Scandale à Zegama ? Le retour du dopé Stian Angermund fait débat.
Faut-il le laisser courir ? Oui, car sa peine est purgée. Mais cela ne veut pas dire qu’on doit l’applaudir.
Le Norvégien Stian Angermund a purgé une suspension de 16 mois pour dopage, sanction levée en mars 2025. Il est donc autorisé à reprendre la compétition. Ce dimanche, il effectuera son retour sur la scène internationale à Zegama-Aizkorri, une course où il avait marqué les esprits par sa victoire éclatante en 2017. Mais son retour suscite un malaise bien réel : car si la loi lui permet de recourir, la légitimité morale de sa présence sur une épreuve aussi emblématique reste profondément discutée.
Stian Angermund
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Stian Angermund fait débat. La loi lui permet de courir. L’opinion, elle, reste divisée.
La réglementation antidopage est claire : une fois la suspension terminée, l’athlète retrouve tous ses droits sportifs. Aucun organisateur ne peut s’opposer à son engagement, sauf clauses internes contraires — ce qui n’est pas le cas à Zegama. Pourtant, dans un sport aussi attaché à l’image de pureté et de dépassement sincère que le trail, le retour de Stian Angermund n’est pas anodin.
Zegama 2025 : un retour très médiatique pour Angermund
Zegama-Aizkorri, c’est plus qu’un marathon de montagne. C’est une épreuve mythique, une communion entre coureurs et spectateurs. Le public basque, passionné et fidèle, pourrait être divisé ce dimanche. D’un côté, le respect de la règle : Angermund a purgé sa peine. De l’autre, l’émotion et la mémoire : le sport se joue aussi sur le terrain de l’exemplarité.
Pour mémoire, Stian Angermund a été contrôlé positif à la chlortalidone, un diurétique interdit par l’Agence mondiale antidopage, lors de sa victoire sur l’OCC 2023, une course de 55 km organisée dans le cadre de l’UTMB. Le Norvégien avait dans un premier temps dénoncé un possible sabotage, avant d’admettre une prise accidentelle liée à un complément alimentaire. L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) lui a infligé une suspension de 16 mois, qu’il a purgée jusqu’en mars 2025.
Un plateau élite sous tension, les favoris de Zegama Aizkorri 2025
La présence d’Angermund vient s’ajouter à une startlist déjà dense. Elhousine Elazzaoui, Manuel Merillas, Andreu Blanes ou encore Luca Del Pero seront là pour jouer la gagne. Tous devront composer non seulement avec le terrain exigeant de Zegama, mais aussi avec une tension médiatique exacerbée par cette affaire.
Chez les femmes, Sylvia Nordskar tentera de conserver sa txapela face à Sara Alonso, Marta Martínez et Judith Wyder. Une course qui, pour elles, risque d’être éclipsée par le retour du Norvégien, omniprésent dans les débats d’avant-course.
Le trail face à ses contradictions
Cette affaire met en lumière une tension grandissante dans le monde du trail. D’un côté, un sport amateur, fondé sur la loyauté et le respect. De l’autre, une professionnalisation croissante, avec enjeux de performances, sponsors, et maintenant le retour des affaires de dopage.
Zegama, vitrine de la Golden Trail Series, n’échappe plus à cette réalité. En autorisant Angermund à prendre le départ, l’organisation respecte les règles. Mais elle ouvre aussi la porte à un questionnement collectif : faut-il aller au-delà du juridique pour défendre les valeurs du sport ?
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Foto: Igor Quijano