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Camille Bruyas
Une athlète au sommet… malgré une jambe privée de sang
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Lorsqu’elle monte sur la deuxième marche de l’UTMB en août 2025, derrière Ruth Croft, Camille Bruyas ne laisse rien transparaître. Pourtant, derrière son sourire et sa foulée souple, la traileuse française cache une douleur sourde, invisible à l’œil nu. Une pathologie artérielle rare lui coupe littéralement l’alimentation sanguine d’une jambe à chaque flexion de hanche.
Comme si un garrot l’empêchait de continuer à courir. Et malgré tout, elle avance. Elle grimpe, elle court, elle serre les dents. Et elle termine première Française, deuxième au scratch.
Une année 2025 marquée par le combat
Camille Bruyas n’est pas simplement une athlète de haut niveau. C’est une combattante. L’année 2025 n’a pas été un long fleuve tranquille, mais un enchaînement de montagnes russes, entre opération, reprise express, douleur persistante et performances inattendues.
L’alerte avait déjà été donnée lors du Grand Trail du Ventoux. Obligée de décrocher un podium pour espérer un ticket direct à l’UTMB, elle se présente sans être prête, encore marquée par l’hiver. La course est un supplice. La douleur artérielle s’intensifie, la jambe lâche, la cuisse brûle. Elle franchit pourtant la ligne et valide son sésame pour Chamonix.
Mais entre ce jour et la ligne de départ de l’UTMB, une décision s’impose : elle devra subir une nouvelle opération. Pas de miracle. Repos, immobilisation, puis reprise express. L’UTMB arrive vite. Très vite.
« Comme si j’avais un garrot »
Camille décrit sa pathologie avec une précision clinique. Lorsqu’elle court, la flexion de la hanche entraîne une compression sur une artère. Le sang ne passe plus. La jambe se vide, la puissance s’effondre, le contrôle musculaire disparaît. C’est comme si elle courait avec une jambe morte. Un obstacle majeur pour n’importe quel coureur. Un cauchemar pour une ultra-traileuse.
Elle aurait pu tout arrêter. Elle y a pensé. Mais l’appel de la montagne, l’amour de la course, la passion brute ont été plus forts. Elle s’est accrochée à ses sensations, à ses proches, à son envie d’être là, tout simplement.
Courir en sachant que ce n’est pas bon pour la santé
Kinésithérapeute de formation, Camille Bruyas ne se voile pas la face. Elle le dit franchement : non, courir un ultra ne fait pas du bien au corps. Elle sait ce qu’elle s’inflige. Elle connaît les conséquences. Mais elle cherche un équilibre. Elle veut continuer sans se détruire. Elle veut adapter, alléger, choisir ses courses, écouter son corps sans se trahir. Elle ne veut pas que le trail devienne synonyme de douleur permanente.
Cette lucidité l’amène à revoir son approche. Ne pas courir pour cocher des cases. Ne pas céder à la pression du calendrier ou du regard des autres. Mais courir pour elle, pour les bonnes raisons.
Son plus grand défi : les 14 sommets des Bauges
Paradoxalement, son plus beau souvenir de l’année 2025 ne porte pas de dossard. Pas de podium, pas de spectateurs. Seulement elle, la montagne, et un rêve personnel : gravir les 14 sommets de plus de 2 000 mètres des Bauges en moins de 20 heures. Résultat : 87 kilomètres, 9 000 mètres de dénivelé positif, en 18 h 17. Un chantier monumental. Mais un moment de grâce.
Ce projet solo, sans pression, symbolise ce que Camille veut désormais incarner : une performance tournée vers le plaisir, le défi intérieur, la connexion avec la montagne. Sans l’attente du classement.
Camille Bruyas n’a pas encore figé son calendrier 2026.
Mais un objectif revient avec insistance : l’Ultra Trail de Madère, fin avril. Un parcours sauvage, technique, escarpé. Tout ce qu’elle aime. Tout ce qui l’anime encore.
Son corps continue de lui imposer des limites, mais elle a trouvé sa manière de les contourner. En s’écoutant. En s’adaptant. En faisant de cette fragilité un moteur, non un frein.
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