Alors que les trails hivernaux se font plus timides que leurs cousins estivaux ou printaniers, on dénote un fort engouement pour un format particulier et qui attire de plus en plus de fans : Le Dernier Homme Debout.
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Le principe est simple : une boucle à finir en moins d’une heure, sinon c’est l’élimination. S’il y a encore des participants sur la 24ème boucle, c’est le plus rapide qui l’emporte. Facile non ? Sur le papier, oui…
Mais sur le terrain, c’est un véritable enfer.
Ce samedi 24 janvier 2026, 11h45, le départ est lancé sur l’épreuve du Dernier Homme Debout, dans le Morvan, au milieu de nulle part mais surtout sur des chemins TRÈS casse-pattes. Le parcours, d’une longueur d’un peu plus de 7 km, offre surtout 350 m de dénivelé, dont plusieurs murs très raides, ou l’assurance de se briser les cuisses et les fessiers très rapidement. Malgré un froid relativement supportable et une absence de pluie, la difficulté est tout de même au rendez-vous.
Pour une fois, on ne va pas s’intéresser aux premières places mais plutôt à cette quasi‑victoire qui vaut de l’or : la deuxième place de la Dernière Femme Debout, attribuée à Maud Mery de Montigny.
La Jurassienne d’adoption part de loin, après quelques galères de garde de toutous cette semaine, des préoccupations de maman célibataire, une nuit compliquée et plus de 3 h de route pour se rendre sur le lieu de l’événement. Pour le dire autrement, elle ne part pas gagnante. Pourtant, elle trouve tout de suite son rythme, en enchaînant des boucles entre 55 et 58 min, ce qui ne lui laisse pas le temps de se refroidir mais juste les minutes nécessaires pour gérer rapidement son ravitaillement, en totale autonomie. À l’inverse, de nombreux participants bénéficient de toute une armée pour gérer leur logistique : remplissage de flasques, fourniture de nourriture, changement de fringues et, pour les plus chanceux, massage des pieds à grandes doses de crème anti‑frottements.
Pour Maud, la course se déroule plutôt bien, au moins jusque la huitième boucle.
La nuit tombée, l’entassement des pacers désormais autorisés, les quelques bouchons qui apparaissent, les bâtons omniprésents qui partent dans tous les sens font partie des éléments qui pourraient l’empêcher de conclure cette huitième boucle dans les temps… Que nenni ! Elle peut prendre le départ de la neuvième boucle sans encombre, malgré quelques douleurs gastriques provoquées par un léger excès de soda sur le ravito précédent. Cela ne l’empêche pas de passer un appel téléphonique, en courant, à son enfant, pour s’assurer que tout va bien à la maison. La fin de cette neuvième boucle est plus pénible pour Madame 400k mais, bien qu’elle soit alors assurée d’obtenir au moins une seconde place, elle décide de partir sur une dixième et dernière boucle.
Dès le début, elle comprend que ce sera sans doute la dernière pour elle mais la question devient alors cruciale : est‑ce qu’elle arrivera à terminer cette dixième boucle dans les temps ?
Ça commence mal, très mal. Après seulement vingt minutes sur cette énième boucle, Maud a déjà plus de deux minutes de retard sur le temps de référence qui lui permettrait de valider ce tour. Pourtant, à mi‑parcours, Maud semble retrouver des forces et surtout un mental d’acier. Elle râle : sur elle‑même, sur les gars autour d’elle, elle s’exprime haut et fort pour se donner des forces, du courage. Lorsqu’elle entame le dernier mur, elle a encore une petite minute de retard sur le temps minimal à effectuer. Elle se trouve alors une paire de couilles en béton armé pour avaler cette pente d’une raideur incroyable. Verdict : une dixième boucle validée en 59 min 19 s ! Elle est alors poussée par son amie Carole (qui prend la troisième place du podium) pour se lancer sur une onzième boucle. Toutefois, épuisée mais encore lucide et consciente de la difficulté, elle préfère rebrousser chemin après quelques centaines de mètres.
En résumé, on ne peut que saluer cette performance incroyable, qu’elle ne doit qu’à elle‑même et qui ferait presque oublier qu’après sa performance, elle doit encore reprendre le volant pour plus de trois heures de route, seule dans le froid et la nuit…
Un seul mot à dire pour conclure : BRAVO.
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