Depuis plusieurs années, l’UTMB World Series et sa course phare, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, sont au centre d’un débat intense dans la communauté du trail. D’un côté, c’est l’événement que tout coureur rêve de faire ; de l’autre, certains soulignent des aspects problématiques qu’il reste difficile d’ignorer.
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Les critiques principales contre l’UTMB
Un système global de qualifications qui pousse au voyage
Pour participer aux épreuves finales à Chamonix – UTMB, CCC ou OCC – il faut accumuler des Running Stones, obtenues en terminant des courses du circuit mondial. Cela a entraîné une inflation mondiale des déplacements : de nombreux coureurs voyagent à l’autre bout du monde uniquement pour sécuriser leur qualification. Ce modèle est régulièrement accusé d’alourdir l’empreinte carbone du trail et d’encourager une forme de tourisme sportif permanent.
Bonus mobilité et soupçon de greenwashing
L’UTMB a mis en place une politique environnementale intégrant un bonus de loterie pour les coureurs ayant des trajectoires à faible empreinte carbone, une plateforme de covoiturage, des navettes renforcées et, à partir de 2026, une contribution carbone obligatoire. Pour ses détracteurs, ces dispositifs ne remettent pas en cause la logique globale du circuit mondial et déplacent surtout la responsabilité sur les coureurs, sans réduire structurellement la multiplication des vols long-courriers. D’où l’accusation récurrente de greenwashing.
Le prix et la barrière financière
Au-delà du dossard, courir l’UTMB ou ses courses qualificatives implique souvent des frais de voyage, d’hébergement, de matériel et parfois de congés longs. Le système de loterie, combiné au coût global, nourrit l’idée d’une sélection par l’argent, où seuls ceux qui peuvent multiplier les courses et les déplacements augmentent réellement leurs chances d’accéder à Chamonix.
Mais ce que l’UTMB est objectivement le seul à mettre en place
C’est là que le paradoxe apparaît. Car au-delà de son modèle discutable, l’UTMB est aujourd’hui pratiquement le seul organisateur d’ultra-trail à déployer des politiques sociales et réglementaires aussi poussées.
L’exemple le plus frappant est celui de la politique grossesse et parentalité annoncée en janvier 2026.
Une politique grossesse et parentalité inédite dans le trail mondial
L’exemple le plus frappant est celui de la politique grossesse et parentalité annoncée en janvier 2026. L’UTMB a officialisé un dispositif clair, écrit et opposable, qui s’adresse à la fois aux athlètes enceintes, aux athlètes dont la partenaire est enceinte, ainsi qu’aux personnes engagées dans un parcours d’adoption ou de gestation pour autrui.
Remboursement intégral et accès prioritaire aux courses à tirage au sort
Concrètement, cette politique prévoit le remboursement complet du dossard et surtout un accès prioritaire garanti aux courses à tirage au sort comme l’UTMB, la CCC ou l’OCC. Cette priorité peut aller jusqu’à cinq ans pour les distances 50K, 100K et 100M pour les femmes enceintes, et jusqu’à deux ans pour les formats 20K ainsi que pour les partenaires ou parents par adoption ou GPA.
Une reconnaissance officielle des contraintes liées à la parentalité
Il ne s’agit pas d’un simple geste commercial, mais d’une décision réglementaire qui actée que le fait d’être enceinte, de devenir parent ou de fonder une famille ne doit pas faire perdre, pour des années, l’accès aux plus grandes courses d’ultra-trail. L’UTMB reconnaît ainsi que ces périodes de vie ne sont pas des “interruptions de carrière” sportives définitives, et qu’elles doivent être prises en compte dans les règles d’accès aux épreuves majeures.
Un cadre réglementaire unique dans le trail international
À ce jour, aucune autre organisation de trail n’a formalisé un tel dispositif dans ses règlements, avec des droits clairement définis, valables sur l’ensemble d’un circuit mondial et applicables aux épreuves les plus demandées de la planète.
Une politique cohérente avec les mesures déjà en place
Cette avancée s’inscrit dans une continuité, avec la mise à disposition de produits d’hygiène menstruelle sur les ravitaillements, une attention spécifique portée à l’accueil des femmes et une volonté affichée de faire progresser une participation féminine qui reste faible sur les formats 100 miles, autour de 15 % sur l’UTMB.
En résumé, on peut critiquer son empreinte carbone, son système de Running Stones, ses prix et sa logique de circuit mondialisé.
Mais sur le terrain précis de l’inclusion concrète, encadrée et opposable, l’UTMB est aujourd’hui le seul à avoir transformé des principes en règles durables.
C’est toute l’ambiguïté du modèle UTMB : concentrer les critiques liées à la mondialisation du trail, tout en étant, dans le même temps, la seule organisation à inscrire noir sur blanc des droits pour les femmes, les mères et les couples, et à les intégrer au cœur du fonctionnement d’un circuit mondial. Sur ce point précis, force est de constater qu’ils sont, pour l’instant, les seuls à le faire à cette échelle.
Ecouter le résumé de cet article sur l’engagement social et féministe de l’UTMB
Sources
- Ouest-France, « L’UTMB met en place des mesures pour les femmes enceintes et leurs partenaires », 14 janvier 2026
- Site officiel UTMB World Series – politiques environnementales et mobilit
- Articles d’analyse sur les Running Stones, la loterie et la contribution carbone (u-trail.com, Outside, Borderlands, Wikipédia UTMB)






