.
Jusqu’ici, la combinaison gagnante de Paul Clément – équipement allégé, rythme constant, gestion prudente du sommeil – lui permet de s’imposer dans les premières positions de la Yukon Arctic Ultra 2026. Son avance, construite heure après heure, témoigne d’une préparation rigoureuse et d’une exécution sans faute. Il reste encore près de 500 km à parcourir, et rien n’est jamais acquis dans une telle aventure. Mais une chose est certaine : Paul Clément s’impose comme l’outsider français de l’extrême, prêt à aller jusqu’au bout de lui-même.
Sources
- Live tracking Yukon Arctic Ultra 2026
- Instagram officiel de Paul Clément (@paulc)
- Page UTMB Index
- Page résultats Diagonale des Fous / UTMB 2024 / Marathon du Mont-Blanc / Templiers 2025
- Stories Instagram Yukon Arctic Ultra / Paul Clément
- Interview de Paul Clément (pré-Yukon) via Jean-François Pinon
- Équipe matériel : Millet Mountain, Baouw, Scarpa France
Lire aussi
- Yukon Arctic Ultra en direct : Guillaume Grima toujours en tête avec Paul Clément
- EN DIRECT : 9 abandons dont le favori Thierry Corbarieu sur la Yukon Arctic Ultra
- Yukon Arctic Ultra : les trois Français de tête font le pari de ne pas dormir
- Live : comment suivre la Yukon Arctic Ultra en direct depuis la France





