Dimanche 8 février 2026, la première édition de l’Urban Trail de Tours a soudainement changé de visage.
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En quelques secondes, l’ambiance festive d’un dimanche de course s’est transformée en scène d’urgence absolue. Sur le pont Wilson, en plein cœur du parcours de 19 kilomètres, un participant s’est effondré, victime d’un malaise cardiaque. Ce qui aurait pu devenir un drame s’est finalement joué à très peu de choses : la réactivité immédiate de coureurs anonymes et la mobilisation rapide des secours.
Drame évité sur l’Urban Trail de Tours
« On est en train de le perdre »
Le coureur, un quinquagénaire licencié à Jogg’in Tours, venait d’être dépassé lorsqu’il est tombé. Un participant du Chinonais, qui l’avait doublé quelques secondes plus tôt, a entendu le choc derrière lui. En se retournant, il a compris que la situation était grave. Sans hésiter, il s’est agenouillé et a commencé un massage cardiaque. Il expliquera plus tard qu’il n’a fait que ce que sa formation lui avait appris, lui qui avait suivi, dans son entreprise, un module de sauveteur secouriste du travail. Entre la théorie et la réalité, reconnaît-il, l’écart est immense. Mais ce jour-là, ce savoir a fait la différence.
Au même moment, une moto de l’organisation circulait sur le pont. Bastien Courant, membre de l’équipe, a aperçu deux hommes au sol et s’est immédiatement arrêté. En arrivant à leur hauteur, il a entendu cette phrase qui résume la tension de l’instant : « On est en train de le perdre, il faut commencer le massage. » L’alerte a été transmise sans délai et la chaîne des secours s’est enclenchée.
Une mobilisation décisive
Très vite, d’autres coureurs ont interrompu leur course pour prêter main-forte. Parmi eux se trouvait une médecin urgentiste, qui a demandé de l’espace et pris la direction des gestes à effectuer. Le massage s’est poursuivi dans une coordination instinctive, chacun comprenant que chaque seconde comptait. La Croix-Rouge est arrivée, suivie des sapeurs-pompiers et du Samu. Un défibrillateur a été utilisé. Le cœur est reparti, puis a nécessité de nouvelles interventions. Trois réanimations ont été nécessaires avant que l’état du coureur ne se stabilise.
Il a finalement été transporté conscient vers le centre hospitalier universitaire de Tours. Selon les informations communiquées par l’organisation, les nouvelles sont aujourd’hui rassurantes. Dans ce type d’accident, la rapidité d’intervention conditionne souvent l’issue. Sans massage immédiat, sans coordination spontanée entre les témoins, l’histoire aurait pu s’écrire autrement.
L’après-coup, plus difficile que l’instant
Le coureur qui a commencé le massage a ensuite repris la course et franchi la ligne d’arrivée, porté par l’adrénaline. Sur le moment, l’action prend le dessus et laisse peu de place aux émotions. C’est après, explique-t-il, que tout revient. Les images, le visage, la sensation d’avoir tenu entre ses mains la vie d’un homme. « Entre la formation et la réalité, il y a un delta », confie-t-il avec pudeur.
Bastien Courant insiste sur le concours de circonstances favorable : un participant formé aux gestes de secours au bon endroit, une médecin dans le peloton, des équipes d’intervention rapidement mobilisées. Une succession de décisions justes au bon moment. La chaîne n’a pas cédé.
On retient souvent d’un urban trail ses décors, son ambiance, ses performances. Le 8 février 2026, à Tours, on retiendra surtout autre chose : des coureurs qui s’arrêtent sans calculer, qui laissent de côté le chrono pour poser les mains au sol et agir. Ce jour-là, la course à pied a montré qu’elle était plus qu’un sport d’endurance. Elle est aussi une communauté capable, parfois, de sauver une vie.
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