Théo Detienne, le trail comme prétexte à parler de Théo Detienne
LE MATÉRIEL KIPRUN EST EN VENTE SUR ALLTRICKS
Chaussures Trail
Kiprun Kipsummit Marron
Il a fallu que je m’y reprenne à deux fois pour être sûr d’avoir bien vu et lu la dernière publication Instagram de Théo Detienne.
Voir cette publication sur Instagram
Et comme il attend mon avis, le voici.

Apparemment nous sommes pas les seuls à le partager




Maintenant on attend le mail de son agent, des avocats et de la DGCCRF pendant qu’on y est 🤣 (et le debrief sur Twitch. la Pologne tient plutôt pas mal)
Si le trailer fraîchement arrivé chez Brooks en début d’année nous a toujours habitués à une communication disons un peu particulière, il me semble aujourd’hui qu’elle franchit encore un cap.
Est-ce que vouloir être libre de s’exprimer sur les réseaux sociaux doit permettre de s’autoriser un contenu qui n’est pas à la hauteur des qualités sportives de l’athlète ? Avec Théo Detienne, on se pose depuis quelques semaines la question.
Théo Detienne, des précédents fâcheux
Théo Detienne raconte régulièrement au fil des micros qui lui sont tendus qu’il veut être maître de sa communication. S’il a la prétention de jouer au plus haut niveau en matière de podium, et avec des arguments convaincants pour cela, il a aussi celle d’être capable de gérer son image médiatique.
Que l’on aime ou non Théo Detienne, et qu’il soit en compagnie de Clemquicourt ou non, on ne peut que constater qu’il a plutôt bien mené sa barque jusque-là. Vous connaissez sans doute son mantra : La vie est dure, mais pas la mienne. On se souvient de ses pompes à l’arrivée des 90 km du Mont-Blanc. Il suffit de faire défiler son mur Instagram pour y voir ses photos où il se met en scène, lui et son physique musculeux. On se rappelle aussi de sa promesse de faire des pompes durant l’UTMB, en fonction de sa position à un col donné.
Ok. Pour être visible sur les réseaux sociaux, il faut se mettre en scène, donner de sa personne, et surtout sortir des sentiers battus. Il y a déjà tellement de contenus qui se copient les uns les autres que tirer son épingle du jeu est compliqué, et demande une approche travaillée et personnalisée. On pense là en particulier à sa série de vidéos du début d’année où il mettait en avant son absence de sponsor (il en avait un, mais il ne fallait pas le dire !).
La publication qui va trop loin ?
La publication d’aujourd’hui de Théo Detienne, c’est sa participation au Trail du Printemps, un 25 km qui se déroule à Saint-Pierre d’Albigny en Savoie et qui avait réuni 358 participants en 2025. On est évidemment très loin des courses habituelles de son calendrier, plutôt le genre de course locale qui a le mérite d’exister pour partager le trail au plus grand nombre, et qui a le mérite de vivre avec bien peu de bénévoles.
On y voit donc Théo Detienne entièrement masqué par un costume vert, à la façon de ceux utilisés pour les incrustations vidéo dans les films, et donc totalement méconnaissable, d’autant qu’il portait de larges lunettes de soleil. Il prend bien évidemment la tête de la course dans les premiers mètres, pour ne plus jamais la perdre. A peine la ligne d’arrivée franchie, il repart aussitôt à son véhicule, expliquant qu’il ne pouvait pas rester plus longtemps car il devait s’occuper de son potager. Les coureurs du dimanche semblent donc être encore moins passionnants que la plus ennuyeuse des occupations.
A la lecture des commentaires sur sa publication, on croit comprendre que son anonymat était total puisque même les participants ne semblaient pas savoir que l’immense Théo Detienne était venu se mélanger aux petites gens.
Quand le second degré ne peut plus justifier le premier degré
Une publication à prendre au second degré, vraiment ?
Cette publication me dérange. Bien sûr, Théo Detienne veut faire de l’humour, et bien sûr Théo Detienne ne peut pas ne pas aimer les trails de petite envergure, Théo Detienne ne peut pas ne pas aimer les coureurs amateurs comme vous et moi.
Bien sûr que toutes ses punchlines sont à prendre au second degré, lorsqu’il nous rappelle que notre vie est dure (mais pas la sienne), qu’il est humble et bien d’autres petites piques de ce genre.
Chaque publication prise indépendamment des autres laisse le souvenir d’un petit moment d’humour et se lit au second degré. Sauf qu’à toujours être dans le second degré, l’argument ne tient plus. La carte de l’humilité, du second degré et de la mise en scène pour les réseaux sociaux ne peut plus être présentée.
Son mépris des petites courses, des coureurs amateurs et des distances du dimanche est à prendre au second degré ? Bien sûr, je veux bien. Mais il laisse l’impression de ne s’exprimer que de cette façon. Et forcément, on finit par ne plus vouloir y croire.
Une publication inutile ?
Parce que c’est son style, son créneau, et le personnage qu’il s’est construit ? Alors si c’est bien cela, Théo Detienne ne fait que parler de lui. L’humilité qu’il affiche est alors feinte car il est le centre de tout. Ce Trail de Printemps n’est alors pas l’occasion de mettre en valeur ce qui fait vivre ce sport au quotidien et partout en France, il est juste un prétexte pour que Théo Detienne parle de Théo Detienne. Le trail ne vit pas que de grands événements comme l’EcoTrail Paris qui s’est tenu ce week-end, mais aussi de ces petites courses du quotidien qui aiment les villages. Mais là, on ne sait absolument rien de cette course, si ce n’est que Théo Detienne y a participé.
Est-ce de l’humour ? Est-ce du narcissisme ? Est-ce de la communication ? Est-ce drôle ? Est-ce que cette publication a finalement le moindre intérêt, si ce n’est de flatter l’ego de Théo Detienne ? Est-ce que Théo Detienne est un beauf ?
Je ne crois pas que Théo Detienne soit un beauf, un lourdaud à l’humour méprisant. Mais je pense qu’il s’est choisi le mauvais couloir pour parler de lui, de ses performances et de son sport. Son copain Clemquicourt, qui fait à lui seul la moitié des réponses à la publication, joue une carte similaire. Il ne peut donc qu’applaudir des deux mains.
Théo Detienne illustre un phénomène que les réseaux sociaux ont fait exploser. On ne fait pas parler de soi parce que l’on fait ou par les personnes à qui l’on donne la parole, mais juste en parlant uniquement de soi. Et Théo Detienne l’illustre très bien.






