Arc of Attrition, tout ce qu’il vous faut savoir sur la course de Casquette Verte
Casquette Verte s’élance vendredi sur une course dont il prendra le départ pour la première fois : Arc of Attrition. Cette course labélisée UTMB propose un parcours éprouvant dans les Cornouailles, entre météo anglaise, mer agitée, humidité constante, trajet de nuit et terrain piégeux.
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Arc of Attrition, l’étymologie d’une course au nom particulier
Il est plutôt rare que le nom d’une course donne lieu à une petite explication étymologique. Au pire, on doit comprendre sa géographie savoyarde pour expliquer les termes CCC, OCC et autres courses de l’UTMB. Mais là, Arc of Attrition, cela sonne différemment aux oreilles des traileurs.
Attrition est un terme anglophone issu du latin et que l’on peut traduire par l’usure progressive des forces. Le terme Arc tient quant à lui simplement à la forme du parcours qui se court du sud vers le nord. Et déjà là, une fois compris le terme, ça donne une idée plutôt juste de l’enfer qui attend les coureurs de cette épreuve anglais de 161 km 5300 m D+. Ce ne sont pas tant ces chiffres qui font la difficulté mais les conditions du parcours.
Présentation du parcours de Arc of Attrition
Arc of Attrition, c’est un parcours de 160 km qui va de Coverack à Porthtowan, deux villes des Cornouailles, dans la pointe sud-ouest de l’Angleterre. C’est surtout un chemin côtier, et c’est ce qui fait toute la particularité de cette course.
Son profil est d’ailleurs très intéressant. Ce ne sont pas les 5300 m de D+ que l’on note, c’est que l’altitude maximale ne dépasse les 110 mètres qu’en un seul point du parcours et reste sinon dans une fourchette comprise entre le bord de plage et 70 mètres de hauteur.
Imaginez-vous aller courir à Etretat, le long des falaises. Mais faites-le sur 160 km. Et faites-le avec la météo hivernale du sud de l’Angleterre. C’est humide, il y fait nuit assez vite et une bonne partie du parcours puisque le départ se fait dans le courant de l’après-midi. Seule une portion qui doit faire entre 8 et 10 km longe la mer, sans dénivelé notable.
Mais cette course s’appelle Arc of Attrition, et vous savez maintenant pourquoi !
Dans son profil de course, ceux qui ont l’habitude de Casquette Verte noteront tout de même une certaine similitude avec le Kullmamannen, une de ses courses de cœur. Elle est au format 100M, là aussi avec peu de dénivelé.
A noter aussi, pour ajouter un peu de piquant, que la course se fait avec un balisage réduit au minimum. Les coureurs s’appuient sur le balisage du chemin côtier (South West Coast Path), lui-même très léger quand il n’est pas manquant. C’est surtout sur la trace GPX chargée dans la montre qui permettra l’orientation de nuit. Il n’est pas rare que des coureurs s’égarent sur cette course.
Sur Arc of Attrition, on parle évidemment de sentiers de graviers et de terre compactée. Ces sentiers étroits pourraient être facile à courir, s’ils étaient secs, ce qu’ils ne sont jamais. La partie la plus au sud de la trace est parsemée de roches qu’il faudra grimper. Ce n’est pas de l’escalade, mais encore une fois une raison de casser le rythme. Et dès les premiers kilomètres, histoire de donner le ton, on traverse des tourbières et des zones très boueuses.
Ça ne vous suffit pas ? Les coureurs auront le plaisir de traverser une zone surnommée les Dunes of Doom (les dunes de la désolation), plutôt sur la fin du parcours. Bien usé par des dizaines de kilomètres boueux et glissants, on y ajoutera donc le plaisir d’un sable mou épuisant et s’infiltrant dans les chaussures. Et ça, c’est juste après être passé au travers d’un lieu-dit surnommé Mordor-by-the-sea. La référence au Mordor, là où Frodon doit aller détruire l’anneau unique dans le Seigneur des Anneaux, donne le ton de ce passage, considéré par les coureurs comme l’un des plus difficiles.
