La Hong Kong 100 s’est courue ce week-end, avec la victoire partagée de Veronika Leng et Hậu Hà chez les femmes, et le sacre de Gui-Du Qin chez les hommes.
Mais ce qu’on retiendra peut-être encore plus que les noms des gagnants, c’est un chiffre… ou plutôt son absence : cette édition 2026 ne faisait pas 100 kilomètres, mais seulement 93. Une anomalie pour une course emblématique, devenue référence dans l’univers du trail asiatique comme mondial. Que s’est-il passé ? Pourquoi cette coupure ? Tentative d’explication.
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On l’appelle la Hong Kong 100 depuis sa création, mais cette année, les traileurs n’ont pas eu droit à 100 km, ni même 98 comme certaines éditions précédentes.
En 2026, la course s’est arrêtée à 93 km pour 5 073 m de D+. Un changement discret mais bien réel, qui a modifié les dynamiques de course et interrogé les habitués.
L’épreuve reste spectaculaire, tracée entre plages, escaliers, crêtes rocheuses et jungle tropicale, sur les reliefs acérés du MacLehose Trail. Mais les 7 derniers kilomètres manquants ont changé la donne, notamment pour les traileurs adeptes des remontées tardives ou les puristes du cent bornes.
Une question de sécurité… et d’organisation
Selon les organisateurs, cette modification n’a rien de hasardeux. Plusieurs facteurs ont conduit à ce raccourcissement :
L’accès au sommet du Tai Mo Shan
Le parcours se termine traditionnellement par une montée jusqu’au sommet du Tai Mo Shan, point culminant de Hong Kong (957 m), suivie d’une descente technique. Mais cette année, des restrictions temporaires d’accès à certaines portions du sommet ont imposé une modification logistique, raccourcissant légèrement la trace sans dénaturer l’esprit du parcours.
La météo en toile de fond
La météo était annoncée fraîche mais instable, avec de possibles pluies sur les hauteurs et des vents violents. Réduire la distance permettait aussi de minimiser le temps d’exposition des coureurs aux conditions les plus hostiles, notamment de nuit sur les crêtes.
Un choix assumé pour la fluidité
Avec plus de 2 000 partants sur l’ensemble du week-end (30K, 50K, 100K et Grand Sam), l’organisation doit assurer un enchaînement fluide des courses, des ravitos et des secours. Une distance plus courte permet de limiter les embouteillages logistiques, surtout dans les zones les plus reculées.
Une évolution durable ou temporaire
Impossible à dire pour l’instant. Les organisateurs n’ont pas communiqué sur une éventuelle reconduction de ce nouveau format. Il est probable que la distance « symbolique » de 100 km soit rétablie dès que les conditions le permettront, pour ne pas dénaturer l’image de l’épreuve au sein des World Trail Majors.
Mais cette édition 2026 ouvre la porte à une réflexion plus large : faut-il continuer à sacraliser les distances rondes (100 km, 50 km, 100 miles…), ou s’adapter à des formats plus dynamiques, en lien avec le terrain et la saison ? Hong Kong, par sa densité urbaine, ses contraintes environnementales et sa topographie unique, pousse à cette réflexion.
Résultat Hong Kong 100 : victoire de Gui-Du Qin
Ce raccourcissement a clairement impacté le déroulé de la course. Avec une durée globale réduite d’environ 30 à 45 minutes, les stratégies ont changé. Les coureurs les plus offensifs en début de course ont été récompensés, comme Hậu Hà, qui a mené durant 90 % de l’épreuve avant d’être rejointe dans les derniers kilomètres par Veronika Leng.
Chez les hommes, Gui-Du Qin a parfaitement géré son tempo sur ce format plus explosif pour enfin s’imposer après trois tentatives frustrantes. Les écarts sont restés faibles jusqu’à la dernière ascension, rendant l’issue incertaine jusque dans les ultimes lacets.






