La Yukon Arctic Ultra est l’une des courses les plus extrêmes au monde. Chaque hiver, une poignée de coureurs s’élancent à pied, en ski ou à vélo sur plusieurs centaines de kilomètres à travers le Grand Nord canadien, par des températures pouvant descendre jusqu’à –40 °C.
Le tracé suit généralement la route historique de la Yukon Quest, une ancienne course de chiens de traîneau, et impose aux athlètes une autonomie presque totale. En 2026, plusieurs Français sont engagés sur le 600 km, la plus longue et la plus redoutée des distances.
Yukon Arctic Ultra 2026 en direct : deux abandons après 24 heures et les Français qui ne dorment pas
Malgré des conditions plus clémentes, la course fait déjà ses premières victimes
Vingt-quatre heures que les athlètes du Yukon Arctic Ultra sont partis et malgré une météo relativement chaude autour de -5°C, le parcours n’est pas facile. La neige récente et molle a obligé les athlètes à enfiler les raquettes sur la première section de la course. Une fois passé le premier ravitaillement de brooks brook, la neige semblait plus dure et les raquettes n’étaient plus nécessaires.
Premiers abandons confirmés sur la Yukon Arctic Ultra
Bien que les conditions soient moins difficiles qu’en 2025, deux abandons sont déjà confirmés au premier arrêt. Stefan Zahlten d’Allemagne sur le parcours de 600 km et Patrick Sumi de Suisse sur la distance de 350 km ont confirmé ce matin qu’ils ne se sentaient pas assez bien pour continuer. Leur course s’arrête là.
Un rappel que même dans des conditions plus clémentes, le Yukon Arctic Ultra reste impitoyable. En 2025, seulement six athlètes avaient terminé le 600 km.
Les trois Français de tête ne se reposent pas
– Guillaume Grima a été le premier à atteindre le deuxième ravitaillement à Evelyne Creek en 18 heures 57 minutes et garde toujours de l’avance sur les deux autres Français.
– Paul Clément et Maxime Bachelot dominent la course dans les trois premières places, et leur stratégie semble claire : ne pas prendre de pause.
Ce sont les trois seuls à avoir franchi le deuxième ravitaillement à l’heure de l’écriture de cet article. Grima maintient une vitesse moyenne en mouvement impressionnante de 9,3 km/h, un rythme soutenu pour des conditions aussi difficiles. Il a déjà traversé 125 km.
Mise à jour : après une interruption de transmission GPS, le trackeur de Maxime Bachelot vient de se réactiver.
Il est actuellement en pause à Evelyn Creek. Aux dernières nouvelles avant l’interruption, il était proche de dépasser Paul Clément.
Un pari risquée de ne pas dormir ?
Il semble que les trois coureurs français se soient parlé et aient décidé de ne pas se reposer. À part des pauses d’environ une heure aux ravitaillements, ils repartent ensuite pour conserver leurs premières places. Pas de longue pause pour aucun des trois athlètes.
De son côté, Thierry Corbarieu semble avoir adopté une approche différente avec une pause plus longue au ravitaillement de brooks brook : un arrêt de près de huit heures. Dans une entrevue récente, Guillaume Grima mentionnait qu’il prévoyait gérer son sommeil avec des repos maximum entre deux et six heures et dormir en mode bivouac sans tente.
Pour l’instant, la stratégie des trois Français semble porter fruit, mais est-ce qu’elle sera valide sur la durée ? Du côté de Corbarieu et la majorité des autres coureurs, ils sont repartis frais du ravitaillement de brooks brook et risquent d’arriver vers la fin beaucoup moins épuisés.
C’est un pari audacieux. Sur 600 kilomètres, la gestion du sommeil peut faire toute la différence entre terminer et abandonner. Les prochains jours nous diront si pousser fort dès le début sans vraiment dormir était la bonne stratégie, ou si la fatigue accumulée finira par rattraper les meneurs.
Les autres distances
Sur le 235 km, Olivier Vriesendorp domine le parcours avec une vitesse moyenne en mouvement de 3,5 km/h. Les autres coureurs sont en pause au ravitaillement d’Evelyn Creek, qui est leur premier arrêt.
Sur le 350 km, l’Allemand Alexander Hoerniss est devant tous avec une vitesse moyenne de 5 km/h et arrive bientôt à Evelyn Creek, qui est leur deuxième ravitaillement.
Ce qui nous attend
Les conditions météo plus clémentes ne rendent pas la course facile pour autant. La neige molle du début a forcé tout le monde aux raquettes, ralentissant la progression. Et les températures près de zéro peuvent créer d’autres problèmes : overflow sur les lacs, neige collante, conditions changeantes.
Les trois Français en tête ont pris un pari : courir vite, dormir peu, et creuser l’écart. Ça fonctionne pour l’instant. Mais sur une course aussi longue, dans des conditions aussi exigeantes, la fatigue finit toujours par frapper. On verra dans les prochains jours si cette stratégie tient la route ou si ceux qui se sont reposés vont revenir dans le coup.
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