Yukon Arctic Ultra 2026 — Continuer, organiser, durer
À l’approche des 370 kilomètres parcourus, la Yukon Arctic Ultra 2026 est entrée dans une phase où la course se construit de plus en plus par la qualité de l’organisation quotidienne. Ils ne sont plus que dix-huit encore en lice. Quatorze ont déjà abandonné. La sélection est désormais largement engagée.
En tête, Guillaume Grima et Paul Clément poursuivent leur progression dans un cadre stabilisé depuis plusieurs jours. Leur avance repose sur une gestion parfaite, une succession de décisions cohérentes, répétées dans la durée.
Yukon Arctic Ultra, à mi-parcours, les équilibres restent fragiles
Faro, un moment structurant
Le passage à Faro, point médian du parcours, a marqué une étape importante dans la dynamique de course. Dans la nuit, Grima repartait pendant que Clément arrivait à son tour. La scène, décrite par Callum Jolliffe, se déroule sans mise en scène : deux frontales qui se croisent, quelques minutes partagées sur la trace, puis chacun reprend sa route.
« Grima s’est arrêté brièvement. Il a mangé, vérifié son matériel, dormi peu, puis est reparti. Clément a pris davantage de temps pour récupérer avant d’entamer le retour. »
Ces choix structurent leur manière de courir depuis plusieurs jours. Ils influencent directement la gestion de la fatigue, la qualité des relances et la stabilité de leur progression.
Le passage du Dena Cho
Avant Faro, tous ont traversé le Dena Cho Trail. Cette section, longue et peu roulante, concentre une grande partie des contraintes du parcours.
La trace y est étroite, le relief irrégulier, la traction pénible. Les cabanes offrent des points de repos, mais restent espacées. La progression demande une attention constante.
Paul Clément a décrit ce secteur comme le plus exigeant de l’itinéraire. Les données de course confirment cette impression : c’est dans cette zone que les écarts se sont accentués et que plusieurs trajectoires se sont fragilisées.
Les coureurs qui y sont entrés avec une organisation déjà instable ont souvent rencontré des difficultés durables par la suite.
Une attrition progressive
La liste des abandons s’est allongée au fil des jours. Fatigue insuffisamment récupérée, matériel devenu difficile à gérer, troubles digestifs, douleurs persistantes, sommeil fragmenté : ces éléments se combinent progressivement. Ils finissent par rendre la poursuite de l’effort incertaine, puis impossible.
Le format aller-retour accentue ce phénomène. Après le demi-tour, les coureurs doivent se projeter sur plusieurs jours supplémentaires avec un capital déjà entamé. Cette projection pèse sur les décisions et sur la capacité à rester organisé.
Deux trajectoires stabilisées
Dans ce contexte, la réussite actuelle de Grima et Clément repose avant tout sur leur capacité à maintenir une structure. Grima avance avec une continuité marquée. Ses phases de déplacement et de repos restent proches les unes des autres. Il limite les ruptures et conserve une organisation stable.
Clément fonctionne davantage par cycles. Ses temps de récupération sont plus longs. Ses phases de progression sont plus rapides. Cette alternance lui permet de préserver sa capacité à relancer, à condition de rester rigoureux sur la durée des arrêts.
Ces deux approches produisent aujourd’hui des trajectoires solides. Elles limitent l’apparition de dérives difficiles à rattraper. Sur ce type d’épreuve, la progression repose largement sur la capacité à simplifier sa course : réduire les manipulations inutiles, stabiliser les routines, limiter les ajustements improvisés et préserver des temps de récupération efficaces.
Au fil des jours, les leaders ont progressivement épuré leur organisation. Ils ont réduit le nombre de variables à gérer. Cette simplification contribue directement à leur régularité.
Une seconde moitié encore exigeante
Le retour est désormais engagé. La fatigue cumulative devient le facteur dominant. Les écarts existants sont réels. Ils restent exposés aux aléas physiologiques, matériels et mentaux.
Guillaume Grima dispose d’un avantage construit. Paul Clément conserve une capacité de réponse. La suite dépendra de leur aptitude à maintenir cette organisation dans un contexte de plus en plus contraignant. La vitesse pure joue désormais un rôle secondaire. La stabilité devient centrale.
Lire aussi
- Pourquoi la Yukon Arctic Ultra ne passionne pas les foules cette année
- 300 km sur 600 : Guillaume Grima dicte sa loi sur la Yukon Arctic Ultra
- Yukon Arctic Ultra : Guillaume Grima et Paul Clément sont sur la partie la plus difficile du parcours
- Yukon Arctic Ultra : JOUR 4, Guillaume Grima en tête après 270 km/600 de course en 67h