Mais le segment unanimement considéré comme le plus compliqué est celui qui va de Pendeen à Zennor. Il fait une vingtaine de kilomètres, concentre 1100m de D+ et se court de nuit. Il demande, outre la technicité qu’exige cette course, de pouvoir grimper sur les rochers qui obstruent le passage quand il ne faut pas éviter les tourbières. La moyenne, même chez les élites, peut rapidement descendre à 3-4 km/h. Et pour finir, le chemin est difficile à suivre car le balisage y est absent ou très peu visible même de jour. Il ne faudra pas manquer de batterie sur la montre ! Les abandons y sont nombreux.
L’usure progressive des forces, auquel fait référence le nom de cette course, ne tient donc pas tant dans la distance (que connaissent déjà ceux qui vont courir) mais par la difficulté importante de cette course dont la barrière horaire est fixée à 36 heures.
La météo, l’autre facteur limitant
Quand on parle de météo en Angleterre au mois de janvier, on parle de pluie. Qu’il s’agisse de quelques averses faibles, d’averses s’espaçant au fil des heures, ou de quelques averses faibles comme le dit si pudiquement la météo, c’est toujours de la pluie. Les températures seront plutôt clémentes pour la région et la saison avec un ressenti allant de 3° la nuit à 8° la journée.
Mais tous les éléments combinés, entre fraîcheur maritime, vent permanent et averses de pluie sur tout le trajet rendent le trajet glissant, les appuis incertains et très changeants : les chevilles sont en PLS !
Start list : de la concurrence pour Casquette Verte, les favoris de Arc of Attrition
On ne doute pas non plus qu’il cherche la victoire.
Pour cela, regardons ses concurrents les plus directs.
Le meilleur score UTMB est celui de Juuso Simpanen, un finlandais qui est à 820.
Il a un palmarès intéressant, notamment la 1ere place au Kullamannen en 2024, la 2nd sur le Trail Alsace Grand Est en 2025. On notera aussi, toujours l’année dernière, la 2ere place sur le NUTS Yalläs Pallas, un trail finlandais au profil, longueur et dénivelé assez similaire à cette course anglaise. Il a d’ailleurs mis en avant sur ses réseaux un entraînement hivernal calibré sur cette course.
Le deuxième de la liste, c’est Guillaume Deneffe.
Le coureur Belge s’est illustré avec 2 Top 20 successifs sur l’UTMB en 2024 et 2025 et un score de 817 points UTMB. A noter cependant qu’il court moins de 100M ces dernières années que ses concurrents directs.
Enfin, et pour finir de se donner une idée du panorama des coureurs, on peut rappeler que Arc of Attrition a vu 515 coureurs sur la ligne de départ en 2025, 252 seulement ont franchi la ligne d’arrivée, avec donc 263 DNF.
Est-ce que Casquette Verte peut gagner Arc of Attrition ?
Il vient pour gagner. Son niveau UTMB est similaire aux autres prétendants. Sa dernière course officielle s’est faite avec la Lyon SaintéLyon et si les résultats n’étaient pas à la hauteur de ses espérances, ce fut après une année chargée.
Il est cependant depuis quelques mois sur une pente ascendante, preuve qu’il se remet de ses pépins physiques de 2025. Son entraînement, comme à son habitude, est peu parlant au regard des conditions météo des Cornouailles. Mais c’est aussi un des éléments qui font la force de Casquette Verte que de pouvoir s’entraîner n’importe où, et être compétitif sur des terrains assez différents.
On peut mettre à son crédit aussi son expertise sur ces distances, tout comme sur les terrains compliqués, entre Kullamannen et Diag’, c’est un habitué du genre.
En résumé, Arc of Attrition est la première course de 2026 pour Casquette Verte, et la première d’une série de traces inédites, ce qui est plutôt rare chez lui.
Cette course est peut-être un tournant, l’opportunité de montrer que le coureur-instagrammeur est encore capable de rivaliser avec les meilleurs un peu partout en Europe, encore capable de gagner sa place à l’UTMB par la grande porte. Résultat samedi en début de matinée!
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