La montagne, ce jeudi 12 février, ne se prête pas à l’aventure, à la performance ou à l’exploration – elle est dans un régime de crise météorologique et nivologique.
Pour les pratiquants – traileurs, randonneurs, skieurs de randonnée, alpinistes ou simples promeneurs – la seule attitude responsable est d’annuler toute sortie en montagne, quels que soient votre niveau, votre expérience ou votre familiarité avec les itinéraires.
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Un contexte exceptionnel : météo, neige abondante, vent et instabilité
Les prévisions météorologiques convergent vers une situation remarquable, voire exceptionnelle sur de nombreux massifs alpins ce jeudi. Sous l’effet de la tempête Nils, de fortes chutes de neige, parfois supérieures à 1 mètre en 48 heures, sont attendues en haute montagne, accompagnées de vents forts qui façonnent un manteau neigeux très instable.
Cette dynamique engendre un risque d’avalanche maximal (5/5) sur plusieurs secteurs clés – Mont-Blanc, Beaufortain, Haute-Tarentaise, Vanoise, Aravis et Chablais – et un risque très fort (4/5) sur d’autres massifs alpins.
Dans ce contexte, Météo-France a placé la Savoie en vigilance rouge “avalanches”, tandis que l’Isère, la Haute-Savoie et les Hautes-Alpes sont en vigilance orange pour le même type de risque. Ces alertes météorologiques à l’échelle départementale sont à compléter impérativement par la lecture des BERA locaux sur https://www.meteo-
Des avalanches pouvant atteindre les fonds de vallée et menacer les infrastructure
Ce niveau de risque élevé ne se limite pas aux pentes abruptes et aux couloirs classiques. Les bulletins soulignent que des avalanches de grande ampleur peuvent descendre très loin, potentiellement jusqu’à 1 200 – 1 400 m d’altitude, c’est-à-dire dans des zones au-dessous des lignes de crête, proches des fonds de vallée, des routes et des habitations. Il n’y aura pas de zone outdoor « sûre » demain dans les Alpes. Des annonces opérationnelles l’ont déjà montré : des infrastructures majeures comme de nombreux domaines skiables ou des routes d’accès sont en cours de fermeture par précaution, à l’image du grand domaine de Paradiski à La Plagne qui n’ouvrira pas ses pistes jeudi.Quand le risque dépasse l’échelle individuelle
Le principal enseignement des bulletins de vigilance et des BERA est que le risque ne se gère plus à l’échelle d’un couloir ou d’une pente isolée, mais à l’échelle du massif, avec de multiples départs probables, de grandes dimensions et une capacité de franchissement de zones traditionnellement “sûres”.
C’est ce qui rend la situation inhabituellement dangereuse :
- la configuration météorologique (neige + vent) favorise la formation de plaques à vent instables,
- ces plaques peuvent être déclenchées spontanément ou à distance,
- elles peuvent affecter les couloirs habituels mais aussi des versants “moins raides”,
- et leur déroulement peut atteindre des zones que l’on pense souvent hors danger.
Un hiver déjà meurtrier, qui illustre le danger réel
Si ce message peut sembler catastrophiste, il n’est pas du tout excessif. Le bilan humain de la saison hivernale en cours le justifie pleinement. Ce début d’hiver a déjà comptabilisé plus d’une vingtaine de décès dans des avalanches sur les Alpes, un chiffre largement au-delà des attentes saisonnières et qui reflète une accidentologie particulièrement marquée ces dernières semaines. Ce bilan regroupe des pratiquants de diverses activités – ski de randonnée, raquettes, randonnées hors sentier.
Pourquoi vos outils de sécurité ne suffiront pas
Même les pratiquants expérimentés et correctement équipés (DVA, pelle, sonde) ne sont pas à l’abri. Ces outils ne préviennent pas l’occurrence d’un départ de masse, ils n’assurent qu’une localisation plus rapide après une avalanche déclenchée. Et dans une situation où les départs peuvent être spontanés, nombreux et de grande ampleur, ces outils ne réduisent pas le risque d’être pris et de ne pas pouvoir être secouru. Le risque de très nombreux départs présente également un risque de devoir mobiliser les secours sur de nombreux fronts.
Cela inclut :
- les sorties trail au-dessus des villages ou sur des sentiers forestiers
- les randonnées à ski ou raquettes ;
- les ascensions en conditions hivernales ;
- les itinéraires comme les “boucles faciles”, souvent considérées comme “hors danger”.
La seule stratégie raisonnable est de ne pas être en montagne jeudi, et de reconfigurer vos plans d’entraînement ou d’aventure vers des activités sans exposition avalancheuse (par exemple : entraînements indoor, séances planifiées en plaine, mobilité et récupération).
Dans la culture de la montagne, il n’y a pas de honte à reporter ou annuler une sortie : c’est une décision qui traduit une compréhension réaliste des forces naturelles et de leurs dynamiques. Cette forme de discipline préventive protège non seulement des accidents, mais permet aussi de préserver votre capacité à enchaîner des semaines et des projets de pratique en montagne sur le long terme.
Avec des niveaux de risque remarquables à exceptionnels, des avalanches pouvant toucher des zones basses, des infrastructures et des itinéraires habituels. Sortir en montagne demain constitue une mise en danger vital certaine. Annuler votre sortie montagne jeudi 12 février n’est pas une option : c’est une obligation morale et pratique si vous tenez à votre sécurité et à celle des autres.
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