Favoris UTMB 2025
Qui pour faire tomber les géants François D’Haene et Courtney Dauwalter ?
Ce vendredi 29 août à 17h45, Chamonix sera le théâtre d’un nouveau départ légendaire. Sur la ligne, deux noms cristallisent les attentes : François D’Haene chez les hommes, Courtney Dauwalter chez les femmes. Mais dans l’univers imprévisible de l’ultra-trail, la domination annoncée n’est jamais garantie.
François D’Haene : favori dans les cœurs, outsider sur le papier
Trois ans après sa dernière victoire à Chamonix, François D’Haene est de retour sur l’UTMB. Officiellement, il ne vient pas pour « gagner à tout prix ». Son objectif ? Faire une belle course. Pourtant, ses résultats récents parlent pour lui : victoire solide en mai sur le Transylvania 100K, record explosé en juillet sur le mythique Nolan’s 14. Le colosse du Beaufortain semble affûté. À 39 ans, il pourrait devenir le seul homme à décrocher une cinquième couronne, dépassant Kilian Jornet dans la légende.
Mais ce serait aller un peu vite. Car depuis sa triple fracture de la malléole en 2022, François D’Haene n’est plus tout à fait le même.
S’il reste monstrueux sur les formats très longs et techniques, comme le Tor des Géants, l’UTMB exige une capacité à courir vite, longtemps, avec des appuis nets et constants. Or, sa cheville, même remise, a perdu en mobilité. Son UTMB Index le reflète : 865. Loin des 900+ affichés par les ténors actuels.
Et ces ténors sont nombreux cette année. Ben Dhiman, en pleine ascension après ses victoires au Ventoux et à Lavaredo. Tom Evans, affûté après ses succès à Tenerife et sur l’Arc of Attrition. Jonathan Albon, meilleur index du plateau. Jean-Philippe Tschumi et Ludovic Pommeret, vétérans toujours capables de coups d’éclat. Et côté tricolore, l’émergence d’un Théo Detienne (26 ans), impressionnant vainqueur du 90 km du Mont-Blanc, pourrait créer la surprise.
Alors, François D’Haene peut-il encore jouer la gagne ?
Sur le papier, non. L’évolution du très haut niveau en trail ne joue pas en sa faveur : allure constante, stratégie nutritionnelle poussée, intensité élevée… Ce n’est plus seulement une affaire de résistance. Et pourtant. Il connaît le parcours comme sa poche, il court sans pression, sans calcul, avec cette force silencieuse qui fait les grands exploits. Si la météo tourne, si les cadors explosent… il sera encore là. D’Haene ne revient peut-être pas pour gagner. Mais s’il le fait, ce ne sera pas un miracle. Ce sera un rappel.
Courtney Dauwalter : l’intouchable ?
Chez les femmes, la question n’est pas tant de savoir qui va gagner que de savoir si quelqu’un peut battre Courtney Dauwalter. Triple lauréate de l’épreuve (2019, 2021, 2023), l’Américaine est de retour à Chamonix après un abandon sur le Cocodona début mai. Sa démonstration au Lavaredo montre qu’elle est toujours en grande forme. Sauf imprévu, elle semble partie pour un quatrième triomphe.
Mais rien n’est écrit d’avance. Ruth Croft, traileuse néo-zélandaise au tempérament offensif, pourrait lui opposer une vraie résistance, tout comme sa compatriote Abby Hall, lauréate de la Western States il y a deux mois. Les Françaises Camille Bruyas et Magali Mellon viseront, elles, un top 5 — un objectif réaliste mais ambitieux face à une densité de niveau toujours plus impressionnante.
L’UTMB 2025 : un scénario ouvert
Les projecteurs sont braqués sur D’Haene et Dauwalter, mais l’UTMB est une épreuve qui échappe aux prédictions. La nuit, l’altitude, l’alimentation, les coups de chaud ou les coups de moins bien peuvent faire basculer une course. Derrière les deux géants annoncés, une génération affamée rêve de prendre le relais. Et s’il y avait un coup de tonnerre à Chamonix ce week-end ?
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