Yukon Arctic Ultra 2026 — Première nuit en cours, un départ sous contrôle
Alors qu’il est 8h en France, la Yukon Arctic Ultra est entrée dans sa première nuit de course.
Sur place, à Teslin, il est minuit. Les athlètes engagés sur la distance reine de 600 kilomètres évoluent désormais dans l’obscurité, après environ onze heures d’effort continu.
Le départ a été donné à 13h heure locale, avec deux heures de retard, en raison des conditions de neige sur la zone de lancement. Depuis, la course s’est installée progressivement, sans emballement, dans un contexte météorologique relativement doux pour ce type d’épreuve, avec des températures oscillant entre 0°C et –10°C.
Le classement de la Yukon Arctic Ultra après 60 km de course est à lire avec précaution
Les premières heures ont été marquées par plusieurs dysfonctionnements de balises GPS. Certains trackers ont mis du temps à transmettre des données fiables, ce qui a temporairement brouillé la lecture du classement.
Ces problèmes techniques, fréquents en environnement polaire, invitent à la prudence dans l’interprétation des positions initiales. Les écarts observés en début de course ne reflètent pas toujours la réalité du terrain.
Une fois les transmissions stabilisées, la hiérarchie est devenue plus lisible.
En tête du 600 km dans le top 6, on retrouve notamment 4 français
Guillaume Grima- Paul Clément
- Maxime Bachelot
- Thierry Corbarieu
Ces coureurs figurent aux avant-postes après un peu plus de 60 kilomètres parcourus.
Un rythme maîtrisé autour de 5 km/h
Les données désormais disponibles montrent une allure stable en tête de course, autour de 5 km/h de moyenne.
Dans les conditions actuelles — neige molle, traction de pulka, humidité — ce rythme traduit une gestion prudente et structurée de l’effort. Il permet de préserver les organismes tout en maintenant une progression régulière.
Aucun signe d’emballement n’est visible à ce stade. La course se construit dans la durée, avec une priorité donnée à la constance.
Le début de parcours de la Yukon Arctic Ultra est favorable à l’installation
Le tracé initial a également influencé cette dynamique.
Les premiers kilomètres longent de manière relativement linéaire le , dans un environnement lisible et peu technique. Cette configuration a favorisé une mise en route progressive, sans piège majeur d’orientation.
Ce segment a surtout permis aux coureurs de tester leur matériel, d’ajuster leurs couches vestimentaires et de trouver leur rythme dans des conditions encore “confortables” pour une course arctique.
La première véritable transition interviendra avec la bifurcation vers , premier checkpoint situé à environ 97 kilomètres du départ. Ce passage constituera un premier marqueur important de la hiérarchie.
Le piège des températures intermédiaires
Si les températures actuelles peuvent sembler modérées, elles représentent en réalité un contexte exigeant.
La neige reste souple, ce qui pénalise la traction des pulkas. L’humidité liée à l’effort favorise la transpiration et complique la gestion thermique. Les organisateurs ont d’ailleurs insisté sur la nécessité de multiplier les changements de chaussettes et de couches.
Dans ces conditions, hypothermie et gelures restent possibles, notamment lors des arrêts prolongés. La vigilance individuelle est déjà un facteur clé.
En résumé, la Yukon Arctic Ultra est course qui ne pardonne pas
Sur ce type d’épreuve, les premières heures peuvent être trompeuses. Les sensations sont encore bonnes, la fatigue limitée, l’envie d’avancer forte. Dans ces conditions, certains coureurs sont tentés d’installer un rythme élevé dès le départ, en profitant de leur fraîcheur initiale.
Or, sur 600 kilomètres en autonomie hivernale, cette stratégie est rarement payante. Un effort trop ambitieux dans les premières phases se traduit souvent par une accumulation rapide de fatigue, une dégradation plus précoce du sommeil, une moindre capacité de récupération et, à terme, une vulnérabilité accrue face au froid et aux imprévus. Ce qui est gagné au début se perd fréquemment plus loin, sous forme d’arrêts prolongés, de ralentissements marqués, voire d’abandon.
Lors de la dernière Winter Spine Race, Sébastien Raichon avait construit sa performance sur une gestion volontairement prudente, en refusant toute précipitation dans les premières journées. Cette approche progressive lui avait permis de rester solide lorsque d’autres concurrents, partis plus vite, entraient en difficulté.
Sur la Yukon, la logique est comparable. Les leaders observés autour de 5 km/h semblent avoir fait le choix d’une stratégie fondée sur la régularité et la préservation des ressources. Dans un environnement où chaque erreur se paie cher, cette patience constitue souvent un avantage décisif.
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