Ceux qui s’énervent contre la communication de Théo Détienne passent surtout à côté d’un truc simple : le second degré.
On peut lui reprocher des choses, et on l’a déjà fait. Son côté un peu beauf à l’arrivée du 90 km du Mont-Blanc avec ses pompes en mode démonstration virile, ce n’était pas très fin. Son « la vie est dure sauf pour moi », quand on connaît la réalité sociale actuelle, peut faire grincer. Son départ de New Balance, jugé par certains comme peu élégant, aussi. Et personne ne lui demande de faire de la politique ni d’être le porte-parole des Français en galère.
Mais réduire ce qu’il fait aujourd’hui — ses petites scénettes « sans sponsor », ses grimaces, ses mises en situation volontairement caricaturales — à de l’arrogance ou à du melon, c’est tout simplement mal lire la séquence.
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La communication de Théo Détienne : du théâtre, pas un manifeste
Ses scénettes de « jours sans sponsor », ses pauses café, ses grimaces forcées, ses essais de métiers, c’est du théâtre. Du léger. Du décalé. Une façon de dire : je suis libre, je m’amuse, je me mets en scène, je raconte une période de flottement avec humour plutôt qu’avec pathos. Ce n’est ni un manifeste social, ni une leçon de vie, ni un mépris de classe. C’est de l’autodérision, parfois maladroite, mais assumée.
Théo Détienne, sa com parfaite avec Brooks… car tout le monde a compris où il va
On a tous compris qu’il allait signer chez Brooks. On a tous compris que lui et Clemquicourt préparent quelque chose, sportivement et médiatiquement. Et justement : au lieu de jouer la communication lisse, calibrée, sponsor-friendly, il choisit le décalage. Il caricature sa situation. Il surjoue. Il fait du « Vis ma vie » version trail. Et ça fonctionne, parce que ça crée de l’attachement, de la discussion, du sourire.
Le problème français avec ceux qui assument leur image
Ce qui dérange certains, au fond, ce n’est pas tant le contenu que le personnage. Un coureur qui assume d’exister, de se montrer, de jouer avec son image. En France, on aime l’humilité silencieuse, les champions qui baissent les yeux, qui remercient la météo, le public et leur kiné. Dès qu’un athlète ose un peu de théâtralité, on parle de melon. Dès qu’il fait de l’humour sur lui-même, on crie à l’indécence.
Le trail et le droit d’être léger
Alors oui, tout n’est pas subtil. Oui, tout n’est pas toujours bien dosé. Mais s’indigner de ces vidéos comme s’il s’agissait d’un affront au monde du travail ou d’une provocation sociale, c’est leur prêter un sérieux qu’elles n’ont pas. C’est confondre une mise en scène avec une déclaration idéologique.
Dans un milieu parfois plombé par le culte de la souffrance, de la gravité, de la performance héroïque, voir un athlète qui s’autorise le ridicule, la grimace, le sketch, ça fait aussi du bien. Le trail n’est pas obligé d’être solennel en permanence. Il peut être intense, exigeant… et léger.
Ceux qui n’aiment pas ont le droit. Mais qu’ils ne s’y trompent pas de combat : ce n’est pas le mépris qu’ils regardent, c’est du second degré. Et visiblement, tout le monde n’a pas la même capacité à le décoder.





